‹ Visite pastorale de Mgr. J. Thomas Duhamel dans le haut de l'Ottawa [microforme]Chapitre 115 sur 348 · LA VILLE · texte numérisé non relu

LA VILLE

La ville d'Ottawa a fait dans ces dernières années d'immenses progrès, et l'on peut dire qu'elle commence à se montrer digne de son titre de capitale. Sans doute elle n’est pas destinée à atteindre le développement commercial de Montréal et de Toronto; les capitales américaines ne nourrissent point de telles ambitions, mais ne pouvant devenir le New-York du Canada, Ottawa compte bien en devenir le Washington.

Le plateau appelé Sandy ÆZill (la côte de Sable) concessions primitives du colonel By et de Théodore Besserer, est devenu un

quartier de belles résidences, où le commerce ne s’installera jamais car sa position isolée ne saurait le rendre central. Il est ombragé de beaux arbres. Les rues en sont larges. C’est là que se trouvent l'Université Saint-Joseph, les paroisses de Saint- Joseph et du Sacré-Cœur, le Juniorat des Pères oblats, la maison ou académie des sœurs-grises, et bientôt le grand monastère du Précieux Sang, aux approches de la rivière Rideau. Cet ensemble est superbe et l'élément catholique y brille autant, pour le moins, que partout ailleurs dans la capitale. C’est un quartier nouveau et de grandes promesses.

La basse-ville reste toujours pauvre et mal bâtie. Elle se relèvera avec le temps. Son malheur vient de ce qu'elle a été je noyau de la ville.

L'histoire se répète ici.

Dans la ‘‘haute-ville” s'élève une nouvelle cité spacieuse, ombragée, peuplée de cottages et de chalets. (C’est un quartier élégant avec lequel rivalise le Sandy Æxll.

Ottawa devient un centre de chemins de fers. Le Pacifique Canadien la traverse et l’unit par deux lignes à Montréal; le Canada Atlantique conduit également à Montréal, tandis que le Parry Sound lui apporte le grain des grand lacs qu’il va chercher à la baie Georgienne ; une branche du Pacifique Canadien l’unit à Prescott sur le Saint-Laurent, uneautre à Brockville et à Toronto, une troisième forme la grande voie transcontinentale qui conduit à Winnipeg et à Vancouver. Le chemin de fer de la Gatineau et celui de Pontiac aboutissent également à la capitale. Enfin une ligne directe d'Ottawa à New-York, passant par Cornwall est commencée.

D'un autre côté, les bâteaux, pendant la belie saison, font un service régulier sur le canal Rideau et sur l’Ottawa, à la grande joie des touristes et des promeneurs ; et l'on étudie, plus sérieusement que jamais, les projets de canaliser l'Ottawa supérieur et d'unir ainsi, par une voie d'eau ininterrompue, les grands lacs avec l'océan. Un nouveau pont de Hull à la pointe Nepean va, paraitil, être construit sous peu de mois.

Dans la ville, les rues larges et droites sont sillonnées par un magnifique réseau de tramways électriques qui n’a pas son pareil aux Etats-Unis. Ottawa est la ville de l'électricité, ses chutes des Chaudières lui donnent des pouvoirs inépuisables ; ses tramways s'étendent déjà jusqu’à Aylmer, et rayonneront sans doute tout autour de la ville, avant peu. Tous les jours, des monumerts s'élèvent au centre de la capitale, que l’on ne reconnaît plus après une absence de quelques années.

Nous donnons ici le tableau du recensement officiel d'Ottawa pour 18g1.

Canadiens- Irlandais Total Pers Population.

français. catholiques. catholiques. Protestants. totale. 12,790 8,399 21,189 16,080 37269.

Ces chiffres ne repondent plus à la réalité. L'on prétend qu’en 1896 la population de la ville s'élevait à 50,000 habitants, ce qui, joint aux 12,000 âmes de la ville de Hull, de l’autre côté de la rivière, formerait une très respectable agglomération.

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