‹ Vitraux de Bourges; vitraux du XIIIe siècle de la cathédrale de Bourges;Chapitre 49 sur 70 · SAINT JEAN L'ÉVANGÉLISTE PLANCHE XXII · texte numérisé non relu

SAINT JEAN L'ÉVANGÉLISTE PLANCHE XXII

De tous les vitraux des chapelles absidales, celui de saint Jean l'Évangéliste est le seul que les hommes du xvinr siècle, destructeurs, comme on sait, de la Sainte Chapelle de Bourges, aient complètement respecté. C’est à cet oubli de leur vandalisme que nous devons de retrouver au bas de la lancette, — première ligne G et D — la signature des donataires, les boulangers occupés à pétrir le pain et à le mettre dans le four.

Les huit tableaux des quatre lignes suivantes, riches d'un coloris agréable pour tout le monde, n’ont d'intérêt historique que pour les savants qui voudraient se rendre compte de l'identité et de la dignité des personnages.

Le peintre les a réunis, à titre de parenté plus ou moins rapprochée et plus ou moins certaine, avec la personne du divin Sauveur. Qu'il nous suffise de donner leurs noms, selon le rang qu’ils occupent dans la verrière, en commençant par la gauche de la première série : Anne et Joachim, la Sainte Vierge entre Jésus et saint Joseph, Anne et Cléophas, Alphée et Marie, Anne et Zébédée, Anne et Jacob, un groupe de six apôtres descendant à différents degrés de sainte Anne.

Sixième ligne. — Ce n’est donc qu’à partir de la sixième ligne que le peintre reproduit les traits de la vie de saint Jean, qui sont le sujet de ce vitrail. Saint Jean était fort âgé, lorsque éclata, sous Domitien, la seconde persécution. Le proconsul d'Asie, Apollon Thianée, son ennemi particulier, le fit conduire à Rome, pieds et mains liés, et l’empereur lui-même l’appela à son tribunal, lui reprochant, entre autres accusatons, d'adorer un Dieu qui n'avait pas reçu l'approbation du Sénat, peu difficile pourtant à adopter les dieux des nations étrangères. Mais l'historien Orose raconte que sur ce sujet les Péres conscrits avaient été, dès l’origine, froissés dans leur amour-propre, par une lettre de Ponce- Pilate adressée directement à Tibère avant de leur être présentée à euxmêmes.

mesquin, et que les blessures d’amour-propre sont les plus diff guérir, surtout lorsqu'elles atteignent les prérogalives de ce appelle un corps constitué, comme l'était le Sénat romain. Domi son nee bapôire à mort (G), et les Pots Foy Con

ser (D) aux pieds de l’apôtre saint Jean.

Pour comprendre cette scène, il faut lire ce que raconte la Légende ue : «€ DE jeunes gens TT: TS ce qu'ils pr

changea en or et en pierres précieuses. »

Huitième ligne. — (G) Saint Jean, exilé dans l'ile de Paie écr dans la solitude son livre de l'Apocalypse. Il bénit (D), en présence DRerE So une ne an joint ES mains en se dressant :

l'explication de. ce tableau : « Quand le Saint entra dans Éphèse, une ‘ femme nommée Drusienne, qui avait beaucoup désiré sa venue, était morte, et on la portait au cimetière ; et ses parents, les veuves et les orphelins dirent à l’apôtre : « Jean, voici Drusienne qui est morte, elle qui se conformait à tous tes conseils, et qui nous nourrissait, qui désirait ardemment ton arrivée, et elle ne demandait qu'à .voi l’apôtre de Dieu avant d’expirer. » Et alors Jean ordonna de pose corps par terre et de le délier, et il dit : « Notre Seigneur est ressus= cité; lève-toi, Drusienne, retourne chez toi, et apprète-moi de la nour riture! »

Elle se leva et s’en retourna dans sa maison, et il lui semblait 5 n'était pas morte, mais 1 elle revenait d’un PE sommeil.

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niers personnages, d Do ones encore, puis s’élevant en l'air, sous. la bénédiction de l’apôtre.

PP F La Légende dorée nous apporte encoreici, le secours de son langage pieux et sans apprêt.

« Quand le bienheureux saint Jean eut prèché dans toute l'Asie, les prètres des idoles soulevèrent le peuple contre lui. L’un d'eux, Aristodème, lui dit : Si tu veux que je crois en ton Dieu, je te donnerai à boire du poison, et s’il ne te fait point de mal, tu auras montré que ton Dieu est véritable. Et l'apôtre lui dit: Fais ve que tu voudras. Et Aristo- “dème dit : Je veux que tu vois mourir d’autres avant toi; et il alla trouver le Gouverneur, et il lui demanda deux hommes condamnés à mort, qui lui furent accordés. Il leur donna le poison en présence de tout le peuple, et aussitôt qu’ils l’eurent bu, ils tombèrent morts. Et alors l’'apôtre prit la coupe, et il fit le signe de la croix. Il but tout le poison, et il n’eut aucun mal ; et le peuple se mit à louer Dieu. Et Aristodème dit : J'ai encore quelque doute ; mais je croirai si lu ressuscites les morts. Et l’apôtre lui donna son manteau; et Aristodème lui demanda pourquoi. Jean lui dit : C’est afin de te confondre et que tu te repentes de ton endurcissement. Va, et pose mon manteau sur le corps des morts en disant : l’'apôtre de Jésus-Christ m'a envoyé vers vous afin que vous ressuscitiez au nom de Jésus-Christ. Et Aristodème le fit, et es morts ressuscitèrent aussitôt. Et l’apôtre baptisa Aristodème ainsi que le Gouverneur de la ville et toute sa famille; et ils fondèrent une Église. »

Médaillon (D) de la neuvième et de la dixième ligne. — Jean avait quatre-vinget-dix-neuf ans, lorsque Notre-Seigneur lui apparut et lui dit: Viens à moi, mon bien-aimé! car il est temps que tu t'assois à ma table avec tes frères. Et alors saint Jean se leva, et Notre-Seigneur lui dit: [lu viendras dimanche me rejoindre. Et quand le dirnanche vint, J'apôtre assembla tout le peuple dans l’église à laquelle on avait donné son nom, et il exhorta les fidèles à demeurer dans la foi et à observer les commandements de Dieu; et après, il fit faire une fosse toute carrée au pied de l’autel, et il fit jeter la terre hors de l’église. Et il se placça ensuile dans la fosse, les mains jointes, et il dit: Seigneur! je vous rends grâce de ce que je suis tel qu’il faut être pour partager sembla- … ble nourriture, et vous savez que je le désirais de tout mon cœur. Et … quand il eut fini sa prière, unesi grande clarté l’environna quenul u’en pouvait soutenir la vue ; et quand cette splendeur disparut, la fosse fut - trouvée toute pleine de manne. »

Te

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