‹ Vision et reproduction des formes et des couleurs. Vision mono et binoculaire. Illusions d'optique. Photométrie. Théorie des couleurs. Photographie. Procédés d'impressionChapitre 367 sur 392 · Autographie et reports · texte numérisé non relu

Autographie et reports

i° — La difficulté d’écrire à l’envers et d’autres raisons que nous verrons, ont donné lieu à l’autographie et au report. On écrit à l’encre grasse sur du papier autographique (papier ordinaire couvert d’une

mince couche de colle de gélatine ou de fécule); on décalque sur pierre. 1

Les professeurs ont l’occasion d’écrire à l’encre autographique pour réproduire leurs cours ou les feuilles de manipulations, quand ils hésitent devant la dépense d’un écrivain de métier. Ils savent que l’encre est peu fluide, que les plumes s’abîment vite, qu’il faut éviter de graisser ou tacher le papier, qu’on doit le préserver de la poussière et que les corrections sont difficiles.

Il est rare aujourd’hui que les artistes travaillent directement sur pierre; ils préfèrent le papier autographique traité au crayon ou à la plume. La jurisprudence (fixée à propos d’un curieux procès intenté par \\ histler) admet qu’ils font en cela œuvre de lithographe; et c’est justice, car on ne voit pas trop en quoi le fait de ne pas dessiner à l’envers change la nature du procédé.

On décalque sur fa pierre dressée, poncée et parfaitement séchée. Pour que le papier autographique s’applique bien, il faut le mouiller au clos en évitant que 1 eau ne filtre du côté du dessin. C’est là l’écueil. Si le papier n’est pas mouillé, on obtient un dessin net, mais on risque que le papier s applique mal et que le décalque ne soit pas complet; si

le papier est trop mouillé, la pierre se mouille elle-même et refuse l’encre.

On applique le papier autographique sur la pierre, on le couvre d’une feuille de papier et on fait passer plusieurs fois sous la presse en augmentant la pression (§ 408).

Le décalque obtenu, pour retirer le papier qui doit abandonner sur la pierre la majeure partie de l’encre grasse, on le mouille largement et on tire verticalement par deux coins.

La nécessité de mouiller le papier amène un changemeut de dimensions, inacceptable dans certains travaux tels que les cartes de géographie. &

2° — Fac-similé.

Quand on veut reproduire un manuscrit en fac-similé, on lui superpose du parchemin préparé à la colle d’amidon comme le papier autographique. On décalque à l'encre autographique. Pour éviter de moudler directement le parchemin, on l’intercale pendant quelques minutes entre des feuilles de papier mouillées.

S il est permis de sacrifier l’original, on Tenduit de colle (eau, 100;

Physique. — II. Bouasse. go

fécule, 10; colle de poisson, 2); on fait sécher, on satine, on frotte à la sandaraque, ce qui encolle la surface. Enfin on repasse les traits à l’encre autographique. Le reste comme plus haut.

Le même procédé est appliqué aux cartes géographiques; le décalque se fait avec du papier calque autographique un peu humide. En ne repassant que les traits qui correspondent à une seule couleur (§ 409), on prépare la série des pierres nécessaires à l’impression.

3° — Reports.

Expliquons le procédé sur un cas particulier.

On veut tirer en lithographie une taille-douce dont on possède la planche. On encre la planche avec un mélange d’encre d 'impression ordinaire (vernis et noir de fumée) et d’encre grasse lithographique (§ 403). On tire une épreuve sur papier autographique et on décalque sur pierre. Rappelons que pour le tirage en taille-douce le papier doit être assez fortement mouillé.

Nous avons vu que la musique est gravée en creux; mais on la tire avec la presse lithographique après report sur pierre.

On peut de même reporter sur pierre un texte composé en typo; il suffit d’obtenir une épreuve à l’encre de report sur papier autographique. On évite ainsi l’écriture de la lettre qui serait excessivement coûteuse. Les souvenirs mortuaires, par exemple, qui sont tirés en litho, ont un texte d’abord composé en typo.

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