SAINT-PAUL D'AYLMER
depuis le 26 novembre 1877 jusqu’au 3 octobre 1885. Il fit, du 21 décembre 1882 au 22 juin 1883, un grand voyage en France, pendant lequel le Rév. B. C. O’Hara le remplaça en qualité de desservant. Plus tard, M. E. Saint-Paul lui fut donné pour vicaire (22 février au 2 août 1885).
Nous avons peu de chose à dire sur Aylmer à cette époque. En juillet 1884, Mgr. Duhamel commanda qu'on construisit un clncher à l’église et qu'on fit des joints aux murailles.
Lorsque M. Agnel eut été nommé curé de Saint-Thomas de Lefaivre, l'évêque d'Ottawa lui donna pour successeur à Aylmer, le 4 octobre 1885, un prêtre de Montréal, M. Phil. Beauchamp.
M. Beauchamp, administrateur émérite, comprit, dès l’abord, que sa tâche à Aylmer n'était point de réparer et de terminer l'église actuelle, devenue trop étroite pour la population croissante du village, mais de faire des économies en vue de la construction d'un temple plus vaste et plus digne de la paroisse.
En 1891, un événement vint lui donner raison, et hâter l’exécution de son plan. L’'incendie prit dans l'église et en dévora tout l'intérieur. L'assurance de quelques miliers de piastres qu'on en tira, détermina M. Beauchamp à entreprendre immédiatement les travaux d'un nouvel édifice. Il ne lui était point réservé, néanmoins, de mener à bonne fin cette entreprise. Des esprits timides et inquiets s’effrayèrent de ce qu’ils appelaient son audace, et insistèrent pour qu'on relevât les ruines de l’ancienne église.
Sur ces entrefaite:, la cure de Sainte-Anne d'Ottawa étant venu à vaquer, M. Beauchamp fut nommé à ce peste. Il eut pour successeur à Aylmer, le Rév. M. A, Labelle, curé de Grenville, le 12 octobre 1892.
M. Labelle parvint, en quelques jours, à se concilier si bien les esprits que tout le monde l'approuva lorsqu'il reprit le projet de bâtir une nouvelle église.
Cette église, en pierres bosselées, d’une longueur de cent soixante pieds sur une largeur de soixante-cinq, fut construite sur les plans des architectes Roy et Gauthier, de Montréal, par l'entrepreneur Fauteux, au prix d’une trentaine de mille piastres. Commencée au printemps de 1893, elle fut solennellement bénite le 11 octobre 18094 par Mgr. l'archevêque d'Ottawa. Mgr. Fabre, archevêque de Montréal chanta la messe. Une soixantaine de prêtres, tant séculiers que réguliers, assistaient À la cérémonie. Deux sermons furent donnés, l’un par le Rév. Père Devlin, jésuite, l’autre par le Rév. Père Alexis, capucin.
A l'issue de la messe, deux adresses furent lues à Sa Grandeur l’une en français, par le notaire Dumouchel, l’autre en anglais par M. Chas. Devlin, M.P.
La nouvelle église à laquelle il manque encore une sacristie est assurément un des plus nobles édifices du diocèse.
Le curé d’Aylmer disait la messe, depuis 1885, une fois tous les quinze jours, à la mission d'Eardley. M. Beauchamp se faisait alors remplacer, à Ayimer, par un des Pères du collège d'Ottawa. M. Labelle a eu plusieurs vicaires : MM. Lortie, du 25 novembre 1892 au 7 décembre 1893, et Brunette du 2 décembre 1894 au 8 juin 1895. Les Pères capucins d'Ottawa vont régulièrement à à Aylmer, tous les quinze jours ou tous les dimanches, selon les besoins. Le 10 juin 1896, M. J. A. Pelletier a été nommé vicaire d'Ayilmer., Il a été chargé, le 29 septembre 1806, de la paroisse d'Eardley, et remplacé à Aylmer par M. J. A. Carrière,
Aujourd'hui et depuis le mois d'août 1895, la mission d'Eardley possède un curé résidant, La nouvelle église d'Aylmer est construite sur les ruines de l’ancienne, Aussi, a-t-on été obligé depuis l'incendie de 1891 jusqu'à la bénédiction du nouveau temple
(octobre 1894) de dire la messe et de célébrer les offices dans la grande salle de l’étage supérieur de l’école.
Plusieurs missions ont été données dans cette paroisse ; nous ne connaissons que les suivantes :
En 1891, retraite en anglais par le Rév. Père O’Dwyer, oblat.
En 1892, en français par le Rév. Père Alexis, capucin.
En 1893, en anglais par le Rév. Père O’Brien, jésuite.
En 1894, en français par les RR. PP. Léonard et Alexis, cäpucins.
En 1895, en anglais par les RR. PP. Doherty et Devlin, jàäsuites.
La paroisse d'Aylmer compte aujourd’hui environ trois cents familles catholiques dont quatre-vingts au moulin des Chênes. Une centaine sont de langue anglaise. C’est une des plus belles et des plus anciennes paroisse du diocèse.
Une conférence de Saint-Vincent de Paul a été établie.
Le 11 octobre 1896, deux cérémonies imposantes eurent lieu à Aylmer : la bénédiction du chemin de la croix et de la statue de saint Antoine de Padoue. Le Rév. Père Alexis donna les sermons de circonstance. Le chemin de croix qui a coûté $300 est un don de M. Joseph Bourgeault. La statue est également un présent d'un jeune homme. Puisque nous parlons de présents, il convient de réparer ici une fâcheuse omission sur ce sujet. La paroisse d'Aylmer mérite d'être notée entre toutes pour la générosité de ses habitants. C'est ainsi qu'à l’occasion de la bénédiction de l'église, la collecte s'éleva à $1200 dont $400 donnés par M. Chas. Devlin. Un anonyme a payé le maître-autel qui a coûté $1500. Madame juge Malhiot a donné des ornements, le crucifix, les vhandeliers, etc.; pour la somme de $200. Madame docteur Wood a donné le retable de la Cène et la statue de saint Joseph, $120. Une jeune fille inconnue a payé la lampe du sanctuaire, $60. Un autre anonyme a fait don de la statue de la sainte Vierge, $6o. Généreux exemples qui devraient être partout imités !
SAINT-DOMINIQUE D'EARDLEY OU LUSKVILLE.
Nous avons raconté dans un chapitre précédent l'histoire des origines d'Eardley. Nous avons aujourd'hui la satisfaction de
pouvoir donner des renseignements utiles sur la colonisation de ce canton. Des vieux habitants à qui nous manifestions notre étonnement de voir qu'ils avaient préféré à la fertile plaine de la Black Bay et du bord de l’eau les sables stériles de la montagne d’'Onslow et du plateau d’Eardley, nous ont appris qu'à l’époque de leur arrivée au pays, la plaine n’était qu’un immense marécage boisé absolument impropre à la culture. Le pays haut n’avait point les mêmes inconvénients ; d’ailleurs, c’est là que se trouvaient alors tous les chantiers. Ils bâtirent leur cabanes dans la montagne sans trop se préoccuper du sol, étant avant tout des bûcherons. Plus tard, les feux de forêts coururent dans tout le pays qu'ils dévastèrent. Ce fléau qui causa tant de ruines, fut au contraire pour la plaine le signal de la prospérité. La terre fut dépouillée de son épaisse forêt sans être brûlée à cause de l’eau, le marécage fut desséché soit par le feu soit par le soleil ; enfin, des colons nouveaux et plus riches arrivèrent et purent pratiquer les drainages nécessaire pour transformer la Black Bay en un grenier d’abondance.
Nous savons que la première chapelle d'Eardley fut bénite en 1862. Elle était construite sur un terrain de trois arpents donné par M. Périer. Presque en face de l’église, de l’autre côté du chemin, M. Lusignan donna lui aussi un petit lopin de terre pour le cimetière. Ce cimetière était situé sur une pointe couverte de pins. En 1864 ou 186$, on le rapprocha un peu de l'église, sur un emplacement d'un quart d’arpent, beaucoup trop étroit.
En 1884, la population se trouvant considérablement accrue, il fut résolu de bâtir une église en pierre, Le contrat de la maçonnerie fut donné à Moïse Lortie d'Ottawa, pour la somme de quatre cents piastres. Elie Baudry, d'Aylmer, eut celui de la charpente pour neuf cent cinquante piastres. Les habitants charroyèrent, par corvées, du pied de la montagne, une soixantaine de toises d'excellente pierre, Nous avons rarement vu de meilleure maçonnerie. La chapelle a soixante-dix pieds de long sur quarante de large. Elle a coûté en tout quinze cents piastres que la mission doit encore. Elle fut bénite par monseigneur le 26 octobre
Située sur un espèce de cap, au pied de la montagne, l’église domine une plaine superbe que coupe, à trois milles de distance, le lit profond de l’Ottawa, limites des deux provinces de Québec et d’Ontario.
En 1892, l’ancienne chapelle devenue inutile, fut vendue à M. Delphis Perpier qui l’a dépecée, et qui avec ses débris a construit un: jolie petite maison dans laquelle le curé d’Eardley s'est provisoirement logé.
Au mois de novembre 1894, le Rév. M. Labelle, curé d’Aylmer, profitant de la présence des ouvriers de l'entrepreneur Fauteux qui venaient de bâtir son église, chargea cet entrepreneur de construire d’abord un clocher à Eardley,puis de finir complètement l’intérieur de l’église. Ces travaux ont été terminés au mois de février 1895, et ont coûté environ quinze cents piastres, qui furent payés au comptant, de sorte que la mission ne s’est pas trouvée plus grevée qu'auparavant.
Telle qu’elle est actuellement, l’église d'Eardley peut passer pour une des plus jolies petites églises du diocèse. Un beau chemin de croix de quatre-vingt-quinze piastres a été acheté par souscription. L'ancienne cloche de Saint-Philippe, d'Argenteuil fut acquise et placée dans le nouveau clocher.
Rien ne manquait plus à Eardley que de devenir paroisse, car le curé d'Aylmer, à quatorze mille de distance, se voyait dans l’impossibilité de desservir convenablement cette mission, où il envoyait tous les quinze jours son vicaire ou un religieux qui repartait immédiatement après les offices.
Mgr. Duhamel combla enfin les vœux de ces braves gens en plaçant un prêtre au milieu d'eux Le Rév. M. Châtillon, chapelain du Bon-Pasteur de Montréal, et anciennement curé de Saint- Philippe d'Argenteuil, voulut bien accepter ce poste, petit et pauvre, et s’y installer, le 2 août 1895. Il apporta comme don de joyeux avènements, trois belles statues, deux anges adorateurs, du prix de $77, et un saint Dominique, patron de la paroisse, du prix de $14.
Dès l'arrivée de M. le curé on se décida à construire un presbytère. Ce presbytère est commencé depuis le rnis d'avril
1806 ; il sera en bois lambrissé de briques, de 34 pieds de long sur 28 de large, et doit être terminé à la Toussaint de la présente année 1896. L'’entrepreneur est M. Joseph O’Hara, de March, Le prix de la bâtisse s’élèvera à la somme de douze cents piastres.
Tel est l’état actuel de la paroïsse d’Eardley. La seule ombre à ce tableau est le nombre réduit des habitants catholiques : 66 familles dont 16 irlandaises. Les catholiques, en effet, sont en minorité dans le canton, et malgré leur bonne volonté, le nouvel] état de chose ne peut moins que leur imposer un lourd fardeau. Le zèle des habitants et l’évangélique pauvreté du pasteur viendront à bout de cet obstacle comme de tous les autres.
Le révérend M. Châtillon étant rentré au diocèse de Montréal, (29 septembre 1896), vient d’être remplacé à Eurdley par le Rév. M. Alcide Pelletier, vicaire à Alymer qui s’est installé dans le nouveau presbytère.