‹ Vision et reproduction des formes et des couleurs. Vision mono et binoculaire. Illusions d'optique. Photométrie. Théorie des couleurs. Photographie. Procédés d'impressionChapitre 358 sur 392 · Gravure du zinc en relief (gillotage · texte numérisé non relu

Gravure du zinc en relief (gillotage

1° — On appelle gillotage , du nom, de son inventeur Gillot, un procédé de morsure du zinc permettant d’obtenir des creux assez profonds tout en conservant les finesses du dessin.

On dessine à l’encre grasse sur papier autographique comme pour obtenir un report (voir plus loin, § 406). Sur une plaque de zinc polie, ou finement grainée suivant les cas, de 2 à 4 millimètres d’épaisseur, on pose le dessin face au zinc. On mouille au dos par application de papier humide, afin que le papier autographique s’applique bien. On décalque par pression. On retire le papier autographique; le dessin reste sur le zinc. Nous verrons plus loin que cette opération s’appelle un report sur zinc] sur ce report, on peut tirer en lithographie si l’on tient le zinc toujours humide.

On décape à l’acide, on encre exactement comme pour obtenir une épreuve lithographique, mais avec une encre spéciale à base de cire et de résine.

Ici commence le passage à la typo; il s'agit de creuser autour des traits à une profondeur telle que les blancs ne soient pas touchés par le rouleau encreur typographique. On profite pour cela de ce que l’encre utilisée est inattaquable par l'acide azotique. On mord donc à l’acide étendu, d’où un commencement de relief. On continue les morsures en ayant soin de réencrer à mesure : le noir ne prend que sur le noir en raison des propriétés du zinc mouillé .

Quand le creux est assez profond, on nettoie la plaque de son noir. Elle est prête pour l’impression en typo, c’est-à-dire pour le mode d’impression dans lequel le noir est fixé sur les reliefs par contact du rouleau qui n atteint pas les creux , et avec une pression assez faible pour que le papier n’entre pas dans ces creux.

2° — Technique.

La description précédente trop schématique laisserait une idée fausse du gillotage. Ce procédé très curieux de morsure donne des creux dont

•'i'c'^vf;!

ïür

'vïgy.t^feic^ /ïC&B? *

!*/>',' îàîÆjjKS*

ï’/\ ■ ‘ »»A fl

pi\ - ; J

l'Vjf

CRAYON LITHOGRAPHIQUE DE COROT REPRODUIT PAR LE PROCÉDÉ DU § 397 (gilloltige)

.IMVLBS1TY Ut ILUNÜIfc

la profondeur est proportionnelle à la distance des reliefs à conserver . si 1 on veut, à l'aire des blancs.

, ^a P^anc^ie es^ recouverte de la réserve d'encre grasse (fig. 263. 1) et d’un vernis sur les bords et au dos. Elle est placée dans de l’eau acidulée qui mord légèrement. Agitons la cuvette ; la réserve ne tarderait pas à être minée si on prolongeait l’action; on détruirait les parois minces, séparant les blancs voisins. Bornons-nous donc à une morsure peu profonde (fig. 263, 2) à peine sensible à l’ongle.

Retirons la planche, séchons-la.

Le problème est de protéger les parois verticales des sillons et de ne creuser que leur fond.

On met la planche sur une table de fonte chauffée; l’encre se liquéfie et descend légèrement le long des parois qu’elle protège. On laisse refroidir; on encre à nouveau, on saupoudre de résine qui adhère seulement aux parties encrées : on mord.

On recommence ainsi jusqu’à dix ou douze fois. Chaque fois l’encre glisse un peu plus loin, diminuant de plus en plus la superficie du creux, de sorte que les sillons minces sont bientôt bouchés par elle Les morsures successives n’agissent donc que sur les parties de la planche qui correspondent aux blancs de plus en plus étendus. A mesure que le nombre des morsures augmente, les finesses s’empâtent; à la fin de l’opération, on obtient un placard absolument noir.

A chaque morsure on augmente l’acidité du bain.

La morsure terminée on lave la planche à la benzine et à l’eau potassée.

On procède alors à l'arrondissement. La planche est encrée à chaud avec un rouleau lisse et dur et une encre grasse quasi solide.

On refroidit et on attaque par un acide assez concentré qui aplanit les talus (fig. 263, 6).

Il ne reste plus qu’à enlever à la scie les parties qui correspondent à des blancs très étendus et le pourtour du dessin.

La gravure demande plusieurs heures. Elle est plus facile pour

un dessin compliqué et bien rempli que pour un trait ou un point isolé.

Le prix est au centimètre carré, larges blancs compris, ce qui paraît d abord absurde et se trouve pourtant très justifié.

ét ai initial

/ère ___

- morsure

chauffage et y;.. saupoudrage

2mf morsure

dichê lave

On n’obtient jamais par ce procédé la franchise de trait du burin ni de la gravure sur bois; reste à savoir si c’est une qualité ou un défaut.

Page 1