NOTRE-DAME DU MONT-CARMEL DE LA PASSE OÙ GOWER POINT
Comme nous l'avons vu dans un chapitre précédent, le Rév. M. Th. Napoléon Lemoyne, prêtre du diocèse de Montréal, fut
nommé curé de la Passe par Mgr. Lorrain, le 2 décembre 1882. Ce fut même, croyons-nous, la première nomination que fit à son arrivée le vicaire apostolique.
Le Rév. M. Lemoyne avait plusieurs œuvres importantes à entreprendre. Il commença d’abord par payer toutes les dettes de ses missions de l’autre côté de l’Ottawa, dettes assez considérables et qui traînaient depuis longtemps.
Ensuite il fit et bénit, avec la permission de monseigneur, un nouveau cimetière ‘de 97 pieds de front sur 229 de profondeur, le 23 mai 1886.
C'est alors qu’il pensa à la construction d’une nouvelle et belle église en pierre pour remplacer l’ancienne qui tombait de vétusté. Mgr. Lorrain en bénit la première pierre, ie 27 juin 1886, et fit à cette occasion le sermon dans les deux langues. Les travaux furent poussés avec une telle activité que le 21 novembre de la même année, la bénédiction solennelle de l’édifice put avoir lieu. Mgr. Lorrain étant absent, M. Lemoyne fut délégué pour la cérémonie. Nous donnons ici copie de l’acte de bénédiction à cause des renseignements précieux qu’il nous fournit.
‘ Le 21 novembre 1886, nous curé missionnaire, avons bénit avec les solennités prescrites la nouvelle église paroissiale de Notre-Dame du Mont-Carmel de la Passe. La dite église est construite en pierre, de 80 pieds sur 42, de dehors en dehors, 27 pieds de hauteur au-dessus des lambourdes. Les plans ont été dressés par messire G. Bouillon, de la basilique d'Ottawa ; la maçonnerie a été faite par Edouard et Frs, Letang, de Renfrew, et la charpenterie par Moïse Simard, aussi de Renfrew. Les syndics ont été MM. Damase Gervais, aîné, Edouard Gervais, Duncan McKay, Maxime Dupuis, John Lavin, Théophile Leblanc, Jos. Primeau, Gilbert Gervais, Euclide Dupuis, Toussaint Cecère, Andrew Lawless, James Brooks, Patrick Sullivan, J.-B, Tenier, Cyriac Marion et Louis Lacroix. La première messe y a été chantée par le Rév. messire S. C. À. Ouellet, curé du Calumet,
‘4 Farr à Gower Point, le jour et an que dessus,
‘* Th. Nap. Lemoyne, ‘{ Prêtre-curé, missionnaire, ”
Après avoir construit une église, M. Lemoyne s’occupa enfin du presbytère.
C'était toujours la vieille maison de 1856. Elle fut restaurée en 1888, briquetée ainsi que la cuisine, par l'entrepreneur Edouard Letang, et mise en état de servir convenablement longtemps encore. Ce presbytère a 36 pieds sur 31, et la cuisine, 19 par 15.
La paroisse de la Passe s'accroît lentement, pius lentement que la mission de Coulonge, de l’autre côté de la rivière. Elle ne possède point d'école séparée.
Lorsque, en 1883, le gouvernement eut fait, à la tête de l’île du Calumet, à trois milles de l’église de la Passe, le fameux barrage submergé qui avait pour but de relever le niveau de l'Ottawa, depuis Bryson jusqu'à la Culbute, beaucoup de terrains du côté de la Passe furent noyés et perdus par suite de la crue des eaux.
Depuis 1894, la Passe se trouve reliée par le téléphone avec ses missions et les paroisses du voisinage.
M. le curé de la Passe continue à desservir les missions de Coulonge et des Bois Francs. De plus, tous les hivers il fait la visite des chantiers les plus éloignés au fond des Laurentides. Les voyageurs l’adorent et il a hérité de la popularité du Père Reboul.
La paroisse de la Passe renferme, en 1896, une population de 102 familles dont 20 seulement sont irlandaises. Avec les 150 de Coulonge et les 24 des Bois Francs, c’est un total de 276 familles que le curé doit desservir.