‹ Visite a divers observatoires d'Europe: Notes de voyageChapitre 15 sur 33 · COPENHAGUE · texte numérisé non relu

COPENHAGUE

verte de tôle de fer et doublée intérieurement de toile ; elle roule facilement sur des sphères reliées les unes aux autres par des entretoises métalliques; elle s'ouvre d'un seul côté du zénith ; l'ouverture est fermée par une seule trappe mobile sur la coupole, dans le sens d'un méridien. La lunette de Téquatorial a io,5 pouces d'ouverture et i6 pieds de distance focale; le tube est en bois ; la partie qui est du côté de l'objectif est plus longue que celle qui est du côté de l'oculaire. Cet instrument est de Merz et Junger; c'est avec lui que d'Arrest a fait ses mesures de nébuleuses et divers travaux de Spectroscopie s tell aire. M. Pechûle, astronome à l'Observatoire, autrefois à Hambourg, y étudie les spectres des étoiles rouges du Catalogue de Birmingham.

Copenhague possède un Bureau météorologique, dirigé par M. Hoffmeyer, chargé de concentrer et de publier les observations des diverses stations ; plusieurs de ces stations sont complètes ; dans certaines on observe le baromètre et le thermomètre seulement, dans d'autres la pluie ; huit de ces stations sont en mer. Les observations sont publiées tous les vingt jours. Ce Bureau publie deux bulletins météorologiques par jour. M. Hoffmeyer a publié un travail intéressant sur les observations faites sur toute la surface du globe durant les années 1874, 1875 et 1876.

L'Observatoire appartient à la ville et est dirigé par M. Rumker. On y voit deux instruments méridiens, une lunette méridienne de 4 pouces de Repsold, et un cercle méridien, également de Repsold, avec lunette de 4 pouces d'ouverture et i"*,6o de distance focale, et deux cercles divisés de 2' en 2', de i™ de diamètre, lus chacun par un système de quatre microscopes, avec lequel M. C. Schrader observe une zone comprise entre -}- 80** et + 8 1 ** de déclinaison. Mille étoiles ont été jusqu'ici observées, et chacune d'elles trois fois. Il V a une mire au sud et un collimateur au nord : les observalions se font au chronographe. L'Observatoire possède encore un équatorial de o"*,25 d'ouverture et 3°* de distance focale, dont l'objectif est de Schroeder et la partie mécanique de Repsold. Une particularité de cet instrument consiste en ce que l'on a placé entre l'objectif et l'oculaire une seconde lentille, destinée à augmenter le champ et à améliorer les images. Il a été construit d'après les idées d'Hansen pour déterminer les

positions absolues des étoiles et dans des conditions de grande stabilité. Le tube de la lunette est métallique ; le pied en fonte repose sur un massif en maçonnerie très solide; les axes sont creux et munis de contre-poids disposés de manière à éliminer toute flexion. Les cercles horaire et de déclinaison sont divisés de 2' en 2' et lus chacun par un système de deux microscopes. Les divisions du premier et les microscopes sont éclairés par deux becs de gaz placés sur le plancher, derrière deux lentilles. Les tours et fractions de tour de la vis du micromètre sont enregistrés sur un papier par pression contre le tambour. Le cercle de position est placé à l'intérieur du tube de la lunette et lu par deux microscopes. Les mouvements lents en ascension droite et en déclinaison s'obtiennent avec deux manettes disposées le long du tube de la lunette et aboutissant à l'oculaire. M. Riimker observe avec cet instrument des comètes, des planètes et des nébuleuses. M. Helmert, aujourd'hui professeur à Aix-la-Chapelle, y a fait un important travail sur l'amas de l'Ecu de Sobieski; il a comparé ses observations à celles faites par Lamont sur le même groupe.

• Dans un pavillon voisin de l'Observatoire, M. Bœddiker est chargé d'étudier les chronomètres de la marine.. L'épreuve pour chaque chronomètre dure environ trois mois, pendant lesquels on le soumet à des températures variant de -f- 5" à -h 3o" C ; on le laisse à la même Icnipcraliirc une dizaine de jours, (iliaque année, il est

établi un concours, de la durée de six mois, à la suite duquel les meilleurs chronomètres reçoivent une prime de TEtat, qui en achète un certain nombre. Il existe une installation importante de ce genre à Wilhelmshaven et une autre moins complète à l'Observatoire de Riel.

L'Observatoire météorologique de Hambourg, dirigé par M. Neumayer, publie les observations d'une cinquantaine de stations maritimes. Il possède l'importante bibliothèque de Dove. L'installation actuelle est provisoire ; elle sera transférée avant peu dans un bel et vaste édifice que le gouvernement allemand fait construire à grands frais à côté de l'ancien, sur une hauteur qui domine le port.

Nous avons visité à plusieurs reprises les importants ateliers de MM. Repsold, qui chaque fois nous ont donné, avec une complaisance que nous ne saurions trop reconnaître, tous les renseignements que nous désirions obtenir. Nous y avons vu l'équatorial de i4 pouces de Poulkova, entièrement renouvelé dans sa partie mécanique; il ne diffère pas d'une manière notable des grands instruments sortis récemment de la maison. Le pied est une colonne creuse en fonte, reposant par trois vis calantes qui permettent de rectifier la position de l'instrument; il est bien moins massif que ceux de nos équatoriaux; sa forme cylindrique et son diamètre relativement faible présentent des facilités très grandes pour les évolutions de la lunette el pour les mouvements mcmcs de Tobserva-

leur : ce sont là sans doute des avantages considérables, quand ils ne sont pas obtenus au détriment de la stabilité. L'axe horaire, en acier, tourne dans un cylindre en fonte solidement boulonné sur le pied et sur des coussinets en fonte ; on peut à tout instant ouvrir ce cylindre pour constater l'état de l'axe et mettre de Thuile sur les coussinets. L'axe de déclinaison, également en acier, est enfermé dans une boîte en fonte analogue. Le tube de la lunette est composé de feuilles de tôle d'acier, rivées les unes aux autres, dont l'épaisseur diminue en allant vers les extrémités du tube; cette diminution ne se produit pas d'ailleurs d'une manière symétrique de part et d'autre; la partie du tube qui est du côté de l'oculaire étant plus courte que celle qui est du côté de l'objectif, les épaisseurs sont combinées de manière à maintenir l'équilibre et à rendre les flexions égales ; c'est ainsi que les épaisseurs varient de o™,oo4 à o"*,ooi du côté de l'objectif, de o"',oo5 à o™,oo3 du côté de l'oculaire. L'axe horaire est soulevé sur ses coussinets par un seul galet d'acier vertical, dont le plan passe par le centre de gravité de tout le système ; il roule dans une rainure pratiquée vers l'extrémité supérieure de l'axe et appuie contre cet axe par l'action d'un contre-poids placé au-dessus et en avant de l'axe horaire, à l'extrémité d'un levier coudé à angle droit, composé de deux branches dont les points d'appui sont établis sur le cylindre en fonte. On peut à tout moment vérifier l'axe du galet d'acier; il suffit pour cela de visser une vis fixée au levier dans le voisinage du

contre-poids, au point de réunion des deux branches, jusqu'à ce qu'elle vienne butter contre une petite plateforme ménagée à cette intention sur le cylindre de Taxe horaire, de manière à faire porter toute l'action du contre-poids sur ce cylindre; quand il en est ainsi, l'axe horaire repose lui-même de tout son poids sur les coussinets et le galet se trouve entièrement dégagé. Le calage de l'axe horaire et les mouvements lents en ascension droite se font à l'aide de deux tiges disposées le long du tube et aboutissant à l'oculaire; ces tiges commandent deux roues dentées établies à frottement doux sur l'axe de déclinaison et mobiles d'une manière indépendante autour de cet axe; l'une d'elles sert à prendre Taxe horaire dans un collier à l'aide d'une pince, l'autre permet de faire les petits mouvements. Celte disposition, fort commode, évite les déplacements ou les ennuis d'une longue lige suspendue entre l'observateur et l'instrument. Le mouvement d'horlogerie est dans le pied ; le régulateur consiste en une tige d'acier légèrement conique, pincée par son extrémité la plus mince, qui agit en vertu de son élasticité ( * ) ; la vis sans fin qui transmet le mouvement engrène avec les dents d'un cercle plein fixé à la partie supérieure de l'axe, contre lequelelle estfortement appuyée par une vis. Lesdi visions sont tracées sur un second cercle voisin du précédent. Le

(') C'est le régulateur adopté pour l'équatorial de TObservatoire de Toulouse par MM. Brûnner.

cercle de déclinaison est placé près du tube de la lunette. Le micromètre se visse dans un collier auquel il peut être fixé par une vis; ce collier glisse dans une pièce attachée au tube de la lunette ; les déplacements déterminés par une vis sont mesurés sur une règle divisée. Dans le micromètre, comme dans tous les micromètres ou microscopes fournis par la maison, on a la possibilité de changer Torigine du fil mobile par rapport aux fils fixes ; la vis s'engage dans un écrou pratiqué tout le long d'un des côtés du cadre du fil mobile et vient ensuite butter contre l'extrémité d'une seconde vis prise dans la boîte même du micromètre; le mouvement est dirigé par une seule tige d'acier fixée à cette boîte, qui traversé le même côté du cadre dans le voisinage de la vis; dans une échancrure creusée dans ce côté le long d'une partie de la tige, un ressort maintient la vis constamment appuyée contre l'écrou. Une troisième vis déplace la boîtemême du micromètre, c'est-à-dire l'ensembledes fils fixes et des fils mobiles. La première disposition permet d'éliminer les erreurs du pas de vis, la seconde d'observer dans les diverses parties du champ de la lunette. L'éclairage se fait avec une lampe à pétrole placée dans le voisinage de l'oculaire, à la portée de l'observateur; la lumière pénètre d'abord dans le chercheur, dans une direction perpendiculaire à Taxe, et en sort ensuite en traversant une lentille qui la fait converger sur un miroir plan en mêlai de forme elliptique, percé en son centre, et place dans une position inclinée de 4^" en Ire

le chercheur et la lunette. Ce miroir fait trois parts de la lumière : une première partie est réfléchie le long de la lunette sur trois miroirs fixés sur le tube dans le prolongement de Taxe de déclinaison^ pour l'éclairage des cercles de déclinaison et d'ascension droite; une deuxième partie traverse le miroir et vient tomber dans le tube sur un prisme à réflexion totale qui renvoie les rayons sur un miroir convexe placé vers le milieu de la lunette pour l'éclairage du champ; une troisième partie, celle qui passe tout autour du miroir, pénètre dans la lunette à travers une ouverture cylindrique pratiquée dans la paroi du collier sur lequel le micromètre est vissé, tombe sur un second miroir plan analogue au premier, incliné de 45" en avant de l'oculaire et percé en son cen tre pour laisser passer la lumière destinée à l'éclairage du champ, et est renvoyée du côté de l'oculaire sur un biseau disposé dans le micromètre pour l'éclairage des fils. Une faible portion de cette lumière est réfléchie par deux prismes sur les divisions du cercle de position ; une autre portion sert à éclairer le tambour de la vis micrométrique par l'intermédiaire d'un système formé d'un prisme et de deux miroirs. Ce dernier appareil peut d'ailleurs être facilement enlevé, dans l'équatorial de Poulkova, et remplacé par un autre pour l'enregistrement des pointés du fil mobile, ainsi que cela se fait dans nombre d'équaloriaux. Le cercle de position est lu par deux loupes inunics de plaques de vcitc divisées par la Pliotogra- |)hic.

La lecture du calage en déclinaison se fait à Taide de deux lunettes pointées sur deux index; ces deux lunettes sont munies de microscopes pour le cas où Ton voudrait faire des lectures plus précises. Une lunette ordinaire permet de lire le calage en ascension droite ; il n'y a pas ici de microscope comme il en existe dans Téquatorial de Strasbourg. Les lectures peuvent se faire d'ailleurs directement avec deux petits microscopes sur un cercle fixé à l'extrémité inférieure de l'axe horaire.

Dans les cercles méridiens de la maison Repsold, l'éclairage du champ s'obtient par l'intermédiaire d'un miroir convexe collé au centre de la face intérieure du flint; dans le cercle de Lund, il y en a deux réunis et fixés contre l'objectif par une lame métallique; ce dernier système a l'inconvénient de donner des bandés de diffraction. Avant l'adoption du procédé actuel, la lumière était lancée par un prisme soit vers l'oculaire, soit encore vers l'objectif, mais on avait ainsi un champ irrégulièrement éclairé, et dans le dernier cas des images étrangères. Pour les fils brillants, un prisme envoyait les rayons sur deux prismes voisins des fils dans le micromètre; on se sert maintenant d'un nombre double de prismes. L'éclairage des fils au moyen de la lumière électrique, dans les équaloriaux, a été l'objet de tentatives restées infructueuses ( * ).

(*) II existe un éclairage de ce genre à l'équatorial de la tour de rouest de l'Observatoire de Paris, organisé par M. Wolf.

Les instruments en cours de construction dans les ateliers de MM. Repsold sont les suivants : Téqualorial de Poulkova, dont la partie mécanique, le tube et le pied devaient êlre renouvelés, un équatorial de i8 pouces destiné à TObservatoire de Milan, un héliographe pour Potsdam, un héliomètre de 6 pouces et un cercle méridien pour l'Amérique, une lunette méridienne destinée au Japon.

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