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deux trompettes de l’armée républicaine; ces figures sont de M. Leveel. |
M. Bonnotte a exposé plusieurs pendules avec figures en bronze d’un très-bon style, des coupes et des candélabres , des pendues d'un effet original tout en bronze et composées dé feuillases sur lesquels sont posés des oiseaux; les feuillages sont d'un vert plus vif que le bronze de là pendule et paraissent naturels.
M. Bonnotte a, dans son compartiment, un joli cadré de glace composé de féuillages et d'oiseaux en bronze doré qui sort des ateliers de M. Matifat père.
Mais le temps nous presse : voyons en courant la pendule et les vases byzantins de M. Boulonnois : la jolie cheminéeen marbre blanc avec bronze doré de MM. Lerolle frère , et leur beau lustre avec branches et feuilles de vigne en bronze doré, et grappes de raisin en cristal ; Ce groupe de sept figures fondu d'un seul jet par M. Grignon-Meusniér, et ces pendules en marbre, décorées de peintures sur porcelaines et ornées en bronze; les pendules de M. Houdebine avec ses gravures au burin dont lex traits sont dorés ensuite (procédé Verdin). Les bronzes d art et de fantaisie de MM. Dardouvilie, Détourbet et Broquin, Sorel-Douce, Fetu, Bigot, Bernard , Carrier, de Lyon, etc., etc. Nous en passons et des meilleurs. Mais avant d'arriver aux imitations de bronze, levez les yeux et voyez ce joli lustre en bronze doré avec fleurs de porcelaine péinte et cristaux , qui sort des ateliers de M. Marquis.
Dans la galerie sont suspendus de beaux lustres , es uns tout en bronze doré, les autres en bronze doré et éristaux, sortant des ateliers de MM. Charpentier, Boyer, Weygaud , Gallois et Lacarrière : le lustre du Cirque, dessiné par M. Hittorf, a été fait dans les ateliers de M. Lacarrière qui a fait aussi, je croîs , le lustre si original et si beau que M. Barthélemy avait imaginé pour la salle qui porte son nom.
Si nous nous arrêtons devant les étalages de MM. Boy,
Bourdon, Miroy, Laureau, Dubois et Soulas, nous pourrons
nous croire encore chez des fabricants de bronze, tant ces figures, ces coupes, ce$ candélabres sont fins et purs; ce-
pendant ces objets sont en imitation.
Voyez les imitations de petits bronzes d’art de M. Laureau, étles grandes statues de M. Boy et de M: Miroy ; voyez les
beaux lustres et. les. beaux candélabres faits en zinc par M. Hubert fils et recouverts de cuivre au moyen de l’électricité; comparez-les à des bronzes véritables , voyez où pourront nous conduire encore quelques années d'efforts. Déjà les prix sont réduits dans une incroyable proportion.
MM. Gueyton, Feuquières et Marguerite, Pouey, Lefèvre, Zier et Lionnet n’ont exposé que des produits galvanoplasti-
Mi Pa on peut le dire, de l’époque où la gutta-percha a été introduite dans les ateliers de la galvanoplastie, que date le succès véritablement sérieux de cette industrie nouvelle. On sait que la gutta-percha se ramollit par la chaleur : ainsi ramollie, on l'applique sur l’objet à reproduire, et la pression fait pénétrer cette matière éminemment plastique dans tous les creux du modèle; après le refroidissement, son élasticité permet de l'arracher du moule en conservant toute la fidélité et la délicatesse de l’empreinte formée. Ainsi préparé, le moule de gutta-percha est rendu conduêteur de l'électricité en le recouvrant, à l’aide d’un pinceau, de plombagine en poudre; il ne reste plus, pour obtenir sa reproduction, qu'à le plonger dans le bain électro-chimique, + Quant à la pile qui sert à provoquer la précipitation du cuivre par l’action décomposante de l'électricité, elle n'offre rien de particulier, C’est l'appareil ordinaire que l'on trouve aujourd’hui à bas prix dans le commerce. On place cette pile en dehors du bain, ses deux fils conducteurs plongeant seuls dans le liquide. On attache le moule au pôle négatif, et à l’autre pôle une plaque de cuivre dont la proximité influe souvent beaucoup sur le ré:ultat obtenu; à mesure qu'il se dépose du métal sur le moule, le cuivre de la plaque positive se dissout ; la liqueur reste ainsi toujours au même degré de saturation ; le cuivre est, pour ainsi dire, transporté de la plaque au moule. Au bout de quelques jours, ce dernier se trouve recouvert en entier et l'opération est terminée.
On peut souvent ne pas employer une pile extérieure ; on se contente, par exemple, de placer dans le baïn un vase poreux dans lequel de l'acide sulfurique et du zinc développent un courant qui arrive jusqu’au moule par un fil métallique qui relie le moule à la plaque de zinc. Mais, dans ce cas, comme la dissolution finirait par s'épuiser , on a la précaution de
placer au sein de la liqueur un sac contenant des cristaux de sulfate de cuivre, qui se dissolvent dans l’eau pour remplacer au fur et à mesure celui qui disparaît par suite du dépôt métallique.
Nous avons dit plus haut comment on faisait les dépôts de métaux précieux par l'électricité.
Toutes ces statueltes, ces beaux bas-reliefs, ces bustes, ce: calvaire de Justin, ces vases, ces coupes, ces plateaux de M. Gueyton sont ainsi obtenus. Plusieurs d’entre eux sont de véritables pièces d’orfévrerie artistique.
M. Lefèvre est l'inventeur breveté d’un moulage élastique, au moyen duquel il obtient des pièces d’un relief considérable. Un petit bas-relief contenant une foule de figures bien détachées est un petit chef-d'œuvre de reproduction.
M. Lionnet, lui aussi, est un galvanoplaste distingué. Voyez ces reproductions de clichés pour l'imprimerie et deplanches gravées sur acier et sur cuivre, et ces pendules, ces coffrets, vrais bijoux argentés et dorés par l'électricité.
Les étalages de MM. Pouey, Feuquières et Zier, sont des. musées d'objets de bronze et d’orfévrerie obtenus à peu de frais par la galvanoplastie. M. Oudry nous présente des applications de l'électro-métailurgie au doublage des navires, et de la chaudronnerie en fer et en fonte , applications qui ne seront pas moins utiles à l’industrie que celles que nous avons vues ne seront utiles aux arts. Nous verrons, parmilesproduits de l'exposition anglaise et allemande, des spécimens d'œuvres plus remarquables de cette nouvelle industrie.
Enfin, nous sommes parvenu à nous soustraire au charme de l’exposition française , et il ne fallait rien moins pour nous en donner le courage, que les merveilles des expositions. étrangères. |
Commençons notre revue par l'exposition de l’orfévrerie et bijouterie anglaises , qui est la plus remarquable.
Quelle profusion de surtouts, de coupes, de candélabres en argent massif, des vases, des boucliers, des groupes de combattants, des monuments, enfin tout un musée de sculpture en argent massif. Quelques-uns de ces spécimens de po none anglaise sont encore plus riches au point vue de
art. | |
Voici d’abord des candélabres et un groupe de figures
allégoriques, tout en argent massif, exposé par la Compagnie des orfévres de la cité de Londres. Le groupe représente Richard IL donnant le privilége à la Compagnie des orfévres. Ces figures, ces ornements gracieux prouvent que la Compagnie a fait faire le modèle par un des meilleurs sculpteurs de l'Angleterre. |
Plusieurs des vitrines des orfévres anglais présentent un nombre incroyable de richesses; on comprend en les voyant que l'aristocratie anglaise est seule assez riche pour achalander de telles fabriques d’orfévrerie. Nous n'avons ni le temps ni l’espace pour détailler toutes ces merveilles. Faisons remarquer cependant dans la vitrine de M. Garrard cette belle fontaine arabe en argent et en or, décorée d'ornements émaillés du plus beau style arabe que l'on puisse voir; trois chevaux viennent se désaltérer à cette fontaine. Ce magnifique surtout appartient à la reine d'Angleterre. Voyons encore ce beau candélabre, ces bracelets et ces bijoux de toutes sortes: Puis passons à la vitrine de M. Hancock où brille un magnifique surtout , représentant un combat entre deux chevaliers. C’est une singulière idée de poser sur une table, autour de laquelle sont de joyeux convives, un surtout représentant ce qu'a de plus atroce la barbarie : des hommes qui s’égorgent. Nous préférons de beaucoup sous ce rapport le surtout de MM. Doune, Prime, Lister, et, à l'exposition française, ceux de MM. Denière et Christofle, qui ne présentent que des sujets agréables. Mais M. Hancock sait être aussi gracieux et élégant; ses riches parures doivent être comptées parmi les plus belles de l'Exposition.
Nous sommes devant la vitrine de MM. Hunt et Boskel, les successeurs de Stor et Mortimer ; admirons ces bijoux si riches, ce bouquet de fleurs faites avec des diamants. Ce surtout, ces candélabres en argent sont bien beaux, et cependant voici des vases et un bouclier en argent repoussé qui
les font oublier.
L'un de ces vases représente Jupiter foudroyant les Titans. Cette figure de Jupiter, placée au sommet du vase, les Titans qui tombent foudroyés sont dignes de Michel-Ange: comme celui-ci, deux autres vases et un bouclier sont aussi de M. Wechte, artiste français qui, depuis quelques années, habite Londres et contribue aux succès de cette maison. Nous
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avons vu, dans l'exposition française, une des œuvres de M. Wechte : le vase apnartenant au baron Bro. |
Les œuvres de M. Wechte ne doivent pas nous empêcher d'admirer les bijoux en pierreries montées en or et en argent dans les ateliers de M. Phillips, et qui sont dignes des joailliers français. Mais en voici que nous préférons à cause de leur caractère d'originalité , ce sont des bracelets et des bijoux irlandais exposés par MM. Bettie, d'Aberdeen. Ces bijoux ne sont pas des reproductions plus ou moins belles des produits de la joaillerie française, comme nous en voyons en Angleterre et dans les autres pays, qui tous ont le tort de vouloir imiter la France au lieu de créer des produits ayant un cachet , un style particulier, |
Aussi voyez les beaux bijoux de MM. Bettie; les broches et des bracelets de MM. Waterhouse, de Dublin, de MM. Sturger, de Birmingham; les bracelets, les colliers de MM. Phelan, Goggin, de Dublin, faits de chêne fossile noir ou noirci, ornés de perles, d’émeraudes et de pierres précieuses et montés en or et en argent. Certes ces bijoux sont moins brillants que des bijoux de pierreries montés par les Lemonnier et des Bapst, mais ils ont un caractère d'originalité qui fait plaisir.
Qui refuserait de s'arrêter devant la vitrine de M. Bisson ; ces chaînes d’or si souples, formant des bracelets dont le travail d'ajustement est un chef-d'œuvre de goût et de soin. Ge petit éléphant d'argent avec incrustations d'or est un bijou remarquable comme sculpture et comme ciselure.
M. Bisson est un habile bijoutier français, réfugié politique à Jersey depuis 4851 ; il a exposé ses œuvres sous le nom de l'Angleterre qui lui a donné un asile et qui peut être fière
de l'artiste qu'elle compte aujourd'hui comme un des siens.
La galvanoplastie en Angleterre a d'habiles interprètes ; MM. Elkington et Mason, Parkins et Marshall, Cartwrigth et Prime, de Birmingham, ont exposé des surtouts, des candélabres, etc., argentés par les procédés galvaniques.
L'une des parties les plus curieuses de l'Exposition est celle occupée par les produits de l'Inde, exposés sous le patronage de l'Angleterre. SANTE Les deux vitrines dans lesquelles sont groupés les bijoux et les objets d’orfévrerie sont des plus admirables. Nous par-
lions naguère de formes originales, de créations féériques qui étonnent; certes, nous pouvons être satisfaits. Voici des colliers, des bracelets, des boucles d'oreilles, des bijoux de toutes sortes, tous différents les uns des autres et de plus en plus jolis. I paraît que de tout temps et dans tous les pays, les femmes ont aimé se mettre des bagues, des colliers aux doigts , aux bras, aux oreilles, voire même au nez.
Quelle admiration n’a-t-on pas pour l’ancienne civilisation de l’Inde en voyant ce monceau d’objets d’art qui datent, les uns de plusieurs siècles, les autres de quelques années seulement ; ces bijoux si bien montés, si artistement conçus, ces bracelets et ces colliers de filigranes d’or et d'argent, qui sont aussi fins que les fines dentelles; ces coupes émaillées, ces coffrets d'ivoire et d’ébène, ces aiguières sveltes, élancées, tout cet art rempli de charmes dans sa bizarrerie et qui nous plaît d'autant plus qu’il nous est plus étranger.
De l'Inde passons en Égypte, qui nous envoie des. varghilez d’or et des armes damasquinées enrichies de pierreries.
Traversons la Grèce et la Turquie qui n’ont ni i bronze ni orfévrerie et arrivons en Toscane.
M. Papi de Florence a envoyé une copie réduite en bise du Persée de Benvenuto Cellini, ainsi que du beau piédestal sur lequel il est posé; une copie en bronze , grandeur du modèle de la tête de David par Michel-Ange ; mais ce qui étonne le plus les fondeurs, c’est une plante d’aloës aux mille feuilles coulée en bronze d'une seule pièce.
La bijouterie des États pontificaux n’est pas représentée À l'Exposition; nous le regrettons, en nous rappelant ces beaux colliers et ces boucles d'oreilles si bien portés par les femmes romaines; mais en revanche, les mosaïstes ont envoyé des broches, des épingles, des tables, des. tableaux d’un travail de patience inouïe.
Voyez ces broches de M. Micholini:; en songeant que ces petites têtes de femmes ou d'hommes, que ces petits chiens formant broches, sont composés de milliers de morceaux de marbre de toutes “couleurs , gros comme des têtes d'épingles; on est étonné de la patience de l'ouvrier qui les coupe, les assemble et les réunit de manière que toutes les nuances du modèle soient reproduites ; mais que dire en présence de ces tables de marbre, de M. Sampieri et de M. Corradini de
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yome, sur lesquelles paraissent jetées des guirlandes de 108es et de clochettes bleues. Chacune de ces branches, de ces feuilles, de ces fleurs est un composé d’une infinité (À | de morceaux de marbre. Admirez surtout un tableau de L près de 2 mètres de longueur sur0”,80 de hauteur. C'est | l è une vue du Campo Vaccino à Rome; de loin ce tableau paraît 11: 28 être à l'huile; et il n’a pas coûté moins de dix ans de travail 1° A à M. Galland.
DEN: M. Poggi a fait un tableau composé de cailloux de la Seine, 1 représentant un chien grand comme nature.
Ces travaux de patience nous effrayent et nous nous hâterions de fuir en Sardaigne si nous n’étions retenus encore dans les États pontificaux par MM. Spagna et Borgognoni; M. Spagna nous moutre une belle reproduction en bronze doré de la colonne Trajane, autre travail de patience; M. Borgognoni, un écritoire en bronze doré et argent, très-riche , mais dont les figures auraient dû être modelées par un des nombreux artistes qui habitent Rome.
En Sardaigne, la dix-septième classe ne possède qu'un beau lustre en cristal de roche de M. Pansa.
L'exposition d’orfévrerie belge est beaucoup plus riche;
MM. Watte, d'Anvers et Dufour, de Bruxelles, ont exposé des bijoux dé toutes sortes, en or, en argent, enrichis d’émaux et de pierres précieuses. et dont la perfection rivalise avec celle des œuvres des joailliers français.
L'orfévrérie religieuse est dignement représentée par MM. Roger, d'Anvers et Philip , de Liége. La reliure du Missel, de M. Roger, en argent découpé, gravé et ciselé, est trèsremarquable.
MM. Colin, Backes et Krug, de Hanau {électorat de Hesse) ont exposé des bijoux un peu moins légers que ceux de France , mais presque aussi bien montés. Le lustre en bronze doré de M. Pracht est très-beau.
# M. Probst de Hambourg a exposé un échiquier en nacre, A: dont les échecs sont en argent et en vermeil.
à Les orfévres wurtembergeois ont une assez belle exposition : les vases et les coupes en argent repoussé de M. Grober et les belles pièces d’orfévrerie plaquée de MM. Bau méritent d’être mentionnés.
M. Bruckmann expose une belle lampe d'église dans le style
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