LE LAC SAINTE-MARIE
Lorsque M. Eusèbe Faure, curé de Gracefeld, et desservant du Lac Sainte-Marie fut appelé à Masham (2 octobre 1880) Mgr. Duhamel jugea que le temps était venu de donner au Lac Sainte- Marie un curé résidant et de combler ainsi les vœux des pauvres catholiques du canton de Hincks. Le premier qu'il envoya dans cette localité fut le curé de Sainte-Anne d'Ottawa, M. Châtillon (28 novembre 1881).
M. Châtillon ne tarda point à rentrer dans son diocèse de Montréal (12 mai 1882). Monseigneur nomma alors au Lac Sainte- Marie le Rév. M. Lachapelle. Celui-ci, malgré le court séjour qu'il fit dans cette mission, réussit à jeter les fondements d’une sacristie et d’un presbytère. Cependant, il quitta à son tour le diocèse après huit mois de résidence et ne fut point remplacé. Le Lac redevint temporairement mission de Gracefñeld.
Dans sa visite de juin 1886, Mgr. Duhamel constata que de graves désordres s'étaient introduits dans la mission depuis le départ de M. Lachapelle et se décida à y nommer au plus tôt un nouveau prêtre résidant. Son choix tomba sur un jeune prêtre de Québec, M. Casgrain (10 septembre 1886). Malheureusement, ce prêtre, pas plus que les autres, ne pu se résoudre à demeurer dans ce pauvre poste perdu, et au bout de quelaues mois il abandonna le diocèse.
L'archevêque d'Ottawa offrit alors le Lac au Rév. M. Laporte, prêtre de Montréal, lequel y demeura pendant quatre années.
M. Laporte se fit colon au milieu des colons. 11 bâtit un moulin, ouvrit des routes et s'efforça d'obtenir du gouvernement
pour ses paroïssiens la tranquille possession de leurs terres qu’ils possédaient sans titre de propriété.
M. Laporte partit à son tour pour Montréal. Pendant deux ans, de 1891 à 1893, la paroisse fut alors desservie de nouveau par le curé de Gracefeld jusqu'à l’arrivée du vicaire desservant de l’'Ange-Gardien, M. Arnault (3 août 1893) qui est le curé actuel du Lac Sainte-Marie.
A l’arrivée de M. Arnault, le presbytère, qui n'avait jamais été achevé, fut terminé et mis dans un état convenable. Maiheureusement la chapelle a grand besoin d’être remplacée.
Les terres du Lac Sainte-Marie sont loin d’être mauvaises comme on le croit généralement, et si on les cultivait mieux, il serait aisé d’en tirer un excéllent parti. Espérons qu’un jour cette vieille mais petite mission grandira et deviendra florissante,
Le Lac Sainte-Marie compte aujourd’hui suixante-treize familles dont treize seulement de langue anglaise.