VISRTES AU SAINT-SACREMENT
prière : O Marie, qui sauvez même les désespé-
rés, je mets en vous toute mon espérance, ORAISON JACULATOIRE..O Marie, Mère d : Dieu,
priez Jésus pour moi.
8e Visite.
Au Saint-Sacrement.
Jésus adresse à toute âme qui le visite dans Je Saint-Sacrement ces paroles qu'il disait à l'Epouse sacrée : Lève-toi, hâte-toi, mon amie, ma colombe, pleine de beauté, et viens. Ame chérie qui viens me visiter, lève-oi, sors de ta misère, je suis ici pour t'enrichir de mes grâces ; approche-toi de moi, ne crains pas ma divine majesté, qui s’est abaissée dans ce Fragen dissiper ta crainte et t’inspirer de la confiance ; tu n’es plus mon ennemie, mais bien mon amie, car tu m'aimes et je t'aime : ma grâce t'a rendue belle à mes yeux ; viens donc à moi, jette-toi dans mes bras, et demande-moi avec une grande confiance tout ce que tu voLdras.
SAINTE Thérèse disait que ce Roi de gloire s’est caché sous les espèces du pain dans le Sacrement de l’autel, et a ainsi voilé sa Majesté, Pour nous encourager à nous approcher de son Cœur adorable avec plus de confiance.
ALLONS donc à Jésus avec beaucoup de confiance et d'amour : unissons-nous à lui, et demardons-lui ses grâces.
O VERBE éternel, fait homme et Sacrement pour moi, quelle ne doit pas être ma joie, quand Je Songe que je suis devant vous qui êtes mon Dieu, la majesté suprême, la bonté infinie, devant vous qui chérissez si tendrement mon âm: ! O vous qui aimez Dieu, âmes Saintes, quelque part que vous SOYEZ, au ciel ou sur la terre, aimez-le aussi Pour moi. ) Marie, ma Mère, aidez-moi à aimer mon Dieu. Et vous,
VISITES AU SAINT-SACREMENT 17 mon très aimant Seigneur, faites que :e place en vous toutes mes affections ; rendez-vous maître de toute ma volonté ; possédez-moi tout entier. Je vous consacre mon esprit, afin qu'il soit tout occupé de votre bonté ; je vous consacre mon corps, afin qu'il m'aide à vous plaire ; je vous consacre mon âme, afin qu’elle soit tout à vous. O ie Bien-Aimé de mon cœur, je voudrais que tous les hommes connussent la tendresse de l'amour que vous leur portez, afin que tous vécussent uniquement pour vous honorer et vous plaire, comme vous le désirez et le méritez. Ah ! que je vive, moi du moins, que je vive à jamais épris de votre beauté infinie ! je veux faire à l’avenir tout ce que je pourrai pour vous être agréable, Je suis résolu de renoncer à tout ce que je saurai devoir vous déplaire, quelque peine qu'il m'en coûte, dussé-je perdre tout, même la vie. Oh ! que je serais heureux de tout perdre pour vous gagner, veus, mon Dieu, mon trésor, mon amour, mon tout.
ORAISON JaCULATOIRE, O Jésus, mon amour, prenez-moi, possédez-moi tout entier.
À la sainte Vierge.
St quelqu'un est petit, qu'el vienns à mri. Marie invite tous les entants qui ont besoin de mère, à recourir à elle, comme à la plus tendre de toutes les mères. « L'amour de toutes les mères, dit le pieux Niéremberg, n'est qu’une ombre en comparaison de j’amour de Marie pour chacun de nous. -: O ma tendre Mère, à douce Mère de mon âme, qui m'aimez et désirez mon salut plus qu'aucun autre après Dieu, montrez que vous êtes ma Mère.
OKAISON JACULATOIRE, O ma Mère, faites que je me souvienne toujours de vous,
18 VISITES AU SAINT-SACREMENT 9e Visite.
Au Saint-Sacrement.
SAINT Jean dit qu’il a vx le Seigneur soutenant sa poitrine avec une ceinture d'or. C’est ainsi que Jésus se présente à nous dans le Sacrement de l’autel, voulant sous cette figure nous montrer la multitude de grâces qu’il désire nous faire dans sa miséricorde. Semblable à une mère qui va trouver son petit enfant pour le nourrir et se décharger de son lait, Jésus nous dit : Vous serez allaités comme de petits enfants.
LE vénérable père Alvarez a vu Jésus dans le Saint-Sacrement, les mains pleines de grâces, cherchant à qui les distribuer, Lorsque sainte Catherine de Sienne s’approchait de la table sainte, elle le faisait avec la tendre avidité d’un enfant quise jette au sein de sa mère.
O Fics bien-aimé du Père éternel, je reconnais que vous êtes l'objet le plus digne d'amour. Je désire vous aimer autant que vous le méritez, ou du moins, autant qu’une âme est capable de désirer de vous aimer. Je comprends partaitement qu'après avoir été si souvent traître et rebeile à votre amour, je ne mérite plus de vous aimer, ni de m'approcher de vous, comme j'ose le faire à présent dans cette église ; mais j'entends que vousme dcmandezencore mon amour:
Mon fils, me dites-vous avec tendresse, mon fils, donne-moi ion cœur. Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur. Ah ! je le sais,si vous m'avez conservé la vie jusqu’à ce jour, au lieu de me précipiter en enfer, c’est afin que je me convertisse entièrement à votre amour. Puisque vous voulez donc encore être aimé de moi, me voici, mon Dieu, je me rends à vous, je me donne à vous ; je vous aime, Ô Dieu, qui êtes toute bonté, tout amour, je vous choisis pour unique Roi, uaique souverain de mon pauvre CŒur ; Ce cœur,
VISITES AU SAINT-SACREMENT 19 vous le voulez : eh bien ! je veux vousle donner; hélas ! il est bien froid et couvert de bien des souillures ; mais si vous l’acceptez, vous le changerez. Changez-moi, Seigneur, changez-moi ; je ne veux plus vivre comme j'ai vécu, si ingrat et si peu touché d’amour envers votre bonté infinie. Faites qu’à l’avenir je supplée par mes ardeurs à tout l'amour que j'aurais dû avoir pour vous par le passé.
ORAISON JACULATOIRE. Mon Dieu, mon Dieu, je veux vous aimer, je veux vous aimer, je veux vous aimer.
À la sainte Vierge.
Marie, Mère de Jésus, est toute semblable à son divin Fils : Mère de rriséricorde, elle met son bonheur à secourir et à consoler les malheureux. Le désir qu'a son cœur maternel de nous donner ses £:'Âces, surpasse celui que nous avons de les recevoir, dit Bernardin de Bustis.
ORAISON JACU’ ATOIRE. Je vous salue, à Marie, notre espérance |
10° Visite, Au Saint-Sacrement.
O INSENSÉS partisans du monde, s’écrie saint Augustin, malheureux ! où allez-vous pour satisfaire les désirs de votre cœur ? Allez à Fésus ; lui seul peut vous donner ce bonheur que vous cherchez. O mon âme, ne te laisse pas égarer : cherche Dieu seul, en qui se trouvent tous les biens. Et si tu veux le trouver sur-le champ, le voici près de toi : dis-lui ce que tu veux ; car c’est pour te consoler et t’exaucer qu’il est dans ce ciboire. Il n'est pas permis à tout le monde de parier au roi, dit sainte Thérèse ; tout ce qu’on peut espérer, c’est de lui faire parler par une tierce personne, Pour vous parler, à Roi de gloire, il ne
faut pas d’intermédiaire ; vous êtes toujours prêt à donner audience dans le Sacrement de l’autel : quiconque désire vous parler, vous trouve là à toute heure, et peut s’entretenir seul à seul avec vous. Et lors même qu’on est admis devant le roi, combien ne faut-il pas attendre ! les rois ne donnent audience qu’à certains jours de l’année ; mais vous, dans ce Sacrement, vous nous donnez audience à tous, la nuit comm le jour, chaque fois que nous le désirons.
O SACREMENT d'amour, soit que Vous vous donniez à nous dans la sainte communion, soit que vous demeuriez avec nous sur les autels, vous avez l’art de vous attirer les cœurs par les charmes séduisants de votre tendresse. Oh !
combien d’âmes, éprises de vos perfections, ravies de votre ineffable bonté, brûlent pour vous des plus heureuses flammes, et pensent toujours à vous ; attirez donc aussi mon pauvre cœur, il désire vivement s'attacher à vous et vivre esclave de votre amour. Dès ce moment, je dépose tous mesintérêts, toutes mes espérances, toutes mes affections, mon âme, mon corps, oui, je dépose tout entre les mains de votre bonté ; acceptez-moi, Seigneur, et disposez de moi selon votre bon plaisir. O mon amour, je ne veux plus me plaindre des saintes dispositions de votre providence ; je sais que, procédant toutes de votre Cœur si aimant, elles sont toutes pleines d'amour et très avantageuses à mon âme ; c’est assez pour moi que vous les vouliez : je les veux aussi sans restriction et pour le temps et pour l'éternité, Faites de moi et en moi tout ce qu’il vous plaît ; je m'unis sans réserve à votre volonté, toujours toute sainte, toute bonne, toute belle, toute parfaite, toute aimable. O ‘olonté de mon Dieu, que vous m'êtes chère ! je veux vivre =t mourir étroitement uni à vous : ce qui vous plaît, me plaît ; je veux que vos désirs soient mes désirs.
VISITES AU SAINT-SACREMENT 21 Mon Dieu, mon Dieu, aidez-moi : faites que désormais je vive uniquement pour vous servir, pour vouloir ce que vous voulez, pour aimer votre aimable volonté. Puissé-je mourir pour votre amour, Ô vous qui avez daigné mourir pour moi et devenir l'aliment béni de mon âme ! Je maudis ces jours où j'ai fait ma volonté, à votre grand déplaisir. — Je vous aime, Ô Volonté de Dieu, je vous aime autant que j'aime Dieu, puisque vous êtes Dieu lui-même ; je vous aime donc de tout mon cœur, je me donne tout à vous,
ORAISON JACULATOIRE. O Volonté de Dieu, vous êtes mon amour.
A la sainte Vierge.
La Reine incomparable nous dit: Les richesses divines sont avec moi, pour em combler ceux qui m'aiment. Aimons donc Marie, si nous voulons être riches de grâces. L'abbé de Celles lui donne le titre de Trésorière des grâces. Heureux celui qui recourt à Marie avec amour et confiance ! O ma Mère, mon espérance, vous pouvez me rendre saint ; j'espère de vous cette grande faveur.
ORAISON JACULATOIRE. O Mère très aimable, priez pour moi.
11e Visite.
Au Saint-Sacrement.
Garpows-Nous bien, dit sainte Thérèse, de nous éloigner de Jésus, et de jamais perdre de vue notre bien-aimé Pasteur ; car les brebis qui se tiennent auprès de leur pasteur, sont toujours les plus caressées et les plus favorisées ; jamais ilne manque de leur donner quelque morceau choisi du pain qu'il mange lui-même. Si le pasteur vient à s’endormir, la brebis fidèle ne le quitte pas jusqu'à ce qu'il se lève ou qu'elle-
même le tire de son sommeil ; et alors elle en reçoit de nouvelles marques de prédilection.
O mon Rédempteur ici présent sur l’autel, me Voici près de vous : l'unique marque de tendresse que je vous demande, c’est ja ferveur et la persévérance dans votre amour. Je vous remercie, Ô sainte foi : c’est vous qui m’apprenez d’une certitude infailiible que, dans l’adorable Sacrement de l’autel, dans ce pain céleste, il n'y a plus de pain, mais que mon Seigneur Jésus-
hrist y est tout entier, et qu’il y demeure pour mOn amour. Oui, mon Dieu et mon tout, je vous crois présent dans la divine Eucharistie : ét sans vous voir des yeux de la Chair, je vous reconnais à la lumière de la foi, dans l’hostie consacrée, pour le Souverain du ciel et de la terre et pour le Sauveur du monde. Ah ! mon très doux Jésus, puisque vous êtes mon espérance, mon salut, ma force, ma consolation, je veux que Vous Soyez aussi tout mon amour, l’unique objet de toutes mes pensées, de tous mes désirs, de toutes mes affections. Je me réjouis plus de la suprême félicité dont vous jouissez et jouirez éternellement, que si je possédais tous les biens du temps et de l'éternité : mon plus grand bon. heur, c’est de penser, Ô mon bien-aimé Rédempteur, que vous êtes parfaitement heureux, et que votre félicité est infinie. Régnez, Seigneur, régnez sans Partage sur mon âme, je vous la donne tout entière : possédez-la toujours : que ma volonté, mes sens, mes jacultés, que tout soit esclave de votre amour, et ne serve dans le monde qu'à votre bon Plaisir et à votre gloire. Telle a été votre vie, 6 Première Amante et Mère de mon Jésus ! Vierge toute sainte, aidezmoi : obtenez-moi la grâce de vivre désorm comme VOUS avez toujours vécu, le cœur plein de joie d’être à Dieu sans réserve.
ORAISON JACULATOIRE. Mon Jésus, que je sois tout à vous, et que vous soyez tout À moi |
À lu sainte Vierge.
Heureux l’homme qui veille chaque jour à l'entrée de ma maison, et qui se tient à ma porte. Oui, heureux celui qui, imitant l’assiduité des pauvres aux portes des riches, est attentif à demander une aumône de grâces à la porte de la miséricorde de Marie ! et plus heureux celui qui s'applique en outre à imiter ses vertus, particulièrement sa pureté et son humilité !
ORAISON JACULATOIRE. O Marie, mon espérance, secourez-moi,
12e Visite, Au Saint-Sacrement.
Dieu est amour, et celui qui demeure en l'amour, demeure en Dieu et Dieu demeure en lui. Celui qui aime Jésus demeure avec lui. Quand saint Philippe de Niri reçut le saint Viatique, il s’écria, en voyant entrer le Seigneur : « Voici mon amour ! voici mon amour ! » Que chacun de nous dise donc aussi, en présence de Jésus- Sacrement : Voici mon amour, voici l'objet de mes affections, pour toute ma vieet pour toute l'éternité.
O mox Seigneur et mon Dieu, vous avez dit dans l'Evangile, que celui qui vous aime, sera aimé de vous, et que vous viendrez habiter en lui, pour ne plus vous en éloigner : Si quelqu'un m'aime, mon Père l'aimera ; ct nous viendrons en lui, et nous ferons en lui notre demeure. Ah ! je vous aime plus que tous les biens, aimez-moi donc aussi ; je prélère votre amour à tous les royaumes du monde ; venez fixer votre demeure dans la pauvre maison de mon âme, de teiie sorte que vous ne me quittiez jamais plus, ou pour mieux dire, que jamais plus jene vous chasse de mon âme ; car vous ne quittez une âme que lorsque vous en êtes expulsé. Si je vous
24 VISITES AU SAINT-SACREMENT ai chassé autrefois, je puis encore le faire à l'avenir ; ah ! ne permettez pas que le monde soit souillé d’une telle scélératesse, d’une si noire ingratitude ; non, ne permettez pas qu'’après tant de faveurs privilégiées, il m'arrive encore de vous expulser de mon âme ! Hélas!
ce malheur peut m'arriver de nouveau : c'est pourquoi, Seigneur, je désire la mort, si cela vous plaît, afin qu’en mourant uni à vous, j'aie le bonheur de vivre uni à vous pour toujours. Oui, mon Jésus, voilà ce que j'espère, Je vous embrasse, je vous presse sur mon pauvre cœur : faites que je vous aime toujours, et que toujours je sois aimé de vous. Oui, mon très aimable Res je vous aimerai toujours, et toujours vous n’aimerez, J'espère que nous nous aimerons toujours, Ô Dieu de mon âme, pendant toute l'éternité ! Ainsi-soit-il.
ORAISON JACULATOIRE. Mon Jésus, je veux toujours vous aimer et être aimé de vous.
À la sainte Vierge.
CELUI qui s'attache à mon service, dit Marie, aura la persevérance. Et ceux qui travaillent à me faire connaïtre et aimer des autres, seront prédeslinés. Prenez la résolution de parler, toutes les fois que vous le pourrez, soit en public, soit en particulier, des gloires de Marie et de la dévotion qui lui est due.
ORAISON JACULATOIRE. Permettez-moi de publier vos louanges, à Vierge sainte !
13e Visite.
Au Saint-Sacrement.
MES yeux et mon cœur seront là tous les jours. Cette belle promesse, Jésus la réalise dans le
Sacrement de l'autel en demeurant au milieu de nous nuit et jour, Mais, Seigneur, c'était bien
pt
assez de rester dans cet auguste Sacrement durant le jour : alors vous pouvez avoir des adorateurs de votre divine présence, pour vous tenir compagnie ; pourquoi voulez-vous y demeurer encore la nuit, quand les églises sont
fermées, et que les hommes se retirent chez eux,
vous laissant absoiument seul ? Ah! je vous comprends : l’amour vous a rendu notre prisonnier : l’amour passionné que vous avez pour nous, vous tient tellement attaché sur la terre, que, ni la nuit, ni le jour,il ne vous permet jamais de vous éloigner de nous. Ah ! très-aimable Sauveur, cette seule marque de votre tendresse devrait suffire pour obliger ious les hommes à se tenir continuellement en adoration devant le Saint-Ciboire, au point de n’en pouvoir être arrachés que par la force ; encore ne devraient-ils s'éloigner qu’en laissant au pied de l’auteltoutes les affections de ieurs cœurs envers ce Dieu fait homme, qui veut bien rester seul, même la nuit, enfermé dans un petit tabernacle, tout yeux pour veiller et pourvoir à nos besoins, tout cœur pour nous airier, attendant le jour suivant pour recevoir la visite de ces âmes chéries.
Our, mon Jésus, je veux vous satisfaire : je
. Vous consacre toute ma volonté et toutes mes
affections. O majesté infinie d’un Dieu, vous avez voulu demeurer dans cet adorable Sacrement, non seulement pour être toujours aupr:èsde nous, mais principalement pour vous unir aux âmes que vous chérissez. Mais, Seigneur, qui osera s'approcher pour se nourrir de votre chair sacrée ? et d’un autre côté, qui pourra s'éloigner de vous ? Si vous vous cachez sous le voile de j’hostie consacrée, c'est afin d'entrer en nous et de posséder nos cœurs. Vous brülez du désir d’être reçu de nous, et vous tressaillez de joie lorsque vous êtes uni à nos âmes. Venez donc, Ô mon Jésus, venez : je désire ardemment de vous
recevoir en moi-même, afin que vous soyez le Dieu de mon cœur et de ma volonté. Tout ce qui est en moi, à mon doux Rédempteur, je l’abandonne à votre amour : satistactions, plai- Sirs, volonté propre, Soyez maître de tout. O Amour, 6 Dieu d'amour, régnez sur moi ; triomphez de tout mon être ; détruisez, sacrifiez en moi tout ce qui est à moi et n’est pas à vous, O mon amour, ne permettez pas que mon âme, remplie de la majesté d’un Dieu après vous avoir reçu dans la sainte Communion, s’attache Encore aux créatures. Je vous aime, Ô mon Dieu, je vous aiine, et je ne veux aimer que vous seul
ORAISON JACULATOIRE. Attirez-moi par les liens de votre amour, ô mon Jésus !
À la sainte Vierge.
SAINT sernard nous engage à chercher la grâce et à la chercher bar Marie. Elle est le Trésor des grâces, dit saint Pierre Damien. Elie peut nous enrichir, elle veut nous enrichir: aussi invite t-elle les pauvres à recourir à sa bonie : S quelqu'un est petit, qu'il vienne à moi. O trèsaimable, très-baute, très-grâcieuse Souveraine, jetez les veux sur un Pauvre pécheur, qui se Tecommande à vous et met en vous toute sa confiance.
ORAISON JACULATOIRE. Nous nous réfugions SOus votre protection, ô sainte Mère de Dieu !
14e Visite.
Au Saint-Sacrement.
O TRÈS-AIMABLE Jésus, je vous entends dire du fonds de ce tabernacie où vous résidez :
Voici pour toujours le lien de MON Yepos ; j'y habiterai, parce que je l'ai choisi, Si donc vous avez voulu fixer votre demeure Parmi nous dans le
Sd DAME DE rer oo
ra no
sans
Saint-Sacrement, et si l'amour que vous nous portez, vous y fait trouver votre repos, il est bien juste que noscœurs y babitent toujours avec VOUS par amour, et qu’ils y trouvent leur repos et toutes leurs céiices, Oh! que vous tes heureuses, Âmes aimantes, qui ne trouvez point en ce monde de plus douce consolation que de demeurer auprès de votre bien-aimé Jésus dans l'Eucharistie ! Que je serais heureux moi-même, ô mon Sauveur, si désormais mon plus grand plaisir était de me tenir sans cesse en votre présence, ou du moins, de penser toujours à vous, qui, dans ce Sacrement, pensez toujours à moi et à mon bonheur !
Ah ! Seigneur, pourquoi donc ai-je perdu tant d'années en vivant sans vous aimer ? Années malheureuses de ma vie, je vous maudis !.... Et Vous, je vous bénis, Ô patience infinie de mon Dieu, qui avez supporté si longtemps une créature äussi rebelle que moi à votre amour. Malgré tant d’ingratitude, vous m’attendez toujours : Pourquoi, Ô mon Dieu, pourquoi ? Ah ! c’est afin qu’un jour, vaincu par votre miséricorde et par votre amour, je me rende entièrement à vous.
Seigneur, c'en est fait : je ne veux pas vous résister davantage, jJene veux plus vivre dans lingratitude. Ii est juste que je vous consacre le reste de mes jours, quel qu’en soit le nombre, O mon Jésus, j'espère que vous m'aiderez à vous faire ‘le don complet de moi-même. Si vous m'avez traité avec tant de bonté quand je vous fuyais et que je méprisais votre amour, que n'aije pas à espérer maintenant que je vous cherche avec le uésir de vous aimer. Accordez-moi la grâce de vous aimer, 6 mon Dien digne d’un amour infini ! Je vous aime de tout mon cœur ; le vous aime par-dessus toutes choses ; je vous aime plus que moi-même, plus que ma vie. O Bonté infinie, je me repens de vous avoir offensée ; pardonnez-moi, et avec le pardon accor-
dez-moi Ja grâce de vous aimer ardemment en cette vie jusqu’à la mort, et en l’autre durant toute l'éternité. O Dieu tout-puissant, montiez au monde ce nouveau Prodige de votre puissance : qu'une âme aussi ingrate que l'a été la mienne, devienne l'une des plus ferventes dans votre amour. Faites-le, Par vos mérites, mon Jésus ! Tel est mor désir, telle est ma résolution : vous qui m'inspirez ces bons sentiments, donnez-moi ja force de les mettre à exécution.
ORAISUN JACULATOIRE. Mon Jésus, je vous rends grâces de m'avoir attendu jusqu'à ce Jour.
À la sainte Vierge.
PersoNXe, dit Saint Germain en s'adressant à Marie, personne ne barvient au salut, sinon bar VOUS ; personne ne se Sauve, Sinon par vous : ber- Sonne n'est délivré des dangers, sinon Par vous ; Personne ne reçoit aucune faveur divine, sinon Par vous. Ainsi, ma Souvera ne et mon espérance, si Vous ne m'assistez, je suis Perdu : jamais je ne POurrai aller vous bénir en parad:, Mais J'entends tous les Saints proclamer que vous n’abandonnez jamais celui qui vous invoque ; que celui-là seul se Perd, qui n’a point recours à vous. Je vous implore donc dans ma misère, Ô Reine très-clémente, etie mets en vous toutes mes espérances,
ORAISON JACULATOIRE. Marie esttoute ma confiance : Marie est tout le fondement de mon espérance.
15° Visite.
<ü Saint Sacrement.
JE suis venu apporter le feu sur La terre, dit le Sei- BNEUT, cf que désiré-je, sinon qu'il s'allume ? Selon
le vénérable père François Olimpio, théatin, rien sur la terre n’est plus propre à allumer le feu de l'amour divin dans le cœur des hommes, que le Sacrement de l'autel. C'est ce que le Seigneur fit entendre un jour à sainte Catherine de Sienne, en lui 2pparaissant dans l'hostie consacrée, sous la forme d’une fourtaise d'amour, d’où jailiissaient des torrents de flammes divines qui se répandaient par toute la terre ë à cette vue la sainte se demandait avec étonne: ment, comment il était possible aux hommes de vivre au milieu de ce brasier divin, sans être consumés par l'amour, O mon Jésus, faites que je brûle d'amour pour vous, faites que je ne pense qu’à vous,que je ne soupire qu'après vous, que je ne désire et ne cherche que vous.Oh ! quel bonheur pour moi, si ce feu sacré me possédait tout entier, etsi, à mesure que mes années se consument, il consumait heureusement en moi toutes les affections terrestres !
O VEerse divin, 6 mon Jésus, je vous vois tout sacrifié, tout anéanti sur l'autel pour l’amour de moi ; Ô victime d'amour, puisque vous vous immolez entièrement pour moi, il est bien juste Que je me consacre entièrement à vous. Oui,mon Dieu et mon suprême Seigneur, je vous offre aujourd’hui en sacrifice toute mon âme, tout moi-même, toute ma volonté, toute ma vie. Ce pauvre sacrifice de moi-même, Ô Père éternel, je l’unis au sacrifice infini que Jésus, votre Fils et mon Sauveur, vous a fait de lui-même sur la croix, et qu’il renouvelle chaque jour er.core sur tant d’autels. Agréez-le donc par les mérites de Jésus, et donnez-moi la grâce de le renouveler tous les jours de ma vie, et de mouriren me sacrifiant tout entier à votre honneur. Je désire la grâce accordée à tant de martyrs, de mourir pour votre amour ; mais si je ne suis pas digne d’une telle faveur, au moins, Sei neur, accordez-moi la grâce de vous faire de tout mon
À la sainte Vierge.
O mA douce Souveraine, Pérmettez-moi de Vous proclamer, avec votre dévot serviteur saint Bernard, tout Le fondement de mon ser ace ; et laissez-moi ajouter avec saint Jean !
donc à vous, à Marie, de me Procurer le salut, et Pour cela vous n'avez qu’à le vouloir, dit saint BonavVenture. Veuillez donc me Sauver, et je le serai. Mais vous ne faites cette faveur qu’à ceux qui vous invoque : eh bien, voici que je vous
ORAISOoN JACULATOIRE. O Salut de ce: x qui
16e Visite.
Au Saint-Sacrement,
Ou ! si les hommes récouraient toujours au Saint-Sacrement Pour chercher le remède à
rables ! Ouoi donc ! s’écriait Jérémie, #'y a-t-5l Point de baume dans Galaad ? où ne s'y trouve-t-il
qui nous a préparé dans l'Eucharistie tous les remèdes à nos infirmités. Poui quoi donc, semble nous dire le divin Rédempteur, pourquoi vous plaignez-vous de vos misères, Ô enfants d'Adam, Puisque vous avez dans ce Sacrement le médecin et le remède de tous vos maux ? Venez tous à mor... etje vous soulagerai.
Mon Jésus, je vous dirai donc avec les sœurs de Lazare : Celui que vous aimez est malade. Oui, Seigneur, je suis ce misérable que vous aimez; j'ai l’âme toute couverte des blessures du péché; Je viens à vous, Ô mon divin médecin, afin que vous me guérissiez ; vous pouvez me guérir, si vous le voulez : Ah! guérissez mon âme, car j'ai béché contré vous.
ATTIREZ-MoI tout à vous, Ô mon très-doux Jésus, captivez-moi par les aimables attraits de votre amour. J'aime mieux être dans vos douces chaînes que de devenir le maître de toute la terre, Te ne désire rien au monde, que de vous aimer. J'ai bien peu à vous donner ; mais, si je pouvais avoir tous les royaumes de l'univers, je ne les voudrais qu’en vu d’y renoncer sans réserve
Our votre amour. Je renonce donc pour vous
tout ce que je puis avcir, À tous mes parents, à toutes . es commodités, à tou mes goûts, même aux consolations spirituelles ; je renonce pour vous à ma liberté, à ma volonté. Je veux vous donner toutes mes affections. Je vous aime, Bonté infinie, je vous aime plus que moi-même, et j'espère vous aimer éternellement.
ORAISON JACULATOIRE. Mon Jésus, je me donne tout À vous, recevez-moi.
À la sainte Vierge.
© m4 Souveraine, vous avez dit à sainte Brigitte : Quelque pécheur que soit un homme, s'il revient à moi avec un sincère repentir, je suis toujours prête à de recevoir ; je tie fais pas attention à l'énormité de
32 VISITES AU SAINT-SACREMENT ses fautes, mais aux dispositions de son cœur ; etje ne dédaigne point de panser et de guérir ses blessures ; car on m'appelle et je suis en réalité la Mère de miséricorde. Puisque vous pouvez me guérir, et que vous en avez le désir, me voici, à Mère de miséricorde, me voici recourant à vous comme à mon céleste médecin : guérissez toutes les plaies de mon âme ; vous n'avez qu’un mot à dire à votre divin Fils, et je serai guéri.
OkAISON JACULATOIRE.-O Marie, ayez compassion de moi.
17e Visite,
Les âmes aimantes ne connaissent pas de plus grande jouissance, que de se trouver en présence des personnes qu’elles aiment, Si donc nous aimions beaucoup Jésus-Christ, nous voici devant lui. Jésus, dans son Sacrement, nous regarde, nous écoute ; n’avons-nous rien à lui dire ? Que sa compagnie nous console ; réjouissons-nous de sa gloire et de l’amour que tant d’âmesardentes ont pour ce divin mystère ; désirons que tous les hommes aiment jésus-Sacrement et lui consacrent leurs cœurs; nous au moins, Consacrons-lui toutes nos affections ; qu’il soit tout notre amovr, l’unique objet de nos désirs. Le père Salès, dela Com;agnie de Jésus, éprouvait une vive consolation lorsqu'il parlait du Saint-Sacrement, Il ne se lassait jamais de le visiter ; l’appelait-on à la porte, retournait-il À sa chambre, circulait-il dans la maison, il profitait toujours de ces occasions pour renouveler ses visites à son bien-aimé Seigneur ; on observa qu’il laissait passer à peine une heure de la journée, sans lui rendre cet hommage. Aussi méritat-il de mourir par la main des hérétiques, en défendant le dogme de la présence réelle. Oh! puissé-je, moi aussi, avoir le bonheur de mourir pour une si belle cause, que la défense de cette
auguste vérité ! elle nous fait si bien connaître Ô très aimable Jésus, la tendresse de votre amour pour nous ! Mais, Seigneur, à tant de merveilles que vous opérez dans ce Sacrement, ajoutez encore celle--i : Attirez-moi entièrement à vous ; ah! vous ess0z que je sois tout à vous, vous le méritez i..nniment : 5: nnez-moi donc la force de vous air cr de tout :0on cœur. Pour les biens de ce mond:. donnez-les à qui il vous plaît; j'y renonce totalement. Je ae soupire qu'après votre amour; c’est l’unique bien que je vous demande et vous demanderai toujours. Je vous aime, Ô mon Jésus ; faites que je vous aime toujours et que je n’aime que vous.
ORAISON JACULATOIRE, Mon Jésus, quand vous aimer ai-je véritablement ?
À la sainte Vierge.
MA très douce Reine, oh ! qu’il me plaît ce beau nom que vous donnent vos pieux serviteurs : Mère aimable ! Oui, vous êtes tout aimable, Ô ma Souveraine : votre beauté a ravi le Sei. g'ieur lui-même. « Votre nom seul est si agréable à ceux qui vous aiment, dit saint Bonaventure, que, dès qu'ils le prononcent ou qu'ils l'entendent, ils sentent s’allumer et s’accroître en eux le désir de vous aimer davantage. » Il est donc juste que je vous aime, Ô ma très aimable Mère ; je ne me contente pas de vous aimer : je désire d'abord sur laterre,et ensuite au ciel,tenir, après Dieu, la première place parmi ceux qui vous aiment. Si ce désir est trop hardi, c’est votre amabilité, ainsi que l’amour spécial que vous m'avez montré, qui en sont la cause 81 vous étiez moins aimable, je désirerais moins de vous aimer. Daignez donc agréer mon désir, Ô ma Souveraine, et comme preuve que vous l'acceptez, obtenez-moi de Dieu cet amour que je vous demande, puisque l’amour qu’on a pour vous lui est si agréable,
ORAISON JACULATOIRE. O ma très aimable Mère, je vous aime beaucoup.
18° Visite.
Au Saint-Sacrement.
UN jour, dans la vallée de Josaphat, Jésus apparaîtra sur un trône de gloire : mais dans le Saint-Sacrement, il est assis sur un trône d'amour. Si, pour témoigner son amour à un pauvre berger, le roi allait habiter le village où il demeure, quelle ne serait pas l’ingratitude de ce villageois, s’il n’allait pas souvent visiter son prince, sachant bien que celui-ci désire avec ardeur de le voir, et que c’est pour en avoir fréquemment l’occasion qu’il s’est fixé près de lui ! Ah! mon Jésus, c’est votre amour pour moi, Je le sais, c'est votre amour pour moi, qui vous fait résider dans le Sacrement de l’autel, | que ne m'est-il permis de rester nuit et jour en votre présence ! Seigneur, si les anges vous entourent sans cesse, É'onnés de l’amour que vous nous portez, il est bien juiste qu'en vous considérant sur cet autel à cause de moi, je vienne à vos pieds louer l’amour et la bonté que vous avez pour moi: Ÿe célébrerai votre gloire en Drésence de vos anges, je vous adorerai dans votre * saint temple; et je publiera les louanges de votre nom au Souvenir de votre miséricorde et de votre vérité,
O DIEU-SACREMENT, Ô pain des anges, Ô aliment divin, je vous aime, mais vous n'êtes pas satisfait de mon amour, ni moi non plus : je vous aime, mais je vous aime trop peu. Faites, Ô mon Jésus, que je connaisse la beauté, la bonté immense que j'aime ; faites que mon cœur bannisse toutes les atfections terrestres et laisse une entrée entièrement libre à votre divin amour. Quoi ! pour gagner mon cœur, et vous unir tout
à moi, vous descendez chaque jour du ciel sur les autels ‘ n’est-il pas juste que je ne pense plus qu’à vous aimer, À vous adorer et à vous plaire ? Oh ! je vous aime de toute mon âme, je vous aime de toutes mes forces. Si vous voulez me récompenser de cet amour, donnez-moi un amour plus grand, des ardeurs plus vives, un désir de vous plaire toujours croissant.
ORAISON JACULATOIRE. O Jésus, mon amour, donnez-moi votre saint amour.
À la sainte Vierge.
DE même que les pauvres qui sont malades et abandonnés de tout le monde à cause de leur misère, ne trouvent d’asile que dans les hôpitaux publics, ainsi les pécheurz les plus misérables, bien que rebutés de toutes parts, sont néanmoins accueillis par la miséricorde de Marie ; car Dieu l’a placée en ce monde pour être le refuge ou l'Hôpital ouvert à tous les pécheurs, Suivant l'expression de saint Basile. C'est aussi ce qui la fait nommer, par saint Ephrem, l'Hôtellerie des pauvres pécheurs. Ainsi, ô ma Reine, si je recours à vous, vous ne pouvez pas me repousser à cause de mes péchés ; au contraire, plus je suis misérable, plus j'ai de droit à être recu sous votre protection, puisque Dieu vous a créée pour tre le refuge des plus malheureux. J'ai donc recours à vous, à Marie, je me met: sous votre protection. Vous êtes je refuge des pécheurs ; soyez donc mon refuge et l'espérance de mon salut, Si vous me rejetez, à qui m'adresserai-je ?
ORAISON JACULATOIRE, O Marie, mon refuge, sauvez-moi,
36 VISITES AU SAINT-SACREMENT 19e Visite.
Au Saint-Sacrement.
C’EST une chose bien douce de se trouver dans la compagnie d’un ami véritable ; se peut-il donc que dans cette vallée de larmes, nous ne goûtions pas une douce consolation dans la compagnie du meilleur des amis, d’un ami qui nous peut faire toute sorte de bien, d’un ami qui nous aime si passionnément qu’il veut demeurer avec nous d’une manière permanente, Cet ami, nous le possédons au Saint-Sacrement :
c’est Jésus : nous pouvons nous entretenir avec lui tant qu'il nous plaît, lui ouvrir notre cœur, lui exposer nos besoins,lui demander ses grâces ; nous pouvons, en un mot, dans ce mystère, traiter avec le Roi du ciel en toute confiance et sans formalités. Le jeune Joseph fut au comble du bonheur dans sa prison, lorsque Dieu y descendit par sa grâce pour le consoler, comme l'Ecriture nous l’apprend : J! descendit avec lui dans la fosse, et il ne l'abandonne Das dans les chaînes. Mais nous sommes bien plus heureux de posséder continuellement au milieu de Dous, sur cette misérable terre,notre Dieu fait homme, qui, le cœur plein d'amour et de miséricorde, nous honore de sa présence réelle à chacun des instants de notre vie, Quelle consolation pour
Christ ; il nous encourage, au Saint-Sacrement,
6 , Le , . ÿ ’ vous délivrer. Accueillez-moi, demeurons tou- Jours ensemble, attachez-vous à moi ; ainsi, vous
sentirez moins vos misères ; et puis, vous viendrez avec moi dans mon royaume, où je vous rend'ai pleinement heureux.
O DrEu, Ô amour incompréhensible, puisque Vous poussez la bonté jusqu'à vouloir bien descendre du ciel sur nos autels, afin de demeurer au milieu de nous, je me propose de vous visiter souvent, je veux jouir le pius possible des charmes de votre présence, qui fait le bonheur des saints en paradis. Ok! que ne puis-je me tenir constamment devant vous, pour vous adorer et faire des actes d'amour ! Réveillez mon âme, je Vous en conjure, lorsque, par tiédeur ou pour les affaires du monde, je néglige de vous visiter. Allumez en moi un grand désir d’être sans cesse au pied du tabernacie, Ah ! mon tendre Jésus, que ne vous ai-je toujours aimé ! que n’ai-je toujours cherché à vous plaire ! je me console à la pensée qu’il me reste encore du temps pour le faire, non seulement dans l’autre vie, mais même en celle-ci. Oui, je veux vous aimer véritablement, mon Bien suprême, mon amour, mon tré- Sor, mon tout, Je veux vous aimer de toutes mes lorces,
ORAISON JACULATOIRE. Mon Dieu, aidez-moi à vous aimer,
À la Sainte Vierge.
ce qu’il m'a fait la grâce de vous connaître. Que Je serais malheureux sije ne vous connaissais pas, Où si je vous oubliais ! l'affaire de mon salut
D sus
irait bien mal. Mais, ma Mère, je vous bénis, je Vous aime, et j'ai tant de confiance en vous, que Je remets sans réserve mon âme entre vos mains.
ORAISON JACULATOIRE. O Marie, heureux qui Vous connait ct met en vous sa confiance.
20e Visite.
Au Saint-Sacrement.
EX ce jour-là, il J aura une fontaine ouverte à la Maison de David ët aux habitants de Jérusalem, four y laver les souillures du pécheur. Jésus dans le Saint-Sacrement est cette fontaine publique, prédite par le prophète, où nous pouvons, aussi Souvent que nous le voulons, aller purifier nos âmes de toutes les taches que nous contractons chaque jour en péchant, Lorsqu'on tombe en quelque faute, est-il un meilleur remède que d’avoir aussitôt recours au Saint-Sacrement ? Oui, mon Jésus, jé me Propose d’agir toujours ainsi désormais, d'autant plus que les eaux de cette divine fontaine ne servent pas seulement à purifier mon âme, mais encore à l'éclairer, à la tortifier contre ‘5 rechutes, à la soutenir dans les adversités, et même à j’enflammer de votre amour. C'est pour me combler de ces biens, je le Sais, que vous attendez ma visite, car vous aimez à récompenser par de grandes faveurs les visites de ceux qui vous aiment, O mon Jésus, purifiez-moi donc de toutes les fautes que j'ai commises aujourd’hui; je m’en lepens, parce qu’elles vous ont déplu. Donnez-moi la force de n’y plus retomber et un ardent désir de vous aimer beaucoup. Oh ! que ne puis-je rester toujours auprès de vouscomme votre fidèle servante Marie Diaz, Contemporaine de sainte Thérèse | Elle avait obtenu de l’évêque d’Avila la permission d’habiter dans Ja tribune d’une église, où elle se tenait Presque continuellement en pré-
sence du Saint-Sacrement, qu’elle appelait son Voisin ; elle n’en sortait que pour aller se confesser et communier. Le vénérable frère François de l'Enfant Jésus, carme déchaussé, passant devant les églises où était le Saint-Sacrement, ne pouvait s'empêcher d'y entrer pour le visiter; il disait qu’il ne convient pas à un ami de passer devant la maison de son ami, sans y entrer, ne fût-ce que pour le saluer et lui dire un petit mot ; mais il ne se contentait pas d’un mot, il restait toujours le plus qu’il était permis, devant son bien-aimé Seigneur.
O Bten infini, Ô mon unique bien, je vois que votre but, en instituant ce divin mystère et en vous tenant sur cet autel, est de vous faire aimer de moi; c’est aussi pour cette fin que vous m'avez donné un cœur capable de vous aimer beaucoup ; pourquoi donc, ingrat que je suis, ne vous aimé-je point, ou vous aimé-je si peu ? Non, il n’est pas juste d’aimer faiblement une bonté si aimable que la vôtre ; du moins, l’amour que vous avez pour moi, mérite que je Vous aime autrement : vous êtes un Dieu infini, et je ne suis qu’un misérable ver de terre ! c’est peu que je meure pour vous, que je me consume entiérement pour vous ; car vous êtes mort pour moi, et chaque jour encore vous vous sacrifiez tout entier sur les autels pour mon amour. Vous méritez d’être beaucoup aimé, je veux vous aimer beaucoup. Aidez-moi, mon Jésus, aidezmoi à vous aimer, à faire une chose qui vous est si agréable et que vous demandez de moi avec tant d'instance.
ORAISON JacuLATOIREe. Mon Bien-Aimé est à moi, et je suis à lui.
À la sainte Vierge.
.MA très-douce, très miséricordieuse et trèsaimable Reine, oh ! avec quelle tendre con-
fiance je recours à vous, lorsque j'entends ces paroles de saint Bernard : « Marie n’examine pas les mérites de celui qui recourt à sa bonté, mais elle offre son assistance à tous ceux qui la réclament. » Si donc je vous invoque, vous daignerez m’écouter. Eh bien ! voici ma prière : Je Suis un pauvre pécheur digne de mille enfers ; je veux changer de vie, je veux aimer mon Dieu ; hélas ! je l'ai tant offensé ! je me livre à vous comme esclave, je me donne à vous, tout misérable que je suis, et je vous dis : Sauvez celui qui est à vous, et n’est plus à lui-même, O ma Souveraine, m’avez-vous entendu et exaucé, je l'espère,
ORAISON JACULATOIRE. Je suis votre propriété, Ô Marie, sauvez-moi.
21° Visite.
Au Saint-Sacrement,
PARTOUT où se trouvera le corps, là s'assemblevont les aigles. Par ce Corps autour duquel jes aigles se rassemblent, les saints entendent communément celui de Jésus-Christ ; et par les aigles, ils entendent ‘les âmes détachées, qui s'élèvent, comme des aigles, au-dessus des cho-
affections, et où elles font leur continuelle demeure, Ces aigles trouvent aussi leur paradis sur la terre : c’est le Saint-Sacrement où réside Jésus qu’ils semblent ne Pouvoir se lassser d’entourer. Si les aigles, selon saint Jérôme, s'élancent de loin sur la proie que les attire, combien plus ne devons-nous Pas Courir et voler à Jésus dans le Saint-Sacrement, comme au plus délicicux aliment de nos cœurs ! Aussi les saints, dans cette vallée de larmes, ont-ils toujours été portés à courir, comme des cerfs altérés, à cette