‹ Vocabulaire de la langue françaiseChapitre 682 sur 712 · VID · texte numérisé non relu

VID

tage qu'on remporte sur un rival, j Fam., Chanter 'victoire. Se glorifier du succès, I Nom d'une divinité des anciens païens, qui la représentaient sous la figure d'une femme ayant des ailes , et tenant une couronne d'une main, une palme de l'autre.

(Vic-toua-re.)

VICTORIEUSEMENT, adv. D'une ma nière victorieuse. (Vic-to-rieu-ze-man.)

VICTORIEUX, EUSE. adj. {Victoriosus) Qui a remporté la victoire. (Vic-to-rieu ; ze.)

VICTUAILLE. s. f. coll. {Victualia.) Provisions servant à la nourriture des hommes. Fam. I Se disait, au plur.. Des vivTes qu'on cliarge sur un navire. (Vic-tu-a-lle fil m,].)

VID AME. s. m. {Vicis, dominus.) Celui qui anciennement ten.>t des terres d'un évêché, à condition de défendre le temporel de I evêque, et de commander ses troupes. | Celui qui possédait qqne. de ces terres, demeurée érigée en fief héréditaire.

yiDAMÉ. s. m. ou VIDAMIE. s. f. Dignité de vidame.

VIDANGE, s. f. Action de vider. ', L'état d'un vase qui n'est pas plein. On le dit également De la liqueur. | Au plur.. Les immondices , les ordures retirées d'un Ueu qu'on vide ou qu'on nettoie. | "Les évacualions que les femmes ont après l'accouchement. (Vi-dan-je.)

VIDANGEUR, s. m. Celui qui vide les fosses des privés. (Vi-dan-jeur.)

VIDE. adj. des 2 g. {Viduus.) Qui n'est pas rempli, qui n'est rempli que d'air. [Fam., Un temps adde, Un temps libre d'occupation. | Une scène , un acte vide, se dit D'une scène, d'un acte sans événement, sans action, sans incident. | Subst. m. Espace vide. I Se dit, fig., par rapport aux personnes ou aux occupations dont on vient dêlre -privé. | Vanité, néant. ( Toute ouverture ou baie dans un mur, tout espace entre les poteaux d'une cloison ou les solives d'un plancher. I Ce mur pousse au Vide, Il perd son aplomb, il déverse ou fait ventre, j Espace qui ne contient point d'air. | Vide absolu. Espace absolument vide de toute matière. | À VIDE. loc. adv. qui signifie que ce dont on parle ne contient rien. | Fam., Mâcher à ^7i3^e , Se repaître de fausses espérances. [ Corde à vide, Cellt dont on tire du son avec l'archet sans y porter aucun doigt.

VIDE-BOUTEILLE, s. m. Petite maison avec un jardin, près de la ville. ( — bou-tëlle[llm.].)

VIDER. V. a. {Viduus.) Rendre vide, ôter d'un sac, d'un vaisseau, ou de qq. ch. que ce soit, ce qui le remplissait, ce qui y était contenu. ( Fam., Vider une bouteille, un verre, Boire la liqueur qu'ils contiennent. | Vider une volaille, du gibier, du poisson. En tirer ce qui n'est pas bon à manger, j Vider un oiseau, Le purger. ( Vider les lieux, la province, etc., Sortir des lieux, d«

VIE

la province, etc. | En parlant Des affaires, Les terminer, les finir par jugement, par accommodement, ou d'une autre manière. | Vider ses comptes^ Les terminer.

VIDIMER. V. a. {Videre. ) Collationner la copie d'un acte sur l'original, et certifier qu'elle y est conforme.

VLDIMUS. s. m. {Videre.) T. lat. dont on se servait Pour dire qu'un acte avait été collationné sur l'original.

VIDRECOME. s. m. {Wiederhomm, ail.) Un grand verre à boire.

VIDUITÉ. s. f. (Viduitas.) Teuvage. L'état du mari dont la femme est morte, et qui n'est pas remarié ; et l'état de la femme dont le mari est mort, et qui n'est pas remariée.

VIE. s. f. (Vila.) L'état des êtres animés tant qu'ils ont en eux le principe des sensations et du mouvement. | Être en 'vie, Être vivant. | Demander la 'vie , se dit D'un homme qui prie son ennemi de ne pas le tuer. \ Il y a bien de la 'vie dans ce tableau. L'action y est vive, et les figurée en sont fort animées, j Ce style , ce discours est sans 'vie , Il est sans force , sans énergie. | Tout l'espace de temps qui s'écoule depuis la naissance jusqu'à la mort. | Une partie considérable de cet espace. | Eau-de-'vie , Liqueur spiritueuse tirée par distillation du vin, ou du cidre, du blé, du riz, des pommes de terre, etc. | L'existence de l'âme après la mort. I La 'vie éternelle. L'état des bienheureux dans le ciel. | Ce qui regarde la nourlilure et la subsistance. Demartûfcr sa vie. Demander l'aumône. | Etre de orande 'vie. Manger beaucoup. (Yi.) | La manière dont on se nourrit, dont on se traite, dont on se divertit. Fam. | Absol. et fam.. Faire la vie, l''aire bonne chère, se réjouir, se livrer à la débauche. | Se dit De ce qui regarde l'usage , les commodités ou incommodités de la vie. ] Tourmenter sa vie. Se donner beaucoup de mouvement, s'agiter. | Rendre la vie dure à qqn.. Lui faire de la peine, le chagriner à tout propos. | Se dit De ce qui regarde la conduite et les mœurs. | Se dit par rapport Aux occupations et aux professions différentes de la vie. | Fam., C'est sa vie , se dit D'une chose où un homme se plaît extrêmement , et dont il fait sa principale occuj)ation. | L'histoire, le récit des choses remarquables de la vie d'un homme. I Se dit en parlant Des plantes , des arbres , pendant qu'ils ont un principe de végétation. jPop., Crierie qu'on fait en querellant qqn., en lui reprochant qq. ch. | Pour la vie,

À. LA VIE ET À LA. MORT. loc. adv, PoUr tOU-

jours. I Pour la vie. Pour longtemps. I À VIE. loc. adv. Pendant tout le temps qu'on a à vivre. | De la vie , de ma vie , de sa vie, etc. loc. adv. Jamais.

VIÉDASE. s. m, T. injurieux , qui , dans

VIE 1109

son origine, signifiait, Yisage d'âne. (Viéda-ze.)

VIEIL ou VIEUX , VIEILLE, adj. Qui est fort avancé en â^e. Quand cet adjectif, employé au masc, est placé après le subst., on dit Vieux. Quand il précède le subst., et que ce subst. commence par une voyelle ou par une H non aspirée, on dit plus ordin. Vieil. 1 Le vieil homme, se dit en parlant Des inclinations vicieuses, mais anciennes, qui tiennent à notre nature. | .Se /«ire vieux , Vieillir, avoir acquis de l'âge. | L'apparence de la vétusté , les dehors de la vieillesse. ( S'emploie avec les adverbes Plus et Moins, et autres semblables, pour marquer La différence d'âge entre deux personnes. | Se dit D'une personne qui exerce une profession, un métier, qui mène un certain genre de vie depuis longtemps. Sert à marquer Les anciennes habitudes et surtout les habitudes vicieuses. | Une vieille fdle , Une fille qui a passé sa jeunesse sans se marier. I Un vieil ami , Un ami qui l'est depuis longtemps. | S'emploie pour exprimer la vénération qu'inspire le nom d'un homme célèbre mort depuis longtemps, en laissant une grande renommée. | Ancien, antique, qui existe depuis longtemps. | Ce mot, ce terme est vieux , Il a cessé d'être en usage. I Se dit De certaines choses par comparaison et par opposition à Nouveau. | Se dit Des choses qui sont usées. | Vieux et Vieille, subst. Faire le vieux. Prendre le ton , les habitudes de la vieillesse. | Fanj,, Conte de vieille, se dit Des fables ridicules, absurdes, comme en débitent les vieilles femmes ignorantes et crédules. | %^ieux. subst. m. Ce qui e^t vieux , usé. (Vieil , ou Vieû ; Vië-lle [Il m.].)

VIEILLARD, s. m. Homme qui est dans le dernier âge de la vie. | Se dit, au plur.. Des hommes et des femmes, en parlant d'une manière générale. (Vië-llar [11 m.].)

VIEILLERIE, s. f. Vieilles bardes, vieux meubles. | Se dit, fam.. Des idées rebattues et des phnises usées. (Vié-Ue-rie [Il m.J.)

VIEILLESSE, s. f. Le dernier âge de la vie. I Bâton de vieillesse , Celui ou celle qui sert de soutien à son père, à un vieillard, j Vétusté, ancienneté. | Les vieilles gens en général. (Vié-Uë-se [Il m.].)

VIEILLIR. V. n. Devenir vieux. | Se dit De certaines choses qui avec le temps perdent de leur force, de leur vigueur. | Se dit De ce qui commence à n'être plus d'usage, à passer. | Paraître vieux. | V. a. Rendre vieux, faire paraître vieux avant le temps. (Vié-llir [11 m.].)

VIEILLISSANT, ANTE.adj. Qui devient vieux. Poét. (Vié-lli-san [11 m.].)

VIEILLISSEMENT, s. m. État de ce qui vieillit, acheminement à la vieillesse. (Viélli-se-man [Il m.].)

VIEILLOT, OTTE. adj. et s. Qui com

IIIO

VIE

mence à avoir l'air vieiuu Se dit par plaisanterife. (Vié-Uô ; o-te [11 m.].)

VIELLE, s. f. Instrument de musique k corde de boyau , dont ou joue par le moyen de qqs. touches et d'une petite roue qu'on tourne avec une manivelle. (Yië-Ie.)

VIELLER. V. n. Jouer de la vielle, | User de longueurs inutiles dans un ouvrage.

(Vië-lé.)

TIELLETJR, EUSE. s. Celui, celle qui joue de la vielle. (Vië-leur ; eu-ze.)

VIERGE. §. f. (rirgo.) Fille qui a vécu dans une continence parfaite. | Se dit par excellence de Marie, mère de Dieu. | Un des douze signes du zodiaque, le sixième à commencer par le Bélier. | Adj. des 2 g. Se dit Des personnes , filles ou garçons , qui ont vécu dans une continence parfaite. | Terre vierge , Terre qui n'a jamais été soumise à la culture. | Métaux vierges , Ceux qui se trouvent purs et sans mélange dans le sein de la terre. | Une réputation vierge. Une réputation intacte, j Vigne vierge.

Arbrisseau sarmenteux et grimpant, qui porte des fleurs d'un blanc sale , auxquelles succèdent des baies .,d'un vert noirâtre. (Viër-je.)

VIEUX, adj. V. ViEii,.

YIF, IV E. adj. {Vivus.) Qui est en vie. j Chair vive , en parlant D'un corps vivant , se dit par opposition à Chair morte. | Subst. m. Le mort saisit le vif, Dès qu'un homme est mort, ses biens passent à son héritier légitime, saas qu'il soit besoin d'aucune formalité de justice. | Qui a beaucoup de \\gueur et d'activité. | Avoir les yeux vifs. Avoir les yeux brillants et pleins de feu. I Avoir les passions vives, les sentiments vifs , Avoir l'âme extrêmement sensible , avoir les passions violentes. Être vif, être fort vif. Sentir vivement. ( Être vif, se dit aussi D'une personne qui s'impatiente , qui s'emporte facilement. | Avoir Vesprit vif, V imagination vive. Avoir un esprit, une imagination qui conçoit et qui produit promptement et facilement. | Se dit De certaines choses , Pour marquer la force , la violence de l'impression qu'elles font sur nous. 1 Air vif. Air pur et frais , tel que celui des hautes montagnes, et qui fait impression sur la poitrine. | Couleur vive. Couleur fort éclatante. | Une attaque vive. Une attaque forte et prompte. | Se dit De ce qui est exprimé avec force, avec chaleur, de ce qui est énergique , animé. | Des propos vifs , Des propos qui approchent de l'insulte. | Haie vive. Haie formée d'arbustes, ordinairement épineux, qui ont pris racine et qui sont en pleine végétation. | Dartre vive , Dartre qui paraît extrêmement enflammée. I £au vive, se dit De l'eau qui coule de source, et qqfs. D'une eau qui est trop crue, j Roche vive , Roche dont la surface n'a pas été altérée, j Le roc vif. Ce qui

yiG

forme le roc même. [Force vive. Le produis de la masse par le carré de la vitesse, j Vif s. m. Chair vive. | Piquer au vif. Faire une offense très-sensible. Être touché au vif. Être sensiblement touché de qq. ch. | Le vif de l'eau, se dit Des plus fortes marées, et du temps où elles ont lieu. | De vive voix. loc. adv. En parlant , en employant la parole. I De vive force, adv. Avec violence , en surmontant tous les obstacles.

VIF-ARGENT, s. m. Métal liquide, que l'on nomme autrement Mercure. (Vi-farjan.)

VIGIE, s. f. (Vigilia.) T. de mar. Être en vigie, Être en sentinelle, pour découvrir et annoncer les objets qui peuvent se présenter à l'horizon. | Le matelot même qui est en vigie. | Se dit De pointes de rochers isolés au miheu des mers et à fleur d'eau. (Vi-jie.)

VIGILAMMENT. adv. Avec vigilance. (Vi-ji-la-man.)

VIGILANCE, s. f. {rigilantia.) Attention que l'on porte avec diligence , avec activité , sur qq. ch. ou sur qqn. (V\-ji-lan-se.)

VIGILANT , ANTE. adj. [vigilans.) Attentif, soigneux, appliqué, qui veille avec beaucoup de soin à ce qu'il doit faire. (Viji-lan.)

VIGILE, s. f. {Vigilia.) Veille de certaines fêtes de l'ÉgUse catholique. (Viji-le.)

VIGNE, s. f. {Vinea.) La plante qui porte le raisin ; elle a une tige ligneuse et ordin. tortue , qui pousse des jets grimpants , longs et flexibles, appelés Sarments. \ Une étendue de^ terre plantée de ceps de vigne. | Pop., Être dans les vignes , Être ivre. ( Se disait Des maisons de plaisance aux environs de Rome et de qqs. autres viUes d'itahe. On dit aujourd'hui Villa. ( Vi-«e [n m.].)

VIGNERON, ONNE. s. Celui, celle qui cultive la vigne. (Vi-«e-ron|; o-ne [n m.].)

VIGNETTE, s. f. (Vinea.) Petite estampe ou dessin dont on orne le commencement ou la fin des chapitres d'un Uatc, et qui ne représentait autrefois pour l'ordinaire que -des pampres ou des raisins, mais où l'on grave maintenant toutes sortes de figures. (Vi-/2ë-te [n. m.].)

VIGNOBLE, s. m. Étendue de pays plantée de vignes. | Adj., Un pays vignoble. (Vino-h\e [u. m.].)

VIGOGNE, s. f. {Vicuna , esp.) Animal de la taille d'un mouton , qui tient du chameau , mais qui n'a point de bosse , et dont la laine est très-fine. | La laine de cet animal mise eu œuvre. S. m. Chapeau fait de laine de vigogne (Vi-go-«e [n m.].)

VIGOUREUSEMENT', adv. Avec vigueur (Vi-gou-reu-ze-man.)

VIGOUREUX, EUSE. adj. Qui a de la vigueur, j Se dit Des choses qui se font avec

vigueur, où il y a de la vigueur. (Vi-goureu; ze.)

VIGUERIE. s. f. Charge, fonctions de viguier. | Le teiritoire soumis à la juridiction du viguier. (Vig-e-rie.)

VIGUEUR, s. f. {ï^igor.) Force pour agir, énergie. | Se dit aussi Des végétaux. | S'emploie , fig., au sens moral. | Etre en -vigueur, se dit Des lois, des coutumes, des maximes qui conservent toute leur autorité, qui sont exécutées , suivies. (Vig-eur [g m.].)

VIGUIER. s. m. {Vicarius.) Juge qui , en Languedoc et en Provence, faisait les mêmes fonctions que les prévôts royaux dans les autres provinces de France. (Yig-ié [g m.J.)

YIL, ILE. adj. {VHis.) Bas, abject, méprisable. I Vendre à -v il prix , Vendre qq. ch. tort au-dessous de sa juste valeur.

YILAIN. s, m. (ViUanus.) Il signifiait autrefois Paysan, roturier, homme de néant. (Yi-lin.)

YILAIN , AINE. adj. {Villaniis.) Qui déplaît à la vue. | Incommode, désagréable. | Fam. et adv., Il fait vilain. Le temps est désagréable. | Déshonnête, fâcheux, méchant, infâme. | Subst. et fam. , C'est un vilain ; fi le vilain ! se disent D'un homme sale et déshonnête en paroles, en actions; et pop., I Avare, qui vit mesquinement. C'est un vilain. Il est vilain comme un lard jaune. (;Yi-lin ; ë-ne.)

VILAINEMENT, adv. D'une vilaine manière. On l'a reçu vilainement , Grossièrement. I II s'enfuit vilainement , Honleusement et lâchement. | Il fait toutes choses vilainement, Sordidement. [Ils'est logé vilainement, Désagréablement. Il mange vilainement, Malproprement. ( Yi-lë-ne-man.^

VILEBREQUIN, s. m. Outil d'artisan, qui sert à trouer, à percer du bois, de la pierre du métal , par le moyen d'une mèche de fer qui a un taillant en spirale , et qu'on fait entrer en la tournant. (Yi-le-brec-in [cm.].)

VILEMENT, adv. D'une manière vile.

( Yi-le-man.)

A"ILE:^IE.s. f. (Fillanus.) Ordure, saleté. I Parole injurieuse. | Avarice sordide. | Action base et vile. \ Mauvaise nourriture, nourriture malsaine.

YILETÉ. s. f. {Vilis.) Bas prix d'une chose. 1 Le peu d'importance d'une chose.

VILIPENDER. V. a. (Vilipendere.) Traiter de vil, déprimer, traiter avec beaucoup de mépris. Fam. (Yi-li-pan-dé.)

YILITÉ. s. f. V. YiLETÉ.

VILLA, s. f. V. Vigne, dernière définition.

YILLACE. s. f. (Villa.) Grande ville mal peuplée et mal bâtie. Fam. (Yi-la-se.)

VILLAGE, s. m. {Villa.) Lieu non fermé de muraillt^s , composé principalement de maisons de paysans. | Cet homme est bien de son village , Il est bien mal instruit de ce qui se passe dans le moude. ( Vi-la-je.)

Page 1