‹ Vision et reproduction des formes et des couleurs. Vision mono et binoculaire. Illusions d'optique. Photométrie. Théorie des couleurs. Photographie. Procédés d'impressionChapitre 360 sur 392 · Photogravure au trait : emploi de l’albumine · texte numérisé non relu

Photogravure au trait : emploi de l’albumine

Le bitume a le grave défaut d’être médiocrement sensible à la lumière ; d’où l’emploi d’albumine bichromatée. Mais celle-ci résiste mal aux acides; d’où la nécessité de lui donner de la résistance par incorporation d’une poudre (comparer au § 385).

Nous avons dit au § 295 comment on prépare l'albumine. Pour la sensibiliser on dissout dans 1000 grammes d’eau, 100 grammes d’albumine et 16 grammes de bichromate d’ammoniaque; on agite et on laisse reposer. La plaque de zinc est décapée, nettoyée et séchée. Dans l’obscurité on étend la couche sensible qu’on égalise à la tournette (§ 383j. On expose sous un négatif. L’albumine devient insoluble sous l’action de la lumière.

Pour une raison que nous verrons tout à l’heure, on passe sur la couche un rouleau chargé d’encre à report diluée dans un peu d’essence de térébenthine : elle devient gris foncé. On développe à l’eau froide et on enlève l’albumine soluble avec un tampon de coton. On rince et on sèche. On a donc recouvert la plaque métallique d’une couche d’albumine encrés . qui correspond aux traits transparents du négatif, aux traits noirs de l’objet.

Il s’agit de lui donner de la résistance. On utilise pour cela une poudre très fine (composée de 60 grammes de bitume, 25 de poix noire, 15 de résine) qu’on applique avec un pinceau doux. La poudre prend

sur les parties encrées. On rejette l’excès de poudre; on chauffe le zinc sur une plaque de fonte. La poudre fond et donne avec l’albumine un vernis capable de résister à l’action des acides.

400. — Obtention de demi-teintes. Emploi de réseaux ou de trames (similigravure).

1° — L’impression ne connaît pas les demi-teintes; le noir vient ou ne vient pas. Les noirs plus ou moins intenses sont obtenus par l’espacement plus ou moins grand de traits noirs plus ou moins larges, ou de points noirs plus ou moins gros. D’où résulte qu’en appliquant le procédé ci-dessus décrit à une photographie ordinaire possédant des demiteintes, l’insola-tion insuffisante, ne rendant le bitume que superficiellement insoluble, équivaut une insolation nulle; l’insolation suffisante insolubilise le bitume jusqu’au substratum, par suite donne un noir uniforme et indépendant de l’intensité de la lumière.

Comme nous exposons la couche de bitume sous un négatif, dans le premier cas le bitume est eplevé, le zinc est creusé : nous avons du blanc sur la feuille imprimée; dans le second, le bitume insoluble protège le zinc : nous avons du noir.

2° — Pour obtenir les demi-teintes, on utilise un réseau.

C’est généralement un quadrillage très fin (de 35 à 70 traits au centimètre) de traits opaques gravés ou photographiés sur une glace. Parfois ce sont des points opaques régulièrement distribués aux sommets d’un quadrillage géométrique. L’épaisseur des traits noirs est égale à l’épaisseur des traits transparents; elle est parfois moitié moindre; peu importe du reste.

On effectue le négatif (au moyen duquel on insolera le bitume) en plaçant le réseau dans la chambre noire à une très petite distance de la couche sensible, de l’ordre de 2 à 5 dixièmes de millimètre.

Le rôle du réseau s’explique aisément par les pénombres: il est très remarquable que ces 2 à 5 dixièmes de millimètre aient une influence capitale sur le résultat.

3° — Montrons d’abord que si le réseau est au contact de la plaque sensible, il ne sert à rien.

Photographions une teinte plate. Nous avons sur le cliché l’image parfaitement nette du réseau, quadrillage régulier de points ou de traits. Utilisons ce négatif pour insoler le bitume. Si la pose est assez longue, le bitume devient insoluble jusqu’au substratum, il tient lors du développement à la benzine; le zinc est protégé contre la morsure; nous aurons des noirs à l’impression. Si la pose n’est pas assez longue, le bitume ne devient pas insoluble jusqu’au substratum, il part lors du développement, l’acide creuse le zinc; nous aurons du blanc à l’impression.

Nous ne réalisons pas la demi-teinte.

Le résultat était évident a priori. S’il n’est pas possible d’obtenir la

demi-teinte sans réseau, comment le serait-il du seul fait que nous avons régulièrement couvert de noir une fraction de la superficie du négatif indépendante de l’intensité de la lumière, ce qui revient à réserver en blanc cette fraction de la superficie de l’épreuve?

4° — Les choses sont bien différentes si nous écartons convenablement le réseau de la couche sensible.

La figure 264 représente le réseau éclairé par la lumière qui sort de l’objectif schématiquement réduit à son Ouverture O.

Derrière les traits opaques du réseau se produisent des ombres dont la profondeur E est sensiblement égale à :

T-l / ~ t — E (il , I y".

L — ci — Q — =z-jy = na, en posant l — n O.

La distance / diffère peu de la distance focale principale. Pour l’ouverture normale du diaphragme, on a donc : n — 10, E = 10a.

Soit un réseau contenant 50 traits au centimètre, pour Tequel les pleins égalent les vides. On a :

a — 0,lmm, E = lmm.

La longueur des ombres est donc de l’ordre du millimètre.

Mettons la couche sensible quelque part en P, entre le réseau et le plan Q dont nous venons de calculer la position. Sur la couche sensible nous n’obtenons plus l’image nette des vides : la lumière déborde. A la vérité la quantité dont elle déborde est indépendante de son intensité ; mais, à la différence de tout à l'heure, dans la pénombre l’éclairement diminue de sa valeur sans le réseau jusqu’à zéro. L’éclairement suffi-

lavis reproduit en similigravure (§ 400).

(Le lecteur étudiera à la loupe la manière dont le réseau donne les demi-teintes.)

Page 1