‹ Visite pastorale de Mgr. J. Thomas Duhamel dans le haut de l'Ottawa [microforme]Chapitre 209 sur 348 · SAINT-PHILIPPE D'ARGENTEUIL · texte numérisé non relu

SAINT-PHILIPPE D'ARGENTEUIL

Le Rév. M. Larose, curé de Saint-Philippe depuis la fin d'octobre 1880, fut nommé (29 septembre 1886) à la paroisse de Wendover et remplacé à Saint-Philippe par le Rév. M. Pierre Godin Châtillon, prêtre de Montréal que nous avons vu déjà dans le diocèse et que nous aurons encore l’occasion d’y revoir.

M. Châtillon rentra à Montréal le 30 octobre 1894 et eut pour successeur à Grenville le Rév. M. Louis Montour, curé d'Amherst, qui s'installa le 17 octobre et qui occupe encore aujourd’hui ce poste.

Pendant ce laps de temps, la paroisse de Saint-Philippe perdit et regagna des missions. La Chute-à-Blondeau lui fut définitivement enlevée en 1887 et la mission de Saint-Michel de Wentworth qui avait été confiée, en 1884, aux Pères de la compagnie de Marie, de Montfort, lui fut rendue en 1892.

Au Rév. M. Châtillon revient la gloire d’avoir bâti l’église de Saint-Philippe dont, depuis tant d'années, monseigneur et une partie de la population pressaient la construction.

Sous son inspiration, les marguillers s’adressèrent à M. Perreauit et Meynard, architectes de Montréal, qui leur tracèrent un beau plan d'église romane de 115 pieds de long sur cinquante de large avec une sacristie de 36 pieds sur 36. Le contrat de l’église, complétée à l'extérieur seulement, fut alors donné à

à l'entrepreneur Athanase Lauzon, de l'Ile Bizard, pour la somme de $11,800, et les excavations pour ies fondements commencèrent de bonne heure au printemps de 1888 (25 avril). La bénédiction de la première pierre de l’église par Mgr. Duhamel eut lieu le 15 mai suivant.

Dès l’automne, les travaux furent terminés, sauf ceux du clocher qu’on ne finit qu’au printemps de l’autre année. Ce fut un grand bonheur pour toute la paroisse lorsque le 6 janvier 1889, on abandonna la vieille et petite chapelle pour aller entendre la messe à l’église neuve.

Un beau carillon de trois cloches, du poids total de 2466 livres fut acheté à Londres à cette même époque, et lorsque le 15 juin 1889, Mgr. Duhamel vint bénir solennellement l’église, ii bénit les cloches en même temps. Ces cérémonies furent imposantes, une grande foule de peuple s’y rendit des environs ; les sermons de circonstances furent prêchées en français par le Rév. M. Rouleau, du collége Sainte-Thérèse, en anglais par le Rév. M. Whelan, d'Ottawa. |

Il n’y avait, toutefois, que l'extérieur de l’église d’achevé ; tout l'intérieur restait à faire. Les architectes Perreault et Meynard, de Montréal, complétèrent alors les plans dont l'exécution fut confiée à MM. Boileau et frères, de l’Ile Bizard, pour la menuiserie, et à M. Meloche, artiste-peintre de Montréal, pour les décorations. Ces travaux coûtèrent $4000 et furent terminés en 1891. Mgr. l'archevêque voulut célébrer l’achèvement complet de l'édifice en chantant lui-même une messe solennelle à cette occasion (r2 novembre 1891). Il bénit ce jour-là un magnifique chemin de croix d'environ $200, don d'un certain nombre de prêtres et de laïques amis de la paroisse, qui avaient bien voulu payer chacun une des stations. Si les stations étaient belles, les vitraux de l’église les surpassaient encore en beauté. Ils avaient été fabriqués par MM. Castle & Son, de Montréal, sur les dessins du peintre Meloche.

L'église actuelle de Saint-Philippe est donc fort belle. On y admire surtout l’intérieur, les autels, les statues, les boiseries et les décorations. Quant au clocher avec son dôme massif, dans le genre russe, il est d'un goût assez discuté.

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