III. — Second royaume de Bourgogne
Dynastie Rodolphienne (888-1032). Souveraineté impériale dès 1032. Monnayage épiscopal.
La dynastie rodolphienne fut fondée lors du démembrement de l’empire carolingien et ne comprit que quatre souverains, issus les uns des autres, dont aucun, semble-t-il, n’a frappé monnaie à Genève.
V 3. Tiers de sol d’or du roi Clotaire, frappé à Genève.
V 4. — Tiers de sol d’or, frappé à Genève par un monnayeur.
C’est sous le dernier roi de cette dynastie, Rodolphe III, que l’on voit apparaître les premières monnaies des princesévêques de Genève, frappées au type des deniers de l’abbaye de Saint-Maurice, en Valais.
Ce monnayage semble commencer vers le début du xie siècle, sous l’épiscopat de Conrad et sous celui d’Adalgodus.
N° 5. — Denier de Conrad, évêque de Genève.
N° 6. - Obole d’ \dalgodus, évêque de Genève.
Ces rares monnaies portent au droit la légende GEÏVE^ V CI VIT A S avec le temple, puis au revers le nom de l’évêque avec la croix cantonnée de quatre points.
L’évêque suivant, Frédéric (environ 1032-1073), est le dernier qui ait signé ses monnaies, dont la croix est libre.
N° 7. — Denier an nom de Frédéric, évêque de Genève.
Plus tard, on trouve des deniers anonymes au nom de saint Maurice, avec le portrait du saint, au droit, puis au revers, le nom de la ville et une croix cantonnée de quatre points.
Case N° 79.
N° 8. - Denier anonyme de Guy de Faucigny.
Plus tard encore, le nom de saint Pierre, patron de l’église de Genève, remplace celui de saint Maurice.
Avec Humbert de Grammont, on assiste à une véritable restauration du type monétaire, soit comme titre, soit comme style.
\° 9. — Denier anonyme de Humbert de Grammont.
V la fin du xne siècle, le type de la J monnaie épiscopale se modifie de nouveau. Le revers du denier présente une croix cantonnée de deux S ( Sanctissima Sedes, siège très saint).
Case N° 83.
V 10. — Denier anonyme du xn® siècle.
Ce nouveau type ne paraît pas avoir duré longtemps; il fut remplacé par une croix cantonnée d’un S et d'un besant.
V 11. — Denier anonyme du commencement du xitt® siècle.
Vinsi constitué, le type du denier genevois s’immobilisa pendant environ deux siècles, tout en subissant de visibles altérations.
Ce fut alors que prit fin l’ancien monnayage épiscopal genevois.
IV. — Atelier monétaire savoyard de la « Croix de Cornavin ».
La maison de Savoie, qui depuis longtemps désirait posséder Genève, pensa bien faire en établissant un atelier monétaire, en 1448, aux portes mêmes de cette ville et sur terre de Savoie.
Le duc Amédée \ lll venait d’abdiquer en faveur de son fils Louis et il s’étail retiré au château de Ripaille, d’où le Concile de Bâle l’appela, en 1439, pour le revêtir de la tiare pontificale, sous le nom de Félix Y. Dix ans plus tard, François de Mez, évêque de Genève, étant mort, Félix Y renonça au pouvoir suprême et se déclara administrateur de l’évêché de Genève.
N° 13. — Ducat de Louis, duc de Savoie, frappé à Cornavin.
\° 12. Denier anonyme du xive siècle.
Case N° 87.
Case N° 91 .
N° 14. Teston de Charles Ier, duc de Savoie, frappé à Cornavin.
En s’abstenant de battre des monnaies épiscopales et en favorisant dans Genève l’introduction du numéraire de Savoie, Amédée donnait ainsi le change, en s’attribuant en apparence un des signes les plus tangibles de la souveraineté.
L’atelier de la Croix de Cornavin fut fermé en 1532.