‹ Visite pastorale de Mgr. J. Thomas Duhamel dans le haut de l'Ottawa [microforme]Chapitre 124 sur 348 · SAINT-BERNARD DE FOURNIER · texte numérisé non relu

SAINT-BERNARD DE FOURNIER

En punition de ses dissensions, pendant trois longues années, du 20 août 1882 au 29 septembre 1885, la paroisse de Saint- Bernard de Fournier resta sans curé résidant, à l'état de simple mission de sa rivale Saint-Isidore. Ce fut pour les fidèles une dure mais salutaire épreuve.

M. Lecourt, curé de Saint-Isidore, parvint enfin, tant bien que mal, à calmer un peu les esprits, et le 6 juillet 1885, Mgr. Duhamel, vint en personne bénir la première pierre de l’église si longtemps désirée.

Pour consoler et encourager la paroisse l’archevêque d'Ottawa jugea alors qu'il était temps de lui rendre un prêtre. Ce fut le curé de Cyrville, M. G. H. Magnan (29 septembre 1885.) Les travaux de l’église furent poussés avec vigueur, si bien que, le 9 décembre 1886, M. Magnan délégué par Monseigneur, put la bénir et la livrer au culte. Elle était pourtant loin d’être terminée, à l’intérieur.

L'église de Fournier est une vaste et haute construction en pierre, de cent vingt pieds de long sur cinquante-cinq de large ; les architectes furent MM. Roy et Poitras de Montréal, et les entrepreneurs MM. Martineau et Fauteux. Elle a coûté déjà quinze mille piastres, et lorsqu'elle sera complètement achevée, ce à quoi l’on travaille actuellement, on pourra la compter parmi les plus belles du diocèse.

M. Magnan ne jouit pas longtemps de son succès ; il fut enlevé le 2 juillet 1888, par une mort subite à l'affection de ses paroissiens, quelques jours avant la visite de son archevêque, qui joignit ses regrets d’une perte si soudaine à ceux de tous les fidèles.

Pendant les trois mois qui suivirent la mort de M. Magnan, Saint-Bernard fut desservi successivement par les Pères Guillet et Dontenville, oblats et par M. Talbot, ancien curé de Casselman. Enfin, le 28 septembre 1888, le Rév. M. Dacier, curé de Saint- Malachie, vint prendre possession de ce poste qu’il occupe encore aujourd'hui.

Le presbytère, l’un des plus misérables du diocèse, étant absolument inconvenant, on s'occupe actuellement d'en bâtir un autre, digne de cette grande et pieuse paroisse, en même temps que l'on termine l'intérieur de l'église.

M. Dacier a eu un vicaire ou desservant, M. George Montreuil, prêtre du diocèse de Saint-Boniface, qui le remplaça à

partir du 27 octobre 1891, pendant la saison d'hiver qu'il passa, pour cause de santé, dans l'île de Trinidad,

Un grand nombre de missions ont été prêchées à Fournierville ; en voici la liste :

Juillet 1865, par le Père Lagier, oblat.

Décembre 1875, par le Père Pallier, oblat,

Juin 1879, par le Père Barber, oblat.

Octobre 1881, par le Père Jutteau, des frères prêcheurs. Décembre 1886, par le Père McCarthy.

Janvier 1888, par les Pères Mussely et Caron, rédemptoristes. Février 1890, par les Pères Savard et Caron, rédemptoristes. Février 1893, par le Père Alexis, capucin.

La paroisse possède quatre écoles catholiques : l’école de la 10e concession d'Alfred, fondée le 31 décembre 1887 ; celles de la 5e et de la 7e concession de Calédonia, fondées respectivement les 31 décembre 1882 et 1891 ; celle de la 2e concession de Plantagenet, établie le 31 décembre 1892.

Saint-Bernard de Fournierville compte aujourd’hui deux cent quatre-vingt-douze familles catholiques, dont quarante-six seulement de langue anglaise.

Page 1