‹ Visite pastorale de Mgr. J. Thomas Duhamel dans le haut de l'Ottawa [microforme]Chapitre 46 sur 348 · SAINTE-ANNE DE MATTAWA · texte numérisé non relu

SAINTE-ANNE DE MATTAWA

A la mort de Mgr. Guigues, la mission de Mattawa comprenait, croyons-nous, les PP. Poitras, supérieur, et Nédelec, missionnaire. Quant au Père Guéguen, quoiqu'il y vint tous les hivers visiter les chantiers, sa résidence officielle était au Témiscamingue. En 1876, le Père Prévost qui, depuis quelque temps, habitait au Témicamingue, fut envoyé temporairement de résidence à Mattawa. Cette année fut marquée par deux visites importantes, celle de Mgr. Duhamel (27 août) et celle du Rév. Père Soulier, visiteur extraordinaire des oblats au Canada.

L'année suivante vit enfin la construction nécessaire d’un pont sur la Mattawa. Désormais les deux parties du village furent reliées ensemble et l’on put facilement se rendre à la chapelle pour les offices religieux. Cette même année, mourut à la résidence de Mattawa, le vénérabie Père Reboul. Ce vaillant missionnaire, qui depuis vingt-cinq ans visitait les chantiers, se sentit frappé par la mort quand il était en tournée sur le haut de la Pittewawa. On le transporta à la hâte à Mattawa où il expira le lendemain de son arrivée (2 mars 1877). Sa douce et sainte mémoire vivra longtemps chez ses frères et dans le cœur des voyageurs qu'il a tant aimés.

Le 12 janvier 1878, Mattawa vit arriver dans ses murs les premières religieuses de la Congrégation des sœurs-grises d’Ottawa que les PP. oblats y appelaient pour fonder à la fois un hôpital et une école séparée. (C’étaient sœur Alexis, supérieure, sœurs sainte Mélanie et sainte Eudoxie. Les Pères oblats leur cédèrent charitablement leur maison. C’est dans cette étroite demeure que furent ouverts (14 janvier 1878) l'hôpital et l’école qui se trouvèrent, du premier coup encombrés. Cinquante enfants se pressaient sur les bancs de la classe.

Quant aux Pères, ils se réfugièrent temporairement dans une maison non loin du pont, sur les ruines de laquelle s’étève aujourd’hui le beau magasin de M. Ferguson.

L'année 1879 fut une année de prospérité. Cinquante familles, dont trente-cinq catholiques, s’établirent autour du lac

* Histoire de Mattawa, par le Père Simonet.--ZLa Sentinelle de Mattawa.

Talon ; les travaux du chemin de fer du Pacifique atteignirent les stations de Mackey, de Bisset et des deux Rivières ; une chapelle et une école furent même construites dans cette dernière localité. En même temps, un nouveau supérieur, le Père Déléage, venu de Maniivaki, remplaça le Père Poitras qui partit pour Hull en laissant derrière lui d’unanimes regrets. Cette absence du Père Poitras ne devait point d’ailleurs durer longtemps.

En 1880, le Père Déléage construisit à côté de l'hôpital, un jolie presbytère en brique occupé aujourd'hui par M. Lamothe. Les Pères prirent leurs repas à, l'hôpital. Quant à la salle de classe, elle était devenue tellement insuffisante que l’on dut construire, cette même année, une maison d'école plus convenable.

L'année 1881 vit enfin se réaliser le rêve si longtrmps caressé des habitants de Mattawa. Le chemin de fer du Pacifique fut livré à la circulation et la petite ville fut reliée au reste du monde. les Pères ne pouvaient plus suffire à la tâche ; deux mille hommes dans les chantiers, deux mille autres sur la voie ferrée, la plupart catholiques, à visiter et à confesser, c'était trop pour trois missionnaires. Epuisés, ils réclamèrent du secours ; on leur envoya le Père Emery.

D'autre part, la chapelle était également devenue insuffisante. On dut l’allonger du double ; puis les travaux, une tois commencés, rn la couvrit à l'extérieur d’un lambris de briques, tandis que à l’intérieur on lui fit subir une véritable transformation. Mgr. Duhamel la visita en juillet. Il poussa ensuite jusqu’à la mission du lac Talon où il bénit une chapelle en bois de cinquante pieds sur trente, construite récemment par l'entrepreneur Harnois. Monseigneur la dédia à sainte Philomène et en confia la desserte aux oblats. Quatre-vingts colons étaient déjà établis dans ces parages. Une grande retraite fut prêchée cette même année à Mattawa par le Rév. Père Barber, O.M.I.

En 1882, les chantiers furent si nombreux qu’ils employèrent trois mille hommes ;.le Père Emery, succombant à la tâche, tomba malade et fut remplacé dans ses visites par un jeune missionnaire, le Père Cahill. Le Père Déléage, fatigué à son tour, fut nommé supérieur de la mission du lac Témiscamingue (18 octobre 1882)

et laissa la direction de Mattawa au bras plus vigoureux du Père Poitras, qui revint à Mattawa au milieu de l’allégresse universelle.

A cette époque, ie vicariat apostolique de Pontiac était fondé et Mgr. Lorrain avait fait son entrée triomphale dans la ville de Pembroke.

La communauté de Mattawa se composait des PP. Poitras, Nédelec, Emery et Cahill.

Terminons ce chapitre par le- tableau comparatif des recensements de 1871 et de 1881.

COMTÉ DE RENFREW.

: Canadiens- Irlandais Total Protes- Population français. catholiques catholiques, tants,. totale. et polonais.

Comme le comté de Nipissing n'apparaît point encore dans le recensement de 1881, nous nous trouvons dans l'impossibilité de le faire figurer ici.

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