ROYAUME DE PRUSSE
Dans l'exposition duquel se trouvent aussi les produits de l'Union de la Thuringe, du grand-duché de Mecklenbourg, des duchés de Brunswick et Anhalt-Dessau, des principautés de Lippe et Schaumburg-Lippe et de la ville libre de Francfort. — Annexe, section des produits, travées 27 à 35, À à D. — Annexe, section des machines, travées 120 à 126, À à D.— Palais principal ,
rez-de-chaussée, travées 24 à 30, H à L, — Palais principal galerie, travées on à 30, LàaN.
L'exposition prussienne est une des plus importantes au Palais de l’industrie, tant par le nombre de ses exposants
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que par l'importance et la variété des produits : elle résume en quelque sorte toute l'exposition allemande , qui se recommande surtout par le caractère de vérité qu’elle présente ; moins qu'ailleurs, les produits ont élé fabriqués en vue de l'exposition : il est vrai que celte bonne foi doit être considérée comme une condition indispensable de la plupart des productions de l'Allemagne , dont le principal mérite consiste dans des prix que l’on regarderait ailleurs comme iMpos-
sibles.
Si l’on considérait, comme dernier terme de la civilisation,
Ja fabrication des produits à bas prix pour la consommation
générale, nul doute qu’il ne faille accorder à l'Allemagne une prééminence marquée ; Ses articles principaux sont ceux, en effet, dont l'usage est le plus répandu et qui se prêtent même à une grande fabrication, sans exiger un matériel considérable. Il y a moins de manufactures en Prusse qu'en France et en Angleterre , mais il y a beaucoup plus d'artisans.
La fabrication des draps et des toiles, les articles de coutellerie, de quincaillerie , la fonderie de fer et de zinc, et en général l'emploi industriel de tous les métaux communs sont en Allemagne d'une exploitation presque générale ; il faut y joindre, pour quelques localités, certaines fabrications spéciales, telles que celles des cotons, des soieries, des armes, des outils, des terres cuites, des jouets d'enfants, des ustensiles de ménage, etc., etc. pouvant occuper, dans quelques localités, un grand nombre de bras peu rétribués,
L'introduction des machines-outils et des machines de fabrication a contribué plus qu'aucune autre circonstance à modifier, sur la plupart des points, les conditions économiques de la production dans ces contrées, mais cette introduction même porte l’in‘luence des progrès qu’elle entraîne à sa suite sur les principaux objets de la fabrication antérieure, plutôt qu’elle n’a eu pour résultat la création d'industries nouvelles.
A cette amélioration a succédé , depuis une dizaine d’années surtout , un progrès sensible sous le rapport du goût et du dessin, à tel point que les formes sont méconnaissables, et que certains produits de l’orfévrerie, de l'industrie des bronzes, des soieries, des porcelaines et de ja fonderie ne le cèdent en rien, sous ce rapport, aux productions les plus re-
marquables des nations considérées comme les premières dans :
les arts d'imitation. En examinant avec attention l'exposition
allemande, on sent cependant que ce progrès n’est pas:
général : à côté de produits très-irréprochables, on rencontre souvent des formes bizarres , que le contraste met davantage en lumière, mais dont la Prusse a su, mieux que tous les autres États allemands , se garder. Cette transition toutefois ne peut se faire sans quelques écarts regrettables, qui se rencontrent quelquefois jusque dans le mode d’installation des produits.
Le royaume de Prusse, qui s'étend au travers de l’Allemagne depuis la France jusqu’à la Russie, se divise en deux parties séparées par le Hanovre, la Hesse et le duché de Brunswick. La Prusse rhénane est le principal centre de l’industrie, puis aussi la Westphalie; et il est curieux de suivre sur la Carte le prodigieux mouvement industriel de toutes les contrées allemandes qui avoisinent la France, depuis la Belgique jusqu’à la Suisse. Le grand - duché de Bade, la Bavière et surtout le Wurtemberg, participent,
autant que les provinces rhénanes, à cette activité qui se fait:
sentir encore dans les différents pays de Saxe.
D'un autre côté , le voisinage de la mer du Nord et de la.
Baltique exerce, sur le commerce des États du nord de l’Alle-
magne , une influence non moins marquée ; Berlin, Breslau ,
Stettin ‘et Magdebourg, sont les principaux côtés. L'examen
des produits exposés par les différents États ne peut manquer
de mettre en relief ces différentes causes d'influence. Dans l'Annexe, les matières minérales de la Prusse occupent
une place considérable : les houilles maigres et les cokes de la vallée de Sarrebruck, assez semblables aux produits simi-
laires du centre de la France, sont réunis en collection par les
soins de l'administration rovale des mines avec les houilles: grasses du même bassin, et forment comme une introduction: à la métallurgie du fer, si bien représentée tout auprès. Les
combustibles minéraux d’Essen, près de Dusseldorf, laissent
beaucoup plus à désirer. Presque tous les métaux figurent à
côté de leurs minerais : le plomb, le cuivre, le nickel, l’argent, mais surtout le fer et le zinc se trouvent exposés dans leurs différents états de préparation ; les usines de fer n’ont
oublié ni le combustible ni les fondants, ni aucune des modifi-
1 AE qi cations apportées par la fabrication dans les métaux préparés. ga ll Les minerais de fer et ceux de zinc sont surtout nombreux et 11 - importants : le fer carbonaté des houillères , rencontré vers Ai 4849 sur les rives de la Ruhr, occupe une place distinguée
à côté des anciennes exploitations du pays. Par les ruptures ” ménagées dans les spécimens de fonte , le visiteur distingue
facilement les fontes blanches, les fontes grises.et les fontes 4 truitées : quelques échantillons présentent un caractère la- | melleux très-remarquable.
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| Il serait difficile de citer les plus importants parmi ces | à échantillons nombreux, dont quelques-uns atteignent des dimensions inusitées; nous avons remarqué cependant les fers et les tôles de MM. Stumm frères, ceux de la société anonyme du Phénix, une tôle du poids de 750 kilogr. d’une régularité remarquable, de MM. Jacobi , Haniel et Huyssen ; ainsi que les tôles de quelques fabricants, aussi minces que des feuilles de papier ; aussi M. le comte de Renard distribue-t-il pour adresses de petits carrés de tôle de fer, dont l'épaisseur n’atteint pas trois centièmes de millimètre , et qui lui servent de cartes de visites. Rien de plus élégant que les ornements fabriqués avec les tôles, dans le genre des fers repoussés des xv° et xvr° siècles. |
Le laminage du zinc réalise les mêmes progrès : les feuilles n° 46 et au-dessous, de MM. Ruffer et Cie, de Breslau , sont d’une fabrication tout à fait exceptionnelle, Leurs tôles de. zinc ondulées méritent également une mention particulière. Nous rencontrerons dans la même voie les trois établissements prussiens de la société de la Vieille-Montagne, qui expose également en Belgique, en France et dans le duché de Bade, | |
La fabrication du nickel, dit argent allemand, n’est pas sans importance en Prusse; MM. Herbers, d’Iserlohn, et Kayser, de Naumbourg, en Silésie, préparent ce métal avec une pureté telle qu'il ne contient plus ni arsenic ni soufre.
Les produits les plus remarquables de la métallurgie prussienne sont ceux de M. F. Krupp, dont les aciers fondus avaient déjà fait grande sensation en 4851. Il s’est en quelque sorte surpassé lui-même. Le bloc d’acier fondu de 5000 kilogrammes, plusieurs rouleaux de laminoirs, un canon du calibre de 42, un ressort chargé de 3000 kilogrammes, sont
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tous des objets remarquables, dont la parfaite homogénéité se trouve suffisamment établie par les belles cassures de quelques autres pièces. Les cloches en acier fondu, de la société de Bockum, ont un son magnifique qui n’est que trop attesté pour les oreilles des visiteurs par l'usage exagéré qu'on en fait dans l'Annexe. Les fers-blancs des hauts-fourneaux d'Eintracht méritent aussi d’être mentionnés particulièrement.
Les cuivres laminés de Heckmann , et surtout les appareils évaporatoires pour sucreries, construits dans ses ateliers, sont bien faits pour accompagner les riches minerais de cuivre pyriteux, de cuivre carbonaté et même de cuivre natif qué ronferme cette division de l'exposition prussienne.
Les produits agricoles sont d’un haut intérêt ; ils se composent principalement de laines, de céréales et de lins ; quelques toisons de Silésie, Posnanie et du Brandebourg présentent les plus belles qualités de laines fines.
Dans les arts chimiques, les acides de la distillation des corps gras, les substances préparées pour la teinture de Trommsdorf, les plus beaux peut-être de l'Exposition, les produits divers de l’industrie sucrière sont bien préparés ét d’un bas prix remarquable. Des effets de coloration fort singuliers sont obtenus par quelques gouttes de plusieurs substances distribuées sur divers tissus et étendues en repliant l’étoffe sur elle-même; ces premiers essais du D' Runge sont loin de dire que ce procédé n'ouvrira pas une voie nouvelle dans laquelle M. Jobard avait voulu déjà trouver un moyen d'improvisation pour les tissus industriels. Il va sans dire que quinze Farina se disputent la palme pour la véritable eau de Cologne ; il paraît que cette industrie n’est pas des moins lucratives.
L'exposition prussienne, dans l’Annexe, est complétée par les cuirs, des courroies bien fabriquées , les mêmes objets de cuirs vernis pour l'exportation ; par des amadous formidables qui serviraient au besoin de vêtements, puisqu'on en fait déjà des casquettes, sans doute non incombustibles ; par des papiers de toutes sortes, parmi lesquels il convient de distinguer les papiers non filigranés, en couleur, de MM. Ebart frères, de Berlin, et par toutes sortes d'objets en caoutchouc naturel, vuléanisé ou durci, voire même le buste de l’empereur Na-
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poléon I: à Sainte-Hélène, qui est vraiment d’une exécution très-parfaite; enfin par quelques instruments de précision, les articles de poêlerie et les papiers peints.
Parmi les instruments de précision en verre, les rtiodèlés pour la cristallographie sont intéressants, quoique l’exécution laisse peut-être à désirer; mais le télégraphe de MM. Siemens et Halske attire l'attention générale; on sait que l’un des associés faisait profiter de son appareil la Russie, pendant que l’autre rendait à l’armée alliée le même service.
Nulle part ailleurs la fabrication des appareils de chauffage par le gaz n’est aussi avancée ; les fourneaux et calorifères de M. Elsner, de Berlin, nous montrent les petits foyers à double courant d’air, dans ‘lesquels les gaz mélangés viennent brûler à la surface d’une toile métallique.
En machines, l'exposition prussienne est, sinon complète, du moins intéressante ; ses machines à vapeur, ses locomolives , sa sucrerie à vapeur, ses presses, ses cardes, quelques
machines de la fabrication des draps et des papiers, et un :
métier Jacquart, attestent un mérite d'exécution que l’état d'avancement de son industrie métallurgique ne peut que faire progresser.
Conformément au plan général, les produits des quinze dernières classes sont placés dans le bâtiment principal, et nous y retrouvons tout d’abord les métaux sous toutes les formes ; les outils d’acier, la coutellerie de Henkels et Schmolz, les armes blanches d'Hœller et Eüinenschlok qui sont exportées en grand nombre en Amérique et en Asie; les cuivres estampés pour ornements et houtons; la tréfilerie de fer et de cuivre; les tuyaux sans fin en plomb et en étain; les cuivres
guillochés pour cadres, tabatières et autres emplois; les
aiguilles de toutes sortes, particulièrement celles des fabriques Printz Schleicher et Beissel, à Aix-la-Chapelle ; les articles de sellerie en argent, de Berlin; les coffres-forts de toutes dimensions jusqu’à celle d’un simple registre, surtout ceux de MM. Sommermeyer et Cie; les ustensiles de ménage en fer élamé, les poëles en fonte d’un travail parfait, forment une série non interrompue d'ouvrages en métal, jusqu'aux fontes de Berlin et aux plus beaux ouvrages d’orfévrerie, Des éventails du comte Stolberg qu’on prendrait pour de Ja dentelle, si ce n’était leur rigidité; des couvertures en fonte,
fondues sur des modèles en papier découpé, et presque aussi, délicates, nous montrent ce que nos voisins font et ce que. nous ne pouvons encore faire: |
Les armes de luxe et l’orfévrerie sont représentées par des produits fort estimables, particulièrement comme ciselure, et la galvanoplastie en argent fin ne pourrait revendiquer une œuvre d’un plus beau travail que le bas-relief offert par la ville de Berlin au prince de Prusse, à l’occasion du 25° anniversaire de son mariage.
La fonderie du zinc excelle aussi dans l’exécution des or-
nements de l’habile architecte Diebitsch dans le style de Alhambra , et la statue de bronze damasquinée de Frédéric- Guillaume JT, au centre de la nef, fait le plus grand honneur à l'École des arts et métiers fondée par le célèbre Beuth, dont l'influence , ainsi que celle de l’architecte Schinkel, a exercé une action si considérable sur les destinées industrielles de l'Allemagne : leurs ouvrages se trouvent dans la grande loge aux galeries, ornée de leurs bustes.
Citons encore les poêles en fonte, les dorures sur boïs les plus solides , les boutons les plus variés de Ritzel et de Greeff, pour compléter l’énumération des principaux articles de quincaillerie.
Les tissus prennent une grande part dans l'exposition
prussienne ; on y remarque entre autres les cotonnades imi-
tant les fourrures de différents animaux, de Gladbach ; les velours de laine de Schæller et fils ; de très-beaux velours et
peluches de laine, des velours et des tissus de soie, des tissus légers dans le genre de Mulhouse et de Paris; enfin les draps de toutes sortes dont la collection est aussi complète qu'on puisse le désirer; l'industrie du défilochage est déjà depuis quelque temps acclimatée en Prusse.
Quoique Berlin ait quelques ébénistes habiles , on ne voit point dans son exposition de meubles remarquables, si ce n’est quelques laques de Stobwassen d’une très-belle. exécution; les instruments de musique, en petit nombre, sont venus de Berlin, Breslau, Dantzig, Brunswick, Colosne, Dusseldorff et Werel,
La manufacture royale de porcelaines représente presque seule l’industrie céramique ; mais ses principales pièces, par leurs décorations et leurs peintures, sont d’une perfection très-
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remarquable ; les lithophanies en blaneé et en couleur , qui sont appliquées aux fenêtres de l'escalier sud-ouest, appartiennent au même établissement ; et, parmi les produits plus ordinaires, MM. Villeroy et Boch , qui occupent un des trophées de la nef, ont des biscuits et des poteries fort intéressantes.
Dans les arts de reproduction enfin, nous rencontrons des livres de sciences en grand nombre et d'une très-belle exécution chez MM, Wieweg et Winkelmann ; mais nous avons particulièrement remarqué les chromolithographies de Reimer , de Berlin, et quelques cartes géographiques. Les cartes muettes , exécutées au pinceau sur papier ciré, ouvrent une méthode nouvelle dans l’enseignement de la géographie, en ce qu’elles permettent de tracer à la craie tous les détails omis à dessein, et de les effacer ensuite.
Nous ne dirons rien de la magnifique reliure de l’album donné au prince et à la princesse de Prusse par les provinces du Rhin; les vues les plus pittoresques et les scènes historiques les plus intéressantes de ce beau pays, dues pour la plupart aux principaux peintres de Dusseldorff, sont réunies dans une œuvre d'art, en ivoire et orfévrerie, d’un travail tout à fait remarquable. |
M. le commissaire de la Prusse représente, auprès de la commission impériale, en même temps que le royaume de Prusse, un certain nombre d'États de l’Allemagne : ce sont les duchés d’Anhalt-Déssau et Cœthen, le duché de Brunswick, le royaume de Hanovre, la principauté de Reuss , branche aînée (la principauté de Reuss, branche cadette, a délégué un commissaire spécial), le duché de Saxe-Cobourg, le duché de Saxe-Cobourg-Gotha, la principauté de Lippe et Schaumbourg-Lippe, celle de Schwarzhourg-Rudolstadt, le duché dé Saxe-Meininger, le grand-duché de Mécklembourg et celui de Saxe-Weimar. Les produits de ces différents États allemands sont réunis à ceux de la Prusse et sont d’ailleurs trop peu nombreux pour qu’il soit possible d'entrer dans quelques détails à leur sujet; nous dirons seulement que la fabrication des objets en métal et que l’industrie des lainés ét des draps constituent la partie dominante de ces expositions partielles. Les différents genres d'impression , la galvano-
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plastie, et surtout la fabrication des jouets d'enfants occupent, après ces industries principales, la place la plus importante,