‹ Visite a l'exposition universelle de Paris, en 1855Chapitre 24 sur 135 · LY EG FL 89€ SIT 18€ 10€ ‘966 £TST GEL · texte numérisé non relu

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Le 45 mars, on avait reçu à Londres plus de 8000 colis; à

Paris, 15 seulement, et cette différence ne fait qu'augmenter jusqu’au 12 avril, époque à laquelle elle s'élève à 42 000. Tandis qu'à cette ‘époque l'Exposition de Londres avait reçu

les quatre cinquièmes de ses colis, l' Exposition de Paris n'é-

tait en possession de: ces quatre cinquièmes que le 40 mai, cinq jours avant l'ouverture de l'Exposition.

Tandis que pendant le mois de mai l'Angleterre a reçu 1300 colis, la France en a reçu 7000; en juin, les chiffres respectifs sont de 250 et de 4500.

On s’étonnera sans doute que l'Exposition de 4855 accuse un moins grand nombre d'envois que celle de 4851. Cela tient uniquement à ce que les fabricants parisiens ont apporté leurs produits sans emballage, et que si ceux de Londres ent

fait de même, ils sont incomparablement moins nombreux, la

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capitale de l'Angleterre n’étant pas, à légale de la nôtre, une ville manufacturière.

Encore bien qu'il ne m'apparlienne pas d'examiner les causes de ces différences, que je ne puis attribuer qu'aux incertitudes de la situation générale, il ne sera pas inutile d'observer que les retards les plus considérables se remarquent dans les envois des puissances étrangères.

L'Angleterre avait encore à recevoir le 4° mai 4855 2000 colis ; la France n’en attendait plus à la même date, en 1851, que 340. Les États allemands du Zolwerein ne reçurent à la première Exposition que 46 colis après le 30 avril; il en a reçu 500 à partir de la même époque, en 4855. L’Autriche, après le 1‘ mai de celle année, à encore admis 1600 colis, tandis qu’à Londres son contingent ne s'est COmplété que par #2 colis seulement. Tous les autres États sont dans une semblable situation, et ils doivent s’attribuer une grande part dans les retards dont les journaux étrangers se sont plaints. La moyenne des retards pour les nations étrangères seulement est d'environ six semaines; n’eussions-nous eu que ces seules difficultés à surmonter, qu’encore nous aurions fait preuve d’une diligence plus grande, en étant prêts le 45 juin, comme l'était le bâtiment de Hyde Park au jour de l'ouverture, c'est-à-dire fort incomplétement. Après avoir disculpé la France du reproche d’inexactitude qu'un examen moins attentif pourrait lui attribuer, examinons à un autre point de vue les préparatifs de l'Exposition. En fixant au der mars la limite à laquelle les colis devaient être admis, la commission impériale était loin de compter que la moitié seulement des envois serait réunie le 20 avril, dix jours avant l'ouverture annoncée; elle n'avait pu prévoir que, même à cette époque, l’état des bâtiments ne permettrait pas de recevoir les produits, et que les exposants eux-mêmes refuseraient d'exposer aux inconvénients d’un bâtiment inachevé, tous les objets présentant quelque délicatesse ou quelque fraicheur.

Mais il nous faut remonter en arrière pour apprécier, dans leurs conséquences, les modifications de superficie que le retour du Prince entraîna. Dans la partie française , les manufactures impériales avaient été placées près de la porte nordest ; autour d'elles, les meubles, les instruments de musique venaient prendre place; puis, en remontant vers l’ouest,

l'imprimerie, les dessins de fabrique et la plastique industrielle, la céramique, la verrerie, les bronzes, les armes et la quincaillerie. La plupart des places étaient distribuées déjà ; la lingerie et la confection devaient occuper la grande galerie latérale; les tissus, au rez-de-chaussée, étaient dès lors en possession des salles occupées aujourd'hui par Lille, par Reims et par les centres de l’industrie drapière.

Beaucoup de départements, ceux surtout qui avaient le plus tardé à se mettre en règle, demandaient des augmentations d'espace; certaines industries parisiennes étaient en réclamation ; le déficit contre lequel nous n'avions cessé de combattre allait en augmentant.

Tel était l’état des choses lorsqu’à son retour le prince Napoléon, plus que jamais convaincu de l'insuffisance du local et de la nécessité de réunir l’annexe au bâtiment principal, fit décider l'occupation du Panorama et sa jonction à ces deux bâtiments au moyen d’une galerie et d’un passage audessus du Cours-la-Reine, ainsi que cela avait élé proposé dès le mois de juillet 1854. Il obtenait en même temps la clôture, jusque-là refusée, de la portion des Champs-Élysées qui est aujourd'hui occupée par divers hangars.

Sans ces accroissements de superficie et cette réunion des deux bâtiments, il eût été impossible de recevoir tous les produits admis , et en levant les objections qui avaient été, en son absence, opposées à ce projet, S. A. I. a rendu à l'Exposition un immense et incontestable service; mais celte mesure tardive vint apporter de nouveaux retards au classement même des produits. La distribution des espaces aux exposants français, qui avait été terminée et tracée sur le terrain après tant de labeurs et de peines, était à refaire en entier, et des travaux d'installation déjà très-avancés durent être sacrifiés.

Son Altesse Impériale, dans sa sollicitude pour les demandes les plus fondées, décida qu’une nouvelle annexe, communiquant avec les deux palais, couvrirait dans toute sa largeur l'avenue occupée aujourd’hui par le hangar de l'agricuiture. Nous proposämes aussitôt un nouveau projet de distribution ; le lendemain de cette décision, des instructions nouvelles avaient été approuvées par M. le commissaire général, et chacun travaillait au nouveau projet. L'étude de certaines

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