‹ Visite pastorale de Mgr. J. Thomas Duhamel dans le haut de l'Ottawa [microforme]Chapitre 189 sur 348 · NOTRE-DAME DU LAUS · texte numérisé non relu

NOTRE-DAME DU LAUS

De Notre-Dame de la Garde, cantons de Villeneuve et de Bowman, à Notre-Dame du Laus, on compte une quinzaine de milles. En dehors de l’étroite vallée de la rivière, tout le pays, depuis la Petite-Nation jusqu'à la rivière Gatineau, n'est qu'un amoncellement de montagnes absolument impropres à la culture, mais couvertes d'immenses forêts, où depuis quatre-vingts ans, les bûcherons font incessamment chantier.

Pourtant la terre, où il y en a, est meilleure que dans Villeneuve, et l’on y pourra faire un jour d'excellents pâturages. Sur le bord de la rivière et dans ses nombreuses sinuosités, le voyageur aperçoit des fermes bien cultivées, comme la ferme de l'Ox- Bow, de la compagnie Ross, et celle des Pins, de McLaren.

Rien n’est pittoresque comme les maisonnettes en troncs équarris que l’on trouve à chaque instant sur le bord de l’eau avec leurs petits sentiers conduisant à la rivière et leurs canots d’écorce renversés, la quille au soleil. C'est qu’en effet la rivière est la grande route du pays et toutes les habitations sont sur ses bords. En arrière commence la sauvage solitude, repaire des chevreuils et des ours. Les perdrix abondent ; l’automne, sous la ramée, on les voit trotter sur le chemin à la recherche de quelques brins d'herbe échappés aux premières gelées. On les tire de la voiture par dessus la tête des chevaux sans que la vue d’un chasseur leur fasse hâter le pas ou prendre trop tôt leur vol. Les petits enfants comme ces oiseaux, sont innocents et curieux ; ils courent aux portes à pleines bandes pour voir les étrangers et se mettent à genoux au passage du prêtre.

En entrant dans le canton de Wells, on quitte pour un moment la rivière et le chemin s'enfonce dans un lac desséché devenu prairie de castor. Le feu destructeur a tout dévoré juqu’au sol. Sur la terre, encombrée de framboisiers sauvages, on ne voit que des débris, tandis que dans l’air, des milliers de pins calcinés gardent debout leurs troncs déchiquetés et bravent encore après leur mort la fureur des tempêtes.

Puis on se rapproche de nouveau de la rivière ; on entend le bruit de la chute qui sert de limite au dernier bief de navigation ; on hâte le trot des chevaux et l'on arrive enfin au petit village de Notre-Dame du Laus, au nord du canton de Wells et à peu de distance de McGill.

Le Rév. M. Trinquier qui fonda cette paroisse le 2 décembre 1873, est toujours resté curé de Notre-Dame du Laus, La paroisse doit tout à ce prêtre modeste qui se fait oublier dans sa solitude.

Cependant, la chapelle de 1874 ne répondait pius au progrès général, même dans ce pays où le progrès se réduit à peu de chose. Aussi M. Trinquier conçut-il le projet de la renouveler complètement.

Dans sa visite de 1886, monseigneur constata que le bois pour cette grande entreprise était presque tout préparé et que

les gens avaient souscrit la somme, pour eux cursidérable, de $400. x

Dans sa visite d'août 1889, il est satisfait de voir que les travaux sont avancés, mais il constate qu’il reste beaucoup à faire : le clocher, le chœur et la sacristie. Il excite les habitants par l’exemple de la générosité de leur curé qui donne de sa bourse tout le bois nécessaire.

Enfin, aujourd’hui et depuis 1895, tous ces divers travaux sont terminés en grande partie, disons-le, aux frais du Rév. M. Trinquier qui a fait toutes les avances nécessaires.

Nous avons visité l’église de Notre-Dame du Laus et nous avons été saisi d’une véritable admiration. C'est un monument achevé d'architecture rurale, nous voulons dire de travail fait à la main par de simples ouvriers du pays. L'intérieur de la chapelle est tout en bois fin, bien travaillé, les colonnes sont cannelées, les voûtes, les lambris, les autels, sont remarquables, laissant voir sous le vernis la richesse de couleurs des essences diverses employée et heureusement mariées. La sacristie est digne de l'église. Il n’est point jusqu’au clocher, fièrement campé devant la rivière, qui n'ait un air coquet et charmant, preuve éloquente de ce que peuvent faire sans argent, le zèle, l’adresse et le bon goût. Le presbytère de Notre-Dame du Laus, sans être digne de mention spéciale, est suffisant et convenable. Il a été également bâti par M. Trinquier qui en a conservé la propriété. La cloche de l’église a été bénite le 3 juillet 1892 par le Rév. Père Poli, oblat.

La pauvre et petite paroisse de Notre-Dame du Laus ne prospère guère, par la faute de ses habitants qui négligent leurs terres et n'ont du goût que pour le travail pénible et ingrat des forêts.

Deux retraites ont été données à la paroisse : l’une en 1885, par le curé de Gracefield, le Rév. M. Gay ; l’autre en 1888, par le Pian, de l'ordre des oblats. Quant aux écoles, elles datent de

On compte actuellement à Notre-Dame du Laus, 92 familles catholiques, dont une irlandaise et deux écossaises. Il n'y a point

de protestants dans le pays.

OR TR IR Vel D A Er ARTS Pr EN PO En Lea D De LOS OUTRE PROS EEE RSR AE 7 PSE se JA d 4 Ù :

Page 1