‹ Visite a l'exposition universelle de Paris, en 1855Chapitre 14 sur 135 · AS ES ACRSE LORS RE SEE SA CRE PRRRRES ER CE · texte numérisé non relu

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« Ces chiffres seraient dignes de la France, puisqu'ils établissent, en faveur de tous les pays, une surface plus grande que celle qu ils occupaient respectivement à Londres. Il n'y a d'exception à cet égard que pour les États-Unis et la Chine. »

Les détails historiques que nous avons donnés relativement à la réalisation de ces 80,000 mètres montrent qu'outre la perte de temps que des discussions souvent stériles entraînaient, le service exécutif de l'Exposition avait à résoudre un problème devenu d'autant plus difficile par la réduction de l’espace mis à sa disposition, que d'une autre part et à l'inverse, on avait, par tous les moyens de la publicité et de l'action gouvernementale , provoqué tous les industriels du monde à se présenter à ce grand concours.

L'organisation du service intérieur de l'Exposition éprouvait aussi des modifications et des incertitudes, et ce ne fut que le 31 octobre 1854, que le commissariat général fut défi-. nitivement constitué par la nomination de M. le général Morin, qui avait agi jusqu'alors comme président du comité exécutif, et qui fut investi, comme commissaire général, de tous les pouvoirs nécessaires. A partir de la même époque, les fonctions de commissaire du bâtiment appartinrent à M. Vaudoyer. Le service général du classement m'avait été confié dans les premiers jours de juin. En même temps, M. Natalis Rondot avait été nommé commissaire du catalogue, et M. Trélat architecte-ingénieur de la Commission impériale.

Les chiffres étant arrêtés, il appartenait au service d'exécution de désigner les emplacements eux-mêmes. Nous avions un instant pensé à réunir ensemble les produits d'une même classe à quelque nationalité qu'ils appartinssent , mais il eût fallu à l'avance , pour mettre ce projet à exécution, connaître l’importance des produits de chaque classe, et pour la France et pour chacun des pays étrangers. Nous ne pouvions espérer que ces renseignements nous parviendraient en temps convenable, et dès lors nous avons dû nous borner à assigner des emplacements à l'ensemble de l'exposition de chaque contrée. Mais combien de considérations durent influencer la décision. Nous ne pouvions placer les pays étrangers dans l’Annexe : ils se seraient plaints d’être relégués loin de l'exposi-

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tion principale ; nous ne pouvions y placer exclusivement la France , la surface eût été trop petite , et nous pensions dès lors que c’eût été prendre pour nous le local le plus convenable et le mieux approprié à une exposition de l'Industrie, Le mieux était de partager les deux bâtiments entre tous les intéressés. On a vu plus haut sur quelles bases il a été possible d'indiquer à l'avance, dans l’ordre de la classification adopiée, les produits qui pourraient trouver place dans l'un et dans l’autre bâtiment ; on a naturellement réservé le palais principal pour les objets manufacturés, dont l’ornementation et les formes gracieuses se prêteraient mieux à un grand effet d'ensemble, et l’on a consacré plus particulièrement l’Annexe aux produits naturels et aux machines. Cette division , moins philosophique que le mélange de tous les produits similaires , porte avec elle un caractère important qu'une autre solution n’eût pas offerte : d'une part, toutes les richesses du sol, classées géographiquement ; d'autre part, les produits de l’industrie , offrant une plus facile comparaison. La nécessité de fournir de l’eau et de la vapeur aux machines, en forcant à réunir en un même point ces grands instruments du travail , venait encore compléter cette division rationnelle. Chaque pays eut donc dans le palais principal une part calculée sur les 47 pour 400 de son allocation totale : il

trouva dans l'Annexe le surplus, soit dans la section des

machines jusqu’à concurrence de ses besoins, soit pour tout ce qui ne sera pas de cetle nature dans la section des produits. -

IL était dès lors possible de partager le palais principal, mais il fallait avant tout arrêter un plan général de circulation qué la disposition des lieux rendait difficile, alors surtout que le premier devoir consistait à ne perdre aucun espace. C’est à cette époque que nous visitèämes le Palais en détail, et que nous reconnûmes l’absolue nécessité d'éclairer la partie du rez-de-chaussée située au-dessous des galeries , de manière à pouvoir au besoin négliger les ouvertures vitrées sur les Chemps-Élysées, pour trouver des surfaces verticales. Ce ne fut pas sans quelque résistance que nous fîmes adopter le principe des ouvertures nombreuses , dès lors pratiquées dans le plancher, et sans lesquelles le rez-de-chaussée, trop obscur encore malgré l’abatage de quelques arbres, n'eût pu être

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utilisé. Mais ces ouvertures nous enlevaient encore une partie de cette place que nous devions ménager à tout prix , et l'étude des dispositions intérieures devenait par ce fait plus difficile, |

C'est alors que fut adopté le projet de distribution générale dont la suite des événements s’est chargée d'indiquer les ayantages , et qu'il nous a fallu poursuivre au milieu de toutes les critiques. Nous eussions sans doute préféré ménager au milieu de cette nef quelques grands effets, nous eussions volontiers évité ces salles intérieures qui la rétrécissent , si les nécessilés de la situation n’avaient commandé de tout utiliser. Un mètre perdu, c'était un exposant de moins : le choix n'était pas difficile,

Telle est l’origine de notre grande ligne de vitrines-trophées, que l'on a voulu depuis lors qualifier du nom de vitrines d'honneur ; en nous permettant d'utiliser mieux l’espace, elles avaient d'ailleurs l’avantage de déguiser le vice principal de la construction, cette grande voûte qui vient jusqu'à terre et qui faisait ressembler le Palais à un vaste hangar. Les vitrines-trophées, en limitant la vue, forment comme les pieds droits de cette voûte, et lui rendent la pro-

-portion qui lui manquait.

Obligés d'arrêter les dispositions générales en l’absence de tous renseignements, nous fixâmes d’une manière invariable les massifs des tables à deux mètres de largeur , nous proposant d'utiliser ensuite cette dimension en fractions exactes de un mètre et de cinquante centimètres, suivant la nature des produits. L'exposition de Londres nous avait appris que, pour tous les objets manufacturés, la profondeur de un mètre est la meilleure. |

C'est aussi dans ce mémorable précédent que nous avons puisé le désir de voir apparaître les produits similaires par vastes assortiments, avec installation commune. Les vitrines ont été, je ne crains pas de le dire, une de mes grandes préoccupations , et tout en reconnaissant qu'une partie des retards éprouvés sont dus à ma persistance à cet égard, lorsque je me dégage de toute considération personnelle , je me félicite encore aujourd'hui d'avoir soutenu cette thèse attaquée de toutes parts. Les vitrines collectives sont pour beaucoup dans le grandiose des installations, je dirai même

dans la variété des aspects, chaque industrie s'étant groupée sous une forme particulière. Une circulaire spéciale prescrivit aux exposants des profondeurs et des hauteurs réglementaires.

Ce n’était pas tout que d’avoir décidé en principe que tous les pays seraient représentés dans le palais principal, 1l fallait encore indiquer à chacun sa place ; de nouvelles dificultés nous attendaient. Les galeries supérieures étaient évidemment celles qui se prêtaient le mieux à une exposition, mais il était impossible de les donner à tout le monde; chacun d’ailleurs, si petit qu’il fût, tiendrait à faire briller son drapeau sur la nef ; la justice voulait que l’on fit un sacrifice à ceux qui devaient envoyer un moins grand nombre de produits. Ces considérations et d’autres encore conduisirent à ne placer sur le sol que les grandes nations qui se trouveraient ainsi moins favorisées au premier étage. L’Angleterre, les États-Unis , la Belgique, l'Autriche, le Zollwerein furent seuls avec la France à occuper le rez-de-chaussée ; chaque pays occupa dans la galerie l'emplacement situé au-dessus de celui qu’il occupait sur le sol ; toutes les autres contrées furent distribuées au premier étage, aux dépens surtout de la place que la France aurait dû proportionnellement y conserver. Sous ce rapport, la Confédération suisse est en quelque sorte la plus favorisée ; c’est elle qui a, dans la répartition, la plus grande part, après les pays déjà cités , et toute son exposition du Palais est dans la galerie supérieure. Pour satisfaire d’ailleurs à cette condition de donner à tous vue sur la nef, l'Exposition française abandonna son terrain le meilleur à la Sardaigne et aux États pontificaux à l’est, à l’ouest à l'Espagne et au Portugal.

La Suède, la Norvége, le Danemark et la Hollande d'une part, la Toscane et les pays orientaux de l’autre, occupèrent les deux galeries transversales.

Répartition de l’espace alloué à la France.

Les chiffres qui précèdent indiquent comment nous avons pu échapper, par l'étude des faits antérieurs, aux incertitudes de toute nature qui pesaient sur les préparatifs de l’Expos: :

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tion. Examinons maintenant ce qui, dans les travaux du classement, regarde plus particulièrement la France. Par les soins du commissariat général, 499 comités départementaux avaient été constitués en France avec mission de provoquer dans leurs circonscriptions respectives l'adhésion des industriels, et pour les engager à paraître dignement au grand concours. Dans les premiers jours d'octobre, la plupart des comités avaient adressé l'indication sommaire des espaces demandés sur les listes d'inscription, et l’état récapitulatif de ces demandes, établi avec grand soin dans les bureaux du secrétariat, fut envoyé à M. le commissaire général. Dès lors on put voir daus quelle situation fàcheuse le manque d’espace plaçait la commission impériale ; les demandes avaient dépassé ies espérances les plus exagérées, ainsi qu’on peut s’en convaincre par le rapport suivant qui porte la date du 44 octobre 1854, et qui émane plus particulièrement du service du classement ; le même esprit de déférence envers les gouvernements étrangers se remarque dans toutes les pièces officielles émanant de la commission impériale. |

« J'ai pris connaissance des états récapitulatifs des différents comités des départements, et du relevé général qui en a été fait par les soins du secrétariat, afin de préparer, suivant votre désir, un projet de répartition de l’espace réservé à la France, entre les différentes localités.

«€ Voici les bases sur lesquelles ce projet de répartition me parait devoir être établi.

« Parmi les renseignements fournis par les comités, il en est deux auxquelsil ne m'a pas semblé possible d'accorder la moindre confiance : la profondeur moyenne n'est pas un élément qui puisse servir de base à une évaluation simple, et d’ailleurs elle a été faussement évaluée dans la plupart des départements, le comité de la Seine, seul, ayant nettement indiqué qu'il -préférait ne donner aucune évaluation pour la profondeur moyenne. Quant aux questions que soulève la hauteur, elles se trouvent suffisamment éclairées par les in- Structions récemment données aux comités relativement aux vitrines, en ce qui concerne les objets de petite dimension ; etil est inutile d'observer que les grands objets ne sauraient être soumis à aucune réglementation.

« La longueur des façades des expositions est dés lors le seul

document sur lequel un projet de répartition puisse être convenablement basé. En additionnant les chiffres des 499 comités français, on arrive à une longueur totale de 28 kilomètres, sans y comprendre les dix comités suivants qui n'ont pas encore adressé leurs bulletins au secrétariat : ce sontles comités de Rodez, Rochefort, Calvi, Valence, Pont-Audemer , Cherbourg, Bar-le-Duc, Montreuil, Rouen et Mirecourt.

« En l’absence de renseignements positifs émanant de ces comités, il m'a paru convenable de leur assigner un espace moyen, égal à la moyenne des demandes des autres comités, celui de la Seine excepté : la longueur totale en façade se trouve ainsi portée à 29 kilomètres ; c’est d'après ce chiffre total que j'ai pu fixer la proportion des réductions à opérer.

« Le plan général des distributions dans le bâtiment principal étant maintenant complet, j’ai pu calculer la longueur de façade que l’exposition française y pourra trouver; cette longueur est de 5 kilomètres, à quelques mètres près ; et, d’après cette mesure, j'estime que l’Annexe présentera seulement 4 kilomètres de façade : en tout 9 kilomètres. Prise dans son ensemble, la longueur en façade doit donc être réduite dans la proportion de 9 à 29, c’est-à-dire à 31 pour 400.

« Resterait à savoir s'il convient de fairé porter cette réduc-

tion d’une manière uniforme sur tous les espaces demandés

par les différents comités, ou si une étude spéciale des besoins de chacun doit faire prévaloir le système d'une réduction variable.

« Le premier mode offre sans contredit l'avantage d’une srande simplicité, et ne laisse prise à aucune réclamation ; l’autre, au contraire, est d’une application difficile, et ne saurait , il faut bien le dire , être appliqué en toute connaissance de cause.

« À première vue, il aurait été naturel de penser que, l’exposition de 4855 étant la première en France qui fit appel à certains produits, aux produits naturels particulièrement, il conviendrait de traiter plus favorablement la province au préjudice de la capitale, qui compte dans son sein une foule de petites industries, très-intéressantes sans doute, mais qui n’ont été jusqu'ici acceptées dans les expositions précédentes qu'avec une certaine réserve. |

«L'examen plus attentif des chiffres nous a démontré que ce 206 b

qu’il était juste de faire en faveur des produits naturels s'était

; fait tout naturellement sans qu’il soit nécessaire de leur venir

en aide.

« À L'exposition de 4849, le département de la Seine comptait 61 exposants sur 100, les départements 39.

« Pour 1855, le chiffre des demandes pour Paris n’est que de 48 pour 100, le chiffre des départements s’élevant ainsi de 39 à 52.

«Il nous a semblé dès lors que la réduction devait être opérée entre les comités au prorata des demandes, et qu’ainsi il y avait convenance à vous proposer d’allouer à chaque co- | mité un espace représenté par une façade égale aux 31 cen- | tièmes de la façade demandée par chacun d'eux.

: -« S'il était nécessaire de fixer en mètres carrés la surface mise. à la disposition de chaque comité, il suffirait de multiplier par 4 mèêt. 20 cent. cette façade, ce chiffre étant la mesure de la profondeur moyenne présentée par les emplacements réservés à l'installation des produits dans le bâtiment principal. L'espace en mètres carrés serait donc, pour chaque comité, représenté par 37 centièmes du chiffre de la demande en façade, avec instruction, quant aux profondeurs, d’avoir égard aux prescriptions indiquées dans la circulaire pour les vitrines. |

« Il sera sans doute préférable de faire porter la réduction

sur le nombre des exposants, laissant ainsi à chaque exposi-

tion individuelle les éléments nécessaires pour qu’elle soit aussi complète que possible.

«On peut déjà mdiquer, à titre de renseignement, quel sera le nombre approximatif des exposants français. Le chiffre des inscriptions est de 42 795 exposants ; il s’élèvera, lorsque les renseignements seront complets, à plus de 13 000, et cependant il importe que ce nombre soit réduit à un maximum de 6000. |

« Les statistiques des précédentes expositions portent, y compris les passages , l’espace occupé en moyenne par chaque exposant à plus de six mètres carrés (6 mètres 30 à l’exposition de 1849, 6 mètres 50 à l’exposition universelle de 1851). Cette évaluation par exposant en porterait le nombre, pour les 35 000 mètres carrés réservés à la France, à 35000 divisé par 6 ou 5833, soit à 44 pour 400 des demandes inscrites.

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« Si ces bases sont admises, il en résullerait donc que le projet définitif de répartition auquel elles conduiront forcément réduira à 34 pour 400 la longueur totale en façade demandée pour les divers comités français, et que le nombre des EXPOsants se trouvera réduit, par la force même des choses, aux 44 centièmes des demandes inscrites.

« La France sera donc traitée plus sévèrement encore que les pays étrangers à l'exposition universelle de 1835. »

Porté par M. le commissaire général à la sanction de la sous-Ccommission, le lendemain, ce rapport fut approuvé quant au principe de la répartition, mais en laissant à chaque comité le soin de répartir entre le nombre d’exposants qui lui paraîtrait le plus convenable l’espace mis à sa disposition.

Il est peut-être intéressant de connaître les résidences des:

comités français et l’espace alloué à chacun d’eux : on a joint à ces renseignements les dates de l'arrivée des bulletins des= tinés à faire connaître définitivement le nombre des exposants et l’espace attribué par comité.

NUMÉRO D'ORDRE des comités.

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