SI
torité religieuse, leurs instituteurs, leurs Inspecteurs.
Réponse. — Oui, c’est bien ce que j’ai dit.
Question. — Les irlandais et écossais catholiques avaient leurs écoles en anglais et les canadiens-français avaient les leurs en français, mais on y apprenait bien l’anglais ?
Réponse. — Oui, c’est bien cela.
Question. — En 1890 le gouvernement G-reenway a pris l’argent des parents catholiques pour des écoles où le pape leur défend d’envoyer leurs enfants ?
Réponse. — Yous avez compris.
Question. —En a-t-il pris beaucoup de cet argent ?
Réponse. — Monsieur l’abbé A. A. Cherrier. curé de l’immaculé Conception à Winnipeg, dans ses remarquables lettres qui ont créé tant de sensation dans les cercles politiques, dit que le chiffre est d’environ $200.000.00 (deux cent mille piastres). Ce n’est pas une bagatelle, comme vous voyez, deux cent mille piastres arrachées aux catholiques pour les écoles protestantes.
Question. — Yous nous avez dit que le professeur catholique promis par le règlement quand il y aura une assistance moyenne de
catholiques de 25 à la campagne et de 40 dans les villes, devra se conduire, vis-à-vis des élèves, pendant cinq heures et demie comme s’il ne croyait pas en Dieu ?
Réponse. — C’est exactement cela.
Question. — Il ne pourra pas faire le signe de la croix, ni faire apprendre aux élèves le
Je vous salue, Marie ” dans leur livre ?
Réponse. — Certainement non.
Question. — Vous nous avez dit que nonseulement monseigneur Langevin, mais aussi que les autres évêques ne pouvaient pas en conscience approuver ce règlement ?
Réponse. — Je vous ai cité les paroles de monseigneur L. N. Bégin, de Québec, les voici : “ Aucun évêque ne veut ni ne peut approuver ce règlement.
Question. — Alors ceux qui sont catholiques sont tenus de désapprouver ce règlement ?
Réponse. — Très certainement.
Question. — Yous nous avez dit que la Reine d’Angleterre ne nous forçait pas d’aller aux écoles sans Dieu ?
Réponse. — Bien plus que cela, j’ai dit que par la décision de son conseil, qu’elle a signée elle-même, elle dit qu’on a fait des injustices aux catholiques du Manitoba, elle dit que le
parlement fédéral, non-seulement peut, mais doit faire cesser ces injustices.
Question. — Mais alors pourquoi ces torts ne sont-ils pas réparés, puisque Notre Saint Père le Pape et notre Souveraine sont d’accord ?
Réponse. — Parce que Mr. Green way ne veut pas.
Quostion. — Cet homme est donc bien fort ?
Réponse. — Non, c’est la faiblesse de la majorité de deux millions de catholiques qu’il outrage, qui fait sa force.
(Grand Dieu ! est-ce possible ?)
Question. — Yous nous avez dit que la reine avait promis à nos frères des prairies que leur langue française serait respectée dans les cours de justice, ainsi qu’au parlement, dont les débats devaient être publiés en français ?
Réponse. — Je l’ai dit et c’est vrai, très vrai.
Question.— - Quel est celui qui les a privés d’un droit si cher ?
Réponse.— C’est encore Mr. Green way qui veut que les huissiers aillent porter la sommation d’un juge dans un document anglais à un Canadien qui ne parle que français et
qui ne pourra pas lire les débats de la chambre.
Question. — Mais les Canadiens-Français n’ont-ils pas été les premiers à habiter ce pays ?
Réponse. — Oui, les premiers représentants de la race blanche.
Question. — Et maintenant leurs écoles ne seront plus françaises ?
Réponse. — Non ; elles ne seront plus françaises, elles seront des écoles auglaises où l’on enseignera un peu le français.
Question. — Est-ce pour cela que tous ceux qui détestent tant les Canadiens-Français trépignent de bonheur ?
Réponse. — C’est une des deux causes de leur joie ; l’autre est l’écrasement de l’église catholique. Un évêque n’avoir plus le droit de par la loi d’enlever des mains des enfants de l’église de Jésus-Christ, des livres d’où le nom de Jésus-Christ sera banni ! Quel triomphe pour l’école de Dalton McCarthy, des Francs-Maçons et de Chiniquy ! ! !
Question. — Mais alors, pourquoi tous les canadiens-français, et tous les catholiques ne sont-ils pas du même avis ?
Réponse.— Plus tard, lorsque la fièvre poli-
tique sera apaisée, et que les intérêts personnels seront disparus, l’histoire jugera, et tous alors seront du même avis en consultant les documents de ce temps-ci. Il n’y a plus maintenant deux opinions sur les Irlandais qui ont voté l’union de l’Irlande à l’Angleterre en 1801. Il y en avait alors. Il y avait au temps d’O’Connell (ce provocateur de la haine anglaise) deux opinions, il n’y en a plus qu’une aujourd’hui. Ne craignez rien, amis lecteurs, si l’on enterre les politiqueurs, on n’enterre pas la justice.
Question. — Maintenant que les choses en sont ainsi, que désirez-vous que nous fassions ?
Réponse. — Deux choses : Nous ranger tous sous un même drapeau sur lequel seront écrits ces mots : “ Que justice soit rendue aux Canadiens-français et aux catholiques du Manitoba, comme elle l’est aux protestants de la province de Québec.” Dans les larges plis de ce drapeau pourront venir s’abriter tous les protestants de la province de Québec, qu’ils soient en politique, libéraux ou conservateurs, tous les catholiques de toutes les provinces de la Confédération, et, soyons-en sûrs, un bon nombre d’anglais de ces pro-
vinces. Avec une telle divise, il y aura l’union des meilleures forces de la nation et nous vaincrons : on n’enterre pas la justice.
Deuxièment : faire un sacrifice pécuniaire en faveur de nos martyrs de la cause sacrée des écoles catholiques, ils sont nos frères par le sang et la religion.
Répétons à monseigneur Langevin ce que les élèves du collège de Montréal lui ont dit l’autre jour en lui présentant leur offrande :
Reçois cet or. Bientôt reprenant ton chemin,
* Tu pourras, moins navré, d’un sombre lendemain,
En portant aux enfants le pain de tes paroles,
Mettre des crucifix aux murs de leurs écoles.