CONCLUSION
Après les grands télescopes sont venus les grands équatoriaux : c'est d'abord celui de M. Newal, à Newcastlc; après, celui de Washington, à jamais célèbre pour la découverte des satellites de Mars; plus tard, ceux de Vienne et de Paris, bientôt terminés; puis ceux de Poulkova et de Nice, commencés tout récemment.
(jinécs pour les mouvements lents et la lecture des cercles sont souvent fort ingénieuses, mais elles compliquent Tinstrument et peuvent, dans certains cas, porter atteinte à sa stabilité. Pour les cercles méridiens, les tubes des lunettes sont en laiton ; il ne parait pas prouvé qu'ils soient plus homogènes que les tubes en fonte de nos instruments. Dans certains cercles, ceux de Pistor et IMartins par exemple, les crochets qui soulèvent la lunette sur les coussinets prennent la lunette trop près du cube et peuvent amener des torsions dans l'axe; il peut paraître dangereux pour la stabilité de faire porter les leviers auxquels sont suspendus ces crochets et les contre-poids sur les tambours métalliques au centre desquels sont fixés les coussinets et qui portent les microscopes, ainsi que cela se passe* dans certains instruments de Repsold. Enfin, peut-être vaut-il mieux pour le calage agir sur un des cercles de l'instrument que de pincer directement l'axe de rotation, comme on le fait souvent à l'étranger. Sans prétendre que les instruments français soient parfaits, il est certain qu'ils sont plus simples; le cercle méridien de l'Observatoire de Paris, installé dans le jardin (cercle Bischoffsheim ), construit par M. Eichens, et le nouvel équatorial de l'Observatoire de Toulouse (commandé par M. Tisserand, alors directeur de l'Observatoire ). construit par MM. Briinner, pourraient supporter avantageusement la comparaison avec ceux des autres constructeurs.
Nos instruments portatifs, dont M. Y. Villarceau, entre autres, a fait un si excellent usage, et que bon nombre d'astronomes préféreraient à des instruments plus grauds pour les observations des étoiles fonda-^ mentales et du Soleil, sont plus stables, quoique moins commodes, que les lunettes brisées, en usage à l'étranger. La réputation des petits cercles de MM. Briinner n'est plus à faire. Celui construit pour l'Observatoire de Nice par M. Gautier, sur les indications de M. Lœwy, est très stable et très commode.
L'héliomètre, qui est très répandu à l'étranger, où il a rendu de grands services pour les mesures des diamètres et des grandes distances, n'est pas usité en France.
CONCLUSION. l47
Dans ce mouvement scientifique notre pajs ne s'est pas laissé devancer par les autres. Longtemps les établissements de Paris et de Marseille ont été nos seuls Observatoires ; mais, dans ces dernières années, lenombre s'en est rapidement accru, grâce à la libéralité du Gouvernement et des Chambres. Le grand Observatoire d'Astronomie physique deMeudon, celui deMontsouris, placé sous la direction du Bureau des Longitudes, celui de Toulouse, ensuite ceux de Bordeaux, Lyon et Alger, qui seront avant peu en possession des instruments nécessaires, sont venus compléter et développer notre organisation astronomique. L'Observatoire de Nice ('), actuellement en construction, pourra, lui aussi, entrer bientôt en ligne ('^).
Mais il ne suffisait pas de fonder de nouveaux Observatoires et de leur fournir le matériel indispensable ; il iallait encore préparer pour l'avenir le recrutement de leur personnel : c'est ce qui vient d'être fait. L'instruction des jeunes astronomes est une des grandes préoccupations des Observatoires étrangers; quelques-uns, plus particulièrement, attirent à eux les jeunes gens studieux, sans distinction de nationalité, lesquels, après avoir participé à leurs travaux, retournent plus tard dans
(') M. Charles Garnier, de l'Institut, est chargé du la direction des travaux.
(') Quoique de proportions plus modestes, TObservatoire que M. d'Ab badie fait construire dans ses propriétés, dans les Basses-Pyrénées, n'en mérite pas moins une mention spéciale.
1 48 COXCLLSION.
leur pays pour y mettre à profit les connaissances acquises. Poulkova est de ce nombre. II y avait chez nous à cet égard une lacune regrettable qui vient d'être comblée, grâce à l'amiral Mouchez, par la création à l'Observatoire de Paris d'une Ecole où un certain nombre de jeunes gens distingués reçoivent, sous la direction de maîtres éminents, une instruction théorique complète, et se livrent avec assiduité aux travaux d'observation. Cette Lcole est en plein fonctionnement, et il n'est pas douteux qu'elle ne doive rendre de grands services. Les noms de savants tels que MM. Gaillot, Lœwy, Périgaud, Tisserand et Wolf, chargés de distribuer l'enseignement dans les diverses branches de la Science, sont une garantie du succès de cette heureuse institution, qui permettra de tirer le parti le plus avantageux possible des sacrifices que notre pays s'impose pour l'Astronomie.