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ainsi reçues, dont plus de 7o ont fait abjuration, et dont d’autres, transformées par la grâce, se sont mises au rang des Madeleines. Deux nouvelles maisons, l’une à Ottawa, l’autre à New-York, ont été successivement fondées. Dans cette dernière maison plus de mille personnes ont été reçues et rendues à la vertu.”’*
Nous allons raconter maintenant l’histoire de la maison d'Ottawa.
La maison des clercs séculiers de Saint-Jean, fondée par le Rév. M. Porcile, curé de Saint-Jean Baptiste, sur le Richmond road, et bénite par Monseigneur le 12 mai 1875, ne tarda point, comme nous l’avons dit ailleurs, à tomber en déconfiture. Cette propriété de $20,000 non payées, devint donc vacante et à la disposition d’une nouvelle communauté. C’est là que s'installa, 19 mai 1879, un essaim des sœurs de la Miséricorde de Montréal. Elles étaient déjà connues avantageusement par les autorités ecclésiastiques qui avaient, maintes fois, eu recours à leur charité en faveur de plusieurs personnes pauvres et abandonnées. Voici les noms des sœurs fondatrices :
Sœur Sainte-Anne, assistante générale, remplacée le 18 août suivant, par la sœur Saint-Stanislas, en qualité de supérieure.
Sœurs : Saint-Olivier, Marie de l'Enfant Jésus, Saint-Camille, Saint-Célestin, Sainte-Thaïs.
La maison, à peine ouverte, ne tarda point à prospérer. En 1882 il fallut songer à construire une aïle nouüvelle da prix de $12,000. En 1883 onfit l’acquisition d’un lot voisin sur la rue Maple, $1,700. En 1893, on éleva d’un étage la toiture de la partie est de l’établissement, ce qui coûta $3,150, et enfin en 1895, on dut procéder à diverses améliorations qui occasionnèrent une nouvelle dépense de $1,670, somme considérables pour une com-
munauté pauvre, presque toutes additionnées, elles forment un total de $38.520.
La maison a été incorporée par la législature d’Ontario en janvier 1887. Le 3 juillet 1890, fut commencée la belle œuvre de préservation des madelaines.
* Notice sur l'institut des sœurs de la Miséricorde,
Les sœurs de la miséricordes ont eu plusieurs chapelains ; d'abord les RR. MM. Sauvé et Croteau, curé de Saint-Jean- Baptiste, puis MM. J. Charlebois, janvier 1883-1884 ; T. Allard, 2 février 1884-30 août 189r et J. L. M. Lévesque, 12 septembre 1891-5 août 1892.
Après le départ de M. Lévesque les révérends Pères dominicains de Saint-Jean-Baptiste, ont bien voulu se charger de cette communanté qui se trouve dans leur paroisse. (Comme tout hôpital bien tenu, la miséricorde a plusieurs docteurs catholiques et protestants ; voici leurs noms: docteurs F. X. Valade; E. Malloch ; H. Hill; L. C. Provost ; A. Trude! ; H. P. Wright et L. N. Mongenais.
Parmi tous ces messieurs qui rivalisent de dévouement et de générosité, il convient de faire mention toute particulière des docteurs Valade et Trudel qui ont visité régulièrement l’établissement pendant un grand nombre d’années.
De 1879 à 1805, il s’est fait à la miséricorde 2290 baptêmes d'enfants et 73 abjurations ; le nombre des patientes est en moyenne de 200 par année dont un bon tiers sont protestantes. Les enfants sont en général portés à l'asile de Bethléem.
La communauté se compose actuellement de dix religieuses, de deux madeleines, de seize préservées, de quatre malades et de trente pénitentes qui se sont données à la maison.
I! convient en terminant cette notice de faire une réflexion.
Il n’est point rare d'entendre des protestants et même des catholiques parler mal d'établissements du genre de celui dont nous faisons ici l’histoire et de se scandaliser de ce qu'ils appellent un encouragement à la débauche. Leur scandale, s’il n'avait l’ignorance pour excuse, mériterait d’être taxée de pharisaïsme, car on devrait savoir que l'église est fort sévère en matière de pureté, et que c’est même pour avoir résisté aux passions lubriques d’un Henri VIII, qu’elle a perdu le royaume d'Angleterre ; seulement, quand une pauvre fille est tombée et que le monde qui l'a corrompue se détourne d'elle avec mépris, l’église, dont elle s'était éloignée, se souvient alors qu'elle est sa mère, et trouve le moyen de l’arracher au déshonneur et souvent même à la mort.
Val, p.12