LE SACRÉ-CŒUR DU BROOK
Comme nous l'avons déjà dit, la paroisse du Brook est un démembrement de Clarence-Creek. La première fois que l’histoire a fait mention de cette 1inission fut !& 14 juillet 1876, lorsque les gens de la partie sud du canton demandèrent à fonder une paroisse séparée.
Mgr. Duhamel, les trouvant encore trop faibles, renvoya leur requête à plus tard. Deux ans après, le 9 juillet 1878, l'évêque d'Ottawa cédant à leurs instances, leur promit, s'ils souscrivaient la somme nécessaire à la construction de l’église, de leur envoyer un délégué qui ferait le choix du site convenable. Les choses se firent comme l'évêque le désirait, et Mgr. Duhamel détacha de Clarence les concessions appelées à former la paroisse du Brook. Le 9 septembre 1882, monseigneur eh éiargit encore le territoire, comme l'indique les lignes suivantes, extraites de l'acte de visite épiscopale à Ciarence-Creek :
‘ Nous avons ajouté à la nouvelle paroisse du Brook, dont nons avons déjà fait conriaître les limites, les lots n° 16, dans toutes les concessions du centre de Clarence, moins ceux des trois premières concessions. Tous les catholiques de la nouvelle paroisse ont semblé accepter avec soumission tout ce que nous avons dit à l'assemblée que nous avons tenue, ce jour, dans la sacristie, après les exercices de la visite, et nous ont paru avoir la même confiance que nous, de faire les exercices de la prochaine visite épiscopale dans la chapelle qu'ils doivent se mettre en frais de bâtir.”
C'est ainsi que la paroisse du Brook contient, aujourd'hui, un tiers, environ, du territoire du canton.
Les gens du Brook ne commencèrent, toutefois, leur chapelle, qu'en juin 1885. Un mois plus tard (17 juillet 1885) Mgr. Duhamel, en cours de tournée pastorale, alla visiter les travaux, encouragea les catholiques, et leur promit un curé. Voici en quels termes il leur parlait dans son acte de visite à Clarence, le 18 juillet 1885 :
‘‘ La nouvelle paroisse a commencé à construire une maison qui servira de presbytère et de chapelle, en attendant qu’une
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église soit bâtie. Nous avons raison de croire que les paroïissiens continueront à faire les sacrifices que nécessite un premier établissement religieux.”
Quatre jours plus tard, M. G. Talbot, ancien prêtre du dio-
-cèse de Québec, venait s'établir au Brook, en qualité de premier
curé de la paroisse (22 juillet 1885).
L'année suivante, dans le même mois de juillet, monseigneur bénit la cloche de la chapelle.
M. Talbot, curé de Casselman, quitta le Brook le 28 septembre 1886, et fut remplacé, le lendemain, par un jeune prêtre du diocèse, M. Anthime Constantineau. Celui-ci s’occupa aussitôt d'élever à la place de la chapelle devenue insuffisante, un temple définitif, Dans sa visite pastorale du 13 juillet 1888, Mgr. Duhamel, sur la demande de M. Constantineau, qui avait préparé les esprits, convoqua une assemblée de paroisse, à l’effet d'examiner s’il était expédient de construire une église. L’urgence était évidente, et si évidente, qu’il fut décidé par un vote unanime de commencer sans délai les constructions. Les travaux furent donc poussés en conséquence et avec une telle ardeur que, à l'automne de l’année suivante, l’église fut bénite. Voici d’ailleurs l’acte de bénédiction que nous reproduisons, à cause des détails qu’il renferme :
‘# Le 24 octobre 1889, nous avons bénit la nouvelle église du Sacré-Cœur de Jésus du Brook, au milieu d’un grand concours de peuple et de prêtres qui ont signé avec nous.
‘ Cette église, dont les plans ont été donnés par M. Victor Roy, architecte de Montréal, a cent dix pieds de long et cinquante-neuf de large. Les travaux ont été exécutés par Philias Boileau et frères, de l'île Bizard, au prix de neuf mille cinq cents piastres. Signé : t J. Thomas, archrvêque d'Ottawa, MM. Lombard, Francœur, Croteau, Larose, Dacier, Constantineau, curé.”
Ajoutons, pour être complets, que l’église était en briques.
Le chemin de croix fut érigé peu après (4 novembre 1859) par le Père Lamontagne, rédemptoriste,
Lorsque la nouvelle église fut ouverte au culte, : l’ancienne
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chapelle fut convertie en école séparée et M. Constantineau, n'ayant point de presbytère, s'établit dans une maison de location.
Ce prêtre quitta la paroisse du Brook le 26 septembre 1890 ; il eut pour successeur le curé de Saint-Isidore, M. Charles La- Kose.
Le 6 juillet 1894, Mgr. Duhamel, sur la demande des syndics de la paroïsse, donna l'autorisation nécessaire pour qu’on bâtit un presbytère. Le contrat en fut passé avec Philias Labelle, entrepreneur habitant le lieu, pour la somme de deux mille trois cents piastres. C’est une maison en bois, lambrissée de briques, en tout fort convenable.
Le Brook compte deux associations ou confréries : L'Union de prières, fondée en novembre 1884.
Les dames de Sainte-Anne, (17 janvier 1887).
Deux missions y ont été prêchées : la première, par les PP. Lamontagne et Bankaert, rédemptoristes, (3 novembre 1889) ; la seconde, par le Père Alexis, capucin (16 octobre 1892).
On compte également dans la paroisse une école séparée, fondée en mars 1890. Le Brook renferme actuellement 214 familles catholiques dont neut de langue anglaise. La f t vive ; malheureusement, l'esprit de division qui y règne depuis quelques années, ternit la réputation de cette petite paroisse.