SAINTE-ANNE DU CALUMET
En 1882, lors de la création du vicariat apostolique, le bon M. Ouellet commençait à sentir un peu lourdement le poids des années et des fatigues. Aussi Mgr. Lorrain jugea-t-il opportun de lui donner un auxiliaire (17 août 1883) dans la personne de M. Vincent Sawatanen, prêtre huron du diocèse de Québec, lequel demeura avec lui le reste de ses jours,
M. Ouellet mourut subitement le 27 avril 1891, après 40 ans consécutifs de ministère au Calnmet.
Il eut pour successeur un prêtre de Montréal, le Rév. M. G. A. Picotte, alors curé de Saint-Herménégilde, au diocèse de Sherbrooke. M. Picotte, nommé le 12 juillet, ne prit toutefois possession que le 29 du mois suivant, lendemain du départ de M. Vincent qui s’en allait comme vicaire à Mount Saint-Patrick.
M. Picotte, homme actif, réveilla la paroisse endormie. L'ancien presbytère en bois tombait en ruines, il le remplaça par une belle maison de briques dans laquelle il entra le 13 décembre 1893. Bâtie sur le penchant du côteau, en arrière de l'église, cette résidence domine le bras de l’Ottawa qui coule à ses pieds, et la belle vallée qui s’élargit sur l’autre rive jusqu'aux montagnes bleues des Laurentides.
L'église du Calumet qui, à l’époque de ;a construction, passait pour une des merveilles du diocèse, avait déjà beaucoup perdu de sa splendeur primitive. Les murs étaient encore excellents, mais l'intérieur était noirci, rongé par l'humidité, et la sacristie présentait un aspect pitoyable. L'urgence de réparations impurtantes s'imposait. Du rer mai au 15 août de cette année 1896, une série de travaux habilement conduits ont complètement transformé l'édifice et l’ont rendu méconnaisseble. La sacristie a été refaite. Dans l’intérieur de l’église on a raccourci le sanctuaire et agrandi le jubé de manière à fournir de la place à 30 nouveaux bancs ; les murailles et la voûte ont été richement décorées par un habile artiste, M. Gadbois, de Saint-Eustache ; un beau tabeau de sainte Anne, ouvrage du même maître, a été suspendu su-dessus de l'autel. Enfin, sur la façade du temple, la vieille statue de la patronne de la paroisse à été remplacée par une autre plus belle et toute neuve.
Tous ces travaux qui ont coûte la somme considérable de $4,600, sont aujourd'hui (septembre 1896) complétement terminés.
Il ne reste plus qu'à bénir une cloche de 800 livres qu'on attend pour le mois d'octobre prochain, et qui permettra de donner l’ancienne à la mission de Bryson.
La mission de Bryson, sur la terre ferme, au bout de l’île, ne date que du 30 octobre 1892. On se rappelle que les gens du village demandèrent vainement à Mgr. d'Ottawa d’avoir une chapelle à eux. Ce village appelé jadis Havelock, n’a rien de remarquable si ce n'est qu’on en a fait le chef-lieu de Pontiac ; il compte 75 familles dont 37 sont catholiques, et ne prospère point. Le curé du Caiumet y va dire la messe tous les troisième dimanches dans une salle de la mairie qu’il a louée provisoirement à cet effet, en attendant qu'il puisse construire une chapelle.
Il dit également, deux fois l’an, la messe à la pointe de l'île, dans un lieu appelé la rivières des Berries, chez M. Joseph Béland, père, pour faciliter l’accomplissant de leurs devoirs religieux à une dixaine de familles qui se trouvent à dix milles de l’église.
On compte dans la paroisse du Calumet 200 familles et, chose incroyable même au Canada, 1400 habitants. De ces familles, une quarantaine sont irlandaises et 16 métisses, les autres sont canadiennes.