DENBIGH
A ces missions il faut encore ajouter celie du canton de Denbigh, comté de Frontenac.
Il ne se trouve encore que six familles allemandes catholiques. La missionnaire y vient dire la messe, un jour de semaine, trois ou quatre fois par année. Il a coutume de tenir la mission dans la maison de M. Margquard, à 36 milles de Mount Saint-Patrick.
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Comme on voit, la tâche du curé de Mount Saint-Patrick dépasse de beaucoup les forces d’un homme ordinaire. Deux prêtre zélés auraient fort à faire dans ces missions.
La population totale du Mount et de ses annexes s'élève au chiffre approximatif de 300 familles, dont 60 canadiennes-francaises, 12 allemandes et 8 polonaises.
SAINT-PIE D’'OSCEOLA.
Le canton de Bromley, dans lequel sont situés les deux villages de Douglas et d’Osceola, a été peuplé par deux émigrations : l’une toute catholique, au sud et à l'ouest, formant les deux paroisses susdites ; l’autre, à l’est, toute protestante.
Ce furent, paraît-il, les évêques Gaulin et Phelan qui, du temps de M. McNuilty, visitèrent le pays et fixèrent les emplacements des premières chapelles. Le missionnaire logeait alors et disait la messe chez un vénérable parriarche, Michael Mulligan. Il faisait de rares visites aux colons ; c'était Michael Mulligan qui le remplaçait pendant ses longues absences, visitant les malades, enseignant le cathéchisme, réunissant les fidèles dans sa maison et plus tard dans la chapelle chaque dimanche, récitant le chapelet et disant la prière. C’est ainsi que ce grand chrétien conservait allumé le flambeau de la foi prêt à s’éteindre parmi ses frères, faute de prêtres et de sacrements. Il mourut plein de jours et de mérites en 1876 et a laissé dernière lui une nombreuse famille qui marche sur ses traces.
Osceola fut d’abord appelé Snake River à cause des sinuosités de son ruisseau qui font songer à un serpent ; son nom actuel lui vient d’un ancien chef indien Siminol, de la Floride. Le village ne comprend qu’un petit nombre de maisons et la paroisse ellemême n’est point considérable, mais les habitants, tous fermiers, y sont à l’aise, établis sur de bonnes terres et bien groupés. La piété y est en honneur ; de nombreuses vocations sacerdotales ou religieuses en sont sorties, et Mgr. Guigues a toujours eu en particulière affection cette mission ainsi que Douglas, sa voisine.
Nous avons vu, dans un chapitre précédent, que le Père
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McNuity avait construit deux chapelles, l’une disparue, à trois milles au nord du village actuel, c’est-à-dire sans doute sur les bords du lac du Rat-Musqué ; l’autre tout près d’Osceola ; nous ne nous occuperons que de cette dernière.
Elle était située sur le bord de la rivière, au milieu d’un Magnifique bois de pins. Le terrain—dix arpents—avait été donné par Michael Mulligan. Quand cette chapelle fut abandonnée, le cimetière qui l’entourait fut conservé ; il subsiste encore aujourd’hui, agrandi et mis en parfait état par M. Devine.
En 1868, le Rév. M. Byrne, curé d’Eganville et missionnaire d'Osceola, ayant obtenu un terrain de M. McClaren, bâtit une nouvelle chapelle plus considérable sur le bord de la grand’route à un tiers de mille environ de l’ancienne et à quelques arpents du du village. (C'est là que demeurèrent les RR. MM. Bouvier et Sheehy, premiers curés d’'Osceola.
M. Bouvier mourut comme nous savons, le 12 janvier 1879, et M. Sheehy, son successeur, quitta (octobre 1883) le vicariat pour entrer chez les Pères de la Miséricorde, à New-York.
Il fut remplacé (12 octobre 1883) par le secrétaire de Mgr. Lorrain, le Rév. F. M. Devine, lequel occupe encore actuellement ce poste.
M. Devine est ce qu'on appelle un enfant du pays puisqu'il est né à Sand Point ; ses vieux parents qui comptent parmi les premiers et les plus respectables habitants du comté, célébraient récemment (juillet 1896) au presbytère d'Osceola, leurs noces d’or et voyaient groupés autour d'eux leurs neuf enfants, tous en bonne santé, parmi lesquels trois sont consacrés au Seigneur.
Le premier soin du nouveau curé fut d’éteindre la dette de deux mille piastres qui pesait encore sur sa paroisse ; il y réussit en moins d’un an. Dès lors, tous ses efforts tendirent à la construction d’une nouvelle église qui fût plus que l’ancienne en rapport avec le nombre et la prospérité des catholiques. 11 commença donc à réunir des fonds, La propriété de l'église actuelle lui parut trop restreinte et mal située et il s’efforça de l'agrandir en acquérant, de l’autre côté de la route, un beau terrain sur le penchant de la colline qui dominait le village. Malheureusement, la
malveillance des propriétaires protestants l'empêcha d'exécuter ses plans ; le terrain longtemps promis lui fut à la fin formellement refusé.
Sans se laisser déconcerter, M. Devine conçut alors le hardi projet de s'établir au milieu n'ême du village. Il fallait pour cela exproprier plusieurs protestants qui y avaient bâti leurs maisons. À force de diplomatie on y parvint ; deux acres et demi de terre furent achetés au prix de douze cents piastres, et les catholiques eurent la double satisfaction de posséder le plus beau terrain du village et de se défaire d’incommodes voisins (1888). Aujourd’hui on ne compte plus qu’une famille protestante sur les trente qui forment l’agglomération d'Osceola.
Il fallait maintenant commencer les travaux. M. Devine, au lieu de s'adresser à un entrepreneur, résolut de se charger luimême de toute la besogne. Il eut recours à un habile architecte, M. Cyrilie Caron, pour faire les plans de l’église et diriger les ouvriers, puis il demanda à Mgr. Lorrain de venir, le 28 mai 1890, bénir la première pierre.
On construisit à la fois l’église et le presbytère. Tout fut fait sur les lieux. Une superbe carrière de pierre fut découverte à cinq milles du village ; des arbres furent achetés et conduits au chantiers, où des scies et des machines, montées 49 hoc, les transformèrent en poutres, planches, portes, fenêtres, escaliers ; ces machines furent ensuite revendues à bon prix. Les habitants, de leur côté, contribnèrent de leur mieux aux succès de l’entreprise, en charroyant des matériaux. Les matériaux de l'ancien presbytère qui étaient en bon état furent également utilisés.
C'est ainsi que, pour la somme relativement minime de vingt et un mille piastres, furent élevées une très belle église en pierre, et une magnifique muisonen bois lambrissée de briques, qui placent désormais Osceola au premier rang parmi les paroisses du vicariat.
La bénédiction solennelle de l'édifice eut lieu le 23 octobre 1892. Mgr. Duhamel qui avait été invité pour la cérémonie bénit l'église. Mgr. Lorrain chanta la messe, et le Rév. M. Teefy, C. S.B., directeur du collège Saint-Michel de Toronto, fit le sermon
du matin. Dans l’après-midi Mgr. Duhamel bénit les stations du chemin de la croix et prêcha le sermon de circonstance.
La foule réunie pour la fête était immense ; là paroisse toute heureuse de posséder un temple magnifique, témoigna sa satisfaction autrement que par des paroles, en versant douze cents piastres à la quête. Parmi les témoins qui signèrent l’acte avec les deux évêques nous trouvons les norns des prêtres suivants : RR. MM. Doucet, Dowdall, Antoine, Teefy et Devine.
L'église est de style roman, 105 pieds sur 47, ornée d’un beau clocher et de deux clochetons ; elle renferme 90 bancs sans compter ceux du jubé. La sacristie, fort considérable, 45 par 26, sert de chapelle d’hiver, de salle de réunions et de catéchisme ; les murailles en pierres bosselées sont remarquables.
Quant au presbytère, 40 par 30, il est pourvu de tout le confortable que l’on peut désirer : galerie, téléphone, eau courante prise à la rivière, grâce à un moulin à vent du système Eureka, dix chambres, salle de bains, cuisine d’été et d'hiver servitudes en excellent état. Bref, la perfection de ces travaux témoigne éloquemment de l’habileté de ceux qui les ont dirigés et aussi de la générosité de la paroisse, puisque la dette se trouve réduite actuellement à la somme de cinq mille piastres. Cette générosité est d'autant plus remarquable que, à la même époque, M. Devine créait à grands frais la mission de Cobden et il y élevait une chapelle, comme nous allons le voir.
Le 17 décembre 1891, une cloche de 757 livres avait été bénite par Mgr. Lorrain pour être placée dans le nouveau clocher que l’on était en train de construire,
Enfin dans le courant de 1895, M. Devine, considérant que les deux arpents de l’ancien cimetière n'étaient plus suffisants, en doubla la grandeur et l'enveloppa d'une clôture neuve en fils de fer. Il se propose d'y construire prochainement un charnier et d'y faire de grands embellissements, Ce cimetière ombragé par les branches épaisses des pins, arrosé par une rivière large et profonde semble un lieu de délices pour un amant de la solitude et des pensées austères.
La paroisse d'Osceola possède deux écoles séparées, celle du
village, autrefois école publique et transformée en 1891, et celle de la section dite de Connaught.
Elle possède également deux congrégations : ia Sainte- Famille et la ligue du Sacré-Cœur, fondée en 1896.
Deux missions y furent prêchées ;
La première, en juillet 1886, par les RR. PP. Andrew et Xavier, passionnistes d'Hoboken.
La seconde, en juillet 1894, par les RR. Andrew et Albert, passionnistes de Cincinnati.
M. Divine ayant fait en 1886, un voyage de santé en Floride, la paroisse fut desservie pendant son absence, d’abord par M. Gagnon, de l'évêché de Pembroke, ensuite par un M. Richard ancien missionnaire de l’Orégon et des Antilles, qui ne fit que passer dans le vicariat (26 mars-26 juin 1886.)
La population, toute irlandaise, se compose de cent dix familles, sans compter les trente-cinq de Cobden.