ESCALIER DU PREMIER ETAGE
Des les premières marclies, se présente la double série de «lessins originaux di^ RocHEdnossE donnant les scènes principales du premier et du dernier roman de ^'ietor Hugo : Jlan d' Islande et l' Homme qui rit.
11(111 d'Islande, œuvre de jeunesse du poète, est, on le sait, un grand conte de fées dont le personnage principal est cet Han
d'Islande, espèce de monstre, buveur de sang humain, qui remplit la montagne de Suède de la terreur de ses crimes. Ordener, le capitaine chevaleresque, pour gagner la main de la belle Éthel, poursuit jusque dans ses cavernes le monstre. La grande péripétie du drame est le combat d'Ordener et de Han d'Islande.
« D'un autre bond, il était sur Ordener.... Ses ongles s'enfonçaient dans les épaules du jeune homme; ses genoux noueux pressaient ses hanches, tandis que son affreux visage présentait aux yeux d'Ordener une bouche sanglante et des dents de bête fauve prêtes à le déchirer
C'était quelque chose de plus hideux qu'une liète féroce, de plus
monstrueux qu'un démon Ordener avait chancelé sous l'assaut
du petit homme
11 enlaça le monstre de ses deux bras, puis, saisissant la lame de son sabre par le milieu, il lui appuya perpendiculairement la pointe sur 1 épine du dos. »
Signalons, parmi les dessins de la série, la Morgue, et surtout la Marche des mineurs révoltés.
Han d'Islande est un monstre ouvrage de la nature, V Homme qui rit est un monstre fait de la main des hommes. Des voleurs d'enfants ont imprimé par des mutilations sur ce visage son rire grotesque et tragique.
« Deux yeux pareils à des jours de souffrance. Un hiatus pour bouche, une protubérance camuse avec deux trous qui étaient les narines. Pour face un écrasement, et tou-t cela ayant pour résultante le rire. Il est certain que la nature ne produit pas toute seule de tels chefs-d'œuvre. Et pourtant il ne riait pas. Sa face riait sa pensée, non. »
Dans sa course à travers la nuit, le malheureux, abandonné sur le rivage par ses voleurs, a recueilli une petite aveugle, Dea, et a reçu l'hospitalité dans la cahute d'Ursus, un cœur excellent, dont le seul ami, Homo, est un loup. Des papiers révèlent la naissance de l'infortuné. Il est le fils et l'héritier de lord Clancharlie, il est réintégré dans ses titres et prend place à la chambre des Lords.
Signalons les dessins : Ursus et Homo, les Enfants endormis, et 1 Homme qui rit (Gwynplaine) à la Chambre des Lords.
Sur le palier du rez-de-chaussée au premier, deux grandes compositions de Louis Boulanger, un des amis les plus intimes de Victor Hugo :
La Charrette du condamné.
« Et la charrette allait, allait, et les boutiques passaient et les enseignes se succédaient peintes, dorées, et la population riait et trépignait dans la boue. »
[Le Dernier jour d'im condamné . )
La Cour des Miracles.
« C'était comme un nouveau monde inconnu, inouï, difforme, reptile, fourmillant, fantastique. »
[Notre-Dame de Paris.)
Puis de droite à gauche
A Canaris, de RocnEGROssE.
Il te reste, ô mon Grec, la douceur d'entrevoir Tantôt un fronton blanc dans les brumes du soir, Tantôt, sur le sentier qui près des monts chemine, Une femme de Thèbe ou bien de Salamine, Paysanne à l'œil fier qui va vendre ses blés Et pique gravement deux grands bœufs accouplés, Assise sur un char d'homérique origine, Gomme l'antique Isis des bas-reliefs d'Egine.
[Les Chants du Crépuscule.^
Petit Paul, de Geoffroy. — Petit Paul est orphelin, recueilli par le grand-père.
Oh! comme ce couchant adorait celte aurore!
Le grand-père mourut. Petit Paul n'avait que lui seul au monde, car son père vivait avec une autre femme, et, détesté par elle, il avait couru au ciuietière.
11 sentait là quelqu'un pouvant le secourir. Il avait appelé dans l'ombre solitaire Longtemps ; puis il était tombé mort sur la terre A quelques pas du vieux grand-père, son ami; N'avant pu l'éveiller, il s'était endormi.
[La Légende des Siècles.)
Les tours de Notre-Dame, de Ciiiiflaut. — La Ksmerahla est tlaiis la lugetlc tle Nolrc-Danie. gardée par Quasimodo. Les truands s'inquiètent de nr plus la voir et ne la croient pas à 1 abri dans la cathédrale. Ils veulent 1 en arracher. Une nuit, toute la Cour des Miracles vient assiéger Notre-Dame. Mais
Quasiniodo, craio-nant qu'on ue vînt la lui ravir, jetait des moellons sur cette foule.
« Il lourut chercher un fagot dans son bouge de sonneur, posa sur ce lagot force bottes de lattes et force rouleaux de plomb, munitions dont il n'avait pas encore usé, et, ayant bien disposé ce bûcher devant le trou des deux gouttières, il y mit le feu avec sa lanterne Deux jets de plomb fondu tombaient du haut de l'cdifne
au plus épais de la cohue. »
(^Notre-Dame de Paris.)
Cosette balayant, d'ÉMiLE Bavard. — C'est la petite Cosette, la lîUe de Fantine, en pension chez les Thénardier, les aubergistes de Montfernieil, et exploitée par eux.
« C'était une chose navrante de voir, l'hiver, la pauvre enfant, qui n'avait pas encore six ans, grelottant sous de vieilles loques de toile trouées, balayant la rue avant le jour avec un énorme balai dans ses petites mains rouges et une larme dans ses grands yeux. >>
[Les Misérables.)
Barrabas, par Rochegrosse.
Une langue de flamme au-dessus de sa tête Brillait et volait comme en un vent de tempête, Et Barrabas debout, transfiguré, tremblant, Terrible, cria...
(La Fin de Satan.)