VI VOCABULAIRE
sur le patois mancemi. Celle-ci fut achetée par moi pour être rapprochée des données précédentes.
De trois côtés divers, se réunissaient donc les matériaux utiles pour une augmentation du Vocabulaire. Des érudits, des amis des lettres, des amoureux du passé, presque tous campagnards, ont apporté un nouveau contingent de mots authentiques retrouvés dans le parler des cantons de la Sarthe. Les Revues historiques ont aussi fourni des appréciations et des citations intéressantes.
Fallait-il modifier la forme primitive de l'ouvrage ? lui enlever son cachet littéraire et provincial ? le présenter sous l'habit scientifique de la philologie française moderne? Le conseil m'en a été donné. — Mais un simple compilateur ne pouvait aborder cette tâche ; le temps pressait aussi, car le parler manceau s'en va, la civilisation l'expulse, dans peu d'années il aura
DU HAUT-MAINE Vil
disparu. C'est alors qu'il faudra dire, comme le Docteur A. Bos: « Notre glossaire n'est donc « qu'un catalogue nécrologique en commémo- « ration des mots trépassés. »
Pour ces deux raisons et d'autres encore, le Vocabulaire est resté ce qu'il était : format, disposition, simplicité, ce sont les mêmes errements ; mais le nombre des mots parlés, qui était en 1859 de trois mille environ sans les Additions, dépasse maintenant trois mille neuf cents. J'ai reproduit avec augmentation les articles De la Prononciation, et Du Vocabulaire, qui m'ont semblé utiles à conserver.
Enfin, si je n'ai pas réussià satisfaire le public manceau, on me rendra du moins cette justice, que le respect filial m'a dirigé dans la tâche que je me suis imposée, de perpétuer le souvenir d'un père vénéré.