L'ANGE-GARDIEN D’'ANGERS
Le Rév. M. Charbonnier était curé de l’Ange-Gardien depuis plusieurs années, lorsqu'il fut atteint de la maladie qui devait l’emporter. Il mourut pieusement à l'hôpital d'Ottawa, le 25 août 1884. Son succeseur fut un ancien vicaire de la Gatineau, le Rév. M. J.-B. Langlais, qui est demeuré jusqu'à nos jours à l’Ange-Gardien.
M. Langlais s’occupa tout d’abord, de conquérir l'affection de ses paroissiens qui passaient alors pour avoir une humeur difficile, mais qui démentirent promptement ce préjugé défavorable formé contre eux. Puis, lorsqu'il se fut assuré de leurs sentiments, il n’eut aucune peine à terminer l’église.
Dans sa visite de juin 1887, Mgr. l’archevêque constata avec satisfaction que l’église était effectivement terminée à l’intérieur et décorée, et qu’un petit clocher avec une sacristie avaient été construits. Déja même on avait creusé les fondements d'un beau presbytère.
Le besoin d’un presbytère se faisait en effet sentir, car le curé vivait dans une masure. Les paroissiens de l’Ange-Gardien voulurent faire noblement les choses. Les syndics : MM. Zotique Routhier, Charles Mongeon, Cyprien Laframboise, Louis Lahaie et Samuel Kelby, donnèrent donc à M. Cyrias Ouellet, de Kamouraska, l’entreprise d’une magnifique résidence, en pierres bosselées, de 40 pieds sur 36, avec un étage et toit français, pour une somme de cing à six mille piastres. L’entrepreneur de la maçonnerie fut M. Jos. Richard ; les travaux de charpente et de menuiserie furent confiées à MM. Ouellet et F. Marceau. L'édifice, un des plus beaux du diocèse, fut terminé dans les derniers jours de 1888, et bénit, le 2 janvier 1889. par le Père Adélard Langevin, supérieur du séminaire d'Ottawa, lequel se fit accompagner pour la circonstance, d’un certain nombre de jeunes ecclésiastiques.
Les œuvres paroissiales à l’Ange-Gardien se trouvèrent alors complétées et en bon ordre. Nous n'avons plus à noter que la bénédiction du chemin de croix de la sacristie, le 6 mars 1892; l'érection de la magnifique croix du cimetière, par le Père Ladislas, capucin, le 10 octobre 1892, et la pose d’une couverture neuve en zinc sur la toiture de l’église (octobre 1896).
Plusieurs mission ou retraites ont été prêchées à l’Ange-Gardien : la première, à l’occasion du jubilé de 1876, par les RR. MM. Michel, Dusserre et Champagne ; la seconde, en septembre 1881, par le Rév. Père Jutteau, dominicain ; la troisième, en novembre 1489, par les RR. PP. Lacasse et Marsan, oblats.
Plusieurs sociétés et confréries ont été établies dans la paroisse :
ET
base mvant ah cut de sudtton."t’tuis heat.
pe re +
Enfants-de-Marie, le 4 décembre 1889.
Union de Prières, le 3 novembre 1887.
Scapulaire du Mont-Carmel, le 20 octobre 1888.
Les trois écoles paroiïssiales datent toutes de ia même époque (septembre 1863).
La paroisse de l’Ange-Gardien a grandi lentement, car son territoire est peu étendu, mais aujourd’hui elle compte parmi les plus pieuses et les mieux établies du diocèse. Les familles suisses qui l’habitent persévèrent dans leur erreur, mais elles ont, grâce à Dieu perdu toute influence. M. Langlais a eu un vicaire ou plutôt un desservant, le Rév. M. A. Arnauld, qui le remplaça pendant un voyage qu’il fit en France, à Rome et en Terre-Sainte, du 21 mars au 3 août 1893.
On compte actuellement à l’Ange-Gardien environ cent soixante-huit families catholiques toutes canadiennes-françaises, sauf six qui sont irlandaises.