EST
- tout autre au milieu de ses compatriotes. En présence de ces deux voies, de cette bifurcation,
… il doit choisir: d’un côté, le chemin étroit de
Pobéissance, avec ses difficultés et ses souffrances;
ae dat dde F3 del, 2 5x
de l’autre, la voie large et facile. Ezéchiel nous
or,
avoue que, l’esprit rempli d’hésitations, il demeure sept jours avant de pouvoir prendre son parti. Lequel d’entre nous lui jettera la pierre? Qui oséra lui reprocher d’avoir mesuré la grandeur de sa tâche, de s’être assis pour examiner si les forces
que Dieu lui promettait seraient assez puissantes pour subvenir à son infirmité, pour lui permettre d'accomplir la mission qui lui était assignée ? [Pa triomphé de ces irrésolutions; il a accepté la mission; glorieuse aux yeux de Dieu, ardue aux yeux des hommes, qui lui était imposée. Selon la parole de Jéhova lui-même, il est devenu la « sentinelle » appelée à veiller sur la maison d'Israël! ; désormais. il a charge d’âmes; il a le redoutable mandat d’a= vertir le pécheur qui s’obstine aussi bien que le juste qui se relâche; il est appelé, par son devoir même, à s’immiscer constamment dans la vie d'autrui; il assume une lourde, une effrayante responsabilité ; il doit, lui si réservé, si correct par nature, insister, selon le précepte apostolique, « en temps et hors de temps» et attirer ainsi sur lui Panimadversion de son entourage.
Eh bien! cette mission, il l’a acceptée, il en a sæ vouré toutes les amertumes, il s’est vu l’objet des railleries. Un passage de son livre?, qui nous lé montre dans l’accomplissement de sa tâche, ne nous permet pas de conserver des doutes sur l’ac= cueil qui lui a été fait. Ce n’est plus le respect, la considération, la déférence qui l’environnent. Voici comment les choses se passent et comment on parle de lui.
4 IT, 17; comp. XXXIII, 7, ? XXXIII, 30-32.
« Fils d'homme, les enfants de. ton peuple s’entretiennent de toi près des murs et aux portes des maisons, et ils se disent l’un à l’autre, chacun à son frère: Venez donc et écoutez quelle est la parole qui est procédée de l'Eternel! Et ils se rendent en foule äuprès de toi, et mon peuple s’assied devant toi; ils écoutent tes paroles, mais ils ne les mettent pas en pratique, car leur bouche en fait un sujet de moquerie et leur cœur se livre à la cupidité. Voici, tu es pour eux comme un chanteur agréable, possédant une belle voix et habile dans la musique. Ils écoutent tes paroles, mais ils ne les mettent point en pratique. »
Ne nous y trompons pas; ces lignes, malgré la déférence apparente des Juifs envers l'Eternel, sont empreintes d’une profonde ironie. Etre réduit à cela! tomber à ce niveau-là ! être traité comme un histrion, comme un baladin, autour duquel on se groupe avec un sourire de curiosité sur les lèvres ; que l’on écoute parce qu’on a affaire à quelqu'un qui possède une belle voix, une voix agréable, à un artiste habile dans la musique! Puis on lui tourne le dos, chacun retourne à ses affaires, à ses intérêts, à ses convoitises.
Prophète de l’Eternel, est-ce pour cela que tu as été appelé ?
découragement s'emparer d’Ezéchiel, si les fo
lui manquent, s’il se retire dans la solitude,
tout cela ne sert de rien! et si, s’appropria
dbhruite: nous sommes dut > Alors, dans une nouvelle vision, Dieu lui encore, et le prophète nous décrit ce qu’il vit : de
vant lui: une plaine immense, à perte de vue, sur cette plaine il n’y avait qu’ossements sur os
ments, ossements entassés, ossements épars ; C’ ét:
gigantesque et navrant, rien que des os et de encore, des os jusqu’à l’horizon lointain, La mo rt planait sur cette vaste étendue, et ces ossements … desséchés, c'était Israël, jadis peuple de Dieu, a jourd’hui peuple de ane et d'abandon.
SEA ces ossements inertes qui traduisent si bi le découragement du prophète, Ezéchiel entend
1 XXX VII, r1.
er dire ow, parce qu’il a perdu l’espérance : —
« Nos os sont desséchés et notre espérance est
devons ne nous aussi: il lève les yeux au et il dit: « Seigneur Eternel, toi, tu le sais! » Et
col roide! Fi des années qu'il le fait, sans au milieu des déboires et
perdu toute apparence de vie! Quelle ironie! sem= ble-t-il. Mais le prophète obéit: il avait obéi la
première fois, il obéit encore, et c’est en obéissante
qu'il reçoit la récompense dont il avait besoin;
c’est dans lobéissance, dans l’action même que“
le serviteur. fidèle trouve sa récompense.
Devant cette multitude d’ossements jonchant le
sol, il élève la voix, il prophétise, et voici, sous
ses yeux, les ossements se rassemblent, ils forment
des squelettes, puis des corps. Rien n’y manque sauf le souffle vital; et, à un nouvel appel dus
prophète, l’esprit vient, il passe sur ces cadavres,
et ceux-ci reprennent vie et se tiennent sur leurs pieds; ils forment une armée nombreuse, très
nombreuse. Et l’Eternel dit à Ezéchiel : « Ces os,"
c’est toute la maison d'Israël. »
Et nous, nous oserions reculer devant les raillez
ries, les sourires sarcastiques et les difficultés qui”
surgissent devant nous! nous nous laisserions dé= tourner de notre devoir, quand nous voyons un serviteur de Dieu sous l’Ancienne Alliance, un homme qui n'avait pas nos lumières, qui ne connaissait pas comme nous Jésus-Christ le Sauveur, quand nous
le voyons marcher, à la voix de son Maitre, dans
lobéissance et la fidélité ! Qu’on ne vienne pas nous dire : Tout cela, c’est une théorie;-tout cela c’est embelli; tout cela, c’est idéalisé. Deux mots, deux mots que Je vous ai lus, suffisent pour réduire à
Le “s
néant ces hypothèses. Ezéchiel a avoué qu’à la voix bde Dieu son esprit fut rempli d’amertume et d’in-
dignation, il a fallu qu'il surmontât ces senti-
ments; il a fallu qu'il en triomphât par la grace de
Dieu. Il est demeuré sept jours stupéfñé au milieu dé ses compagnons d’exil, jusqu’à ce qu'il ait pu dire: Seigneur, je suis à tes ordres.
À nous aussi le Seigneur adresse un appel,
“nous aussi il fixe une échéance; il nous donne “ sept jours, » à condition que nous les employions comme Ezéchiel les a employés. Si dans nos cœurs nous trouvons des hésitations, des sentiments …d'amertume et de révolte, nous n’en sommes pas “moins placés devant l'obligation que nous impose “notre profession de disciples, de rachetés de Jésus- » Christ, $ Dieu est là pour nous aider, pour nous soutenir dans sa miséricorde infinie et pour nous faire arriver au port. Amen!
Paroles de Jérémie, Que Hilkija, l’un des prêtres d'Anathoth, dans le pays de Benjamin...
La parole de l'Eternel me fut adressée en ces mots: Avant que je t'eusse formé dans le ventre
fusses sorti de son sein, je t'avais consacré, je t'avais établi prophète des nations.
Je répondis : Ah! Seigneur Eternel! voici, je ne sais point parler, car je suis un enfant.
fant. Car tu iras vers tous ceux auprès de qui je. Ne les crains point; car je suis avec toi pour te
main et toucha ma bouche; et l'Eternel me dit:
Voici, je mets mes paroles dans ta bouche. Regarde, je t'établis aujourd'hui sur les nations et sur les royaumes, pour que tu arraches et que tu abattes, pour que tu ruines et que tu détruises, pour que tu bâtisses et que tu plantes...
… Ceins tes reins, lève-toi, et dis-leur tout ce ce que je t'ordonnerai. Ne tremble pas devant eux, de peur que je ne te fasse trembler en leur présence. Voici, je t'établis en ce jour sur tout
t'enverrai et tu diras tout ce que je t'ordonnerai.
% de ta mère, je te connaissais, et avant que tu .
Et l'Eternel me dit : Ne dis pas: Je suis un en-.
délivrer, dit l'Eternel. Puis l'Eternel étendit sa
le pays comme une ville forte, comme ‘une ( lonne de fer et comme un mur d'airain, co
prêtres, et contre le peuple du pays. Ils te fes la guerre, maïs ils ne te vaincront pas, car je avec toi pour te délivrer, dit l'Eternel.
; vous de ces jeunes hordees dont pan en. :
caractère sensible, impressionnable, qui vibrent d : qu une idée généreuse leur est présentée; de c us jeunes hommes sie mais vivaces, ae on
se débattre; dé ces jeunes hommes sensitifs lesquels on rêverait une carrière faite de do et d'harmonie ? On les entrevoit poètes, et de lèvres on entend s'échapper mélodieusement de paroles qui font du bien, qui élèvent l'âme, qui reposent, qui restaurent, qui consolent, qui fortifient; on les imagine artistes, et, qu’ils se vouent: à la musique, à la peinture ou à la sculpture, pressent des œuvres merveilleuses, des œuv
A touchantes, qui ravissent ceux qui les écouten ou les contemplent; ou bien enfin, on se les w figure s’asseyant au chevet des malades, leur appor-"
: de douces consolations, exerçant ainsi un mi-
. Lee et mAitgent ee. De
euves, et qu’ainsi ils s’achemineront, sous le red de Dieu, dans la voie de la quiétude et de la x, vers le terme de leur course ici-bas. | t soudain nous apprenons que toutes ces pré-
tendre et délicate, nous apprenons qu’elle est
5 pleine mêlée, au plus fort du cuve nous
sait être je et qu'il veut faire Éonphers de parts on re on le calomnie, on trame
prise, Due avoir pitié de fe et le retirer de L fosse!. en | nous appietons cela, nous disons: « Ka
ces luttes, pour ces souffrances, pour ce martyre. Et si nous disons ainsi, c’est tout simplement qt nous méconnaissons la puissance de Dieu. Et j’'ajo
que nous méconnaissons du même coup la sagesse de Dieu, car ce ne sont pas les lames les plu flexibles et les plus déliées qui se trouvent étre K
moins efficaces ; là où une lame grossière se brise,
; k. qui la manie, prête à porter les coups les plus surés et les plus décisifs.
= Ne méconnaissons pas la sagesse de Dieu et puissance de Dieu! Lorsqu'il appelait une de âmes d'élite, une de ces natures qui pour être ment trempées n’en sont pas moins fortement trempées, l’élu se mettait résolument en marche. Il luttait pour la cause de la justice, il portait haut ( ferme la bannière de la vérité ! Et savez-vous, pour. en venir au sujet que je viens de préparer, save vous que, si nous méconnaissons ainsi ce que % puissance et la sagesse de Dieu peuvent faire d’une de ces âmes, cela prouve tout simplement que nou ne connaissons pas le prophète Jérémie!
IT
contraires. à … Este -ce donc ho de se procurer à livre
je eus a tel ou à terme te
à plus expressif, mais plus vulgaire). On a même fa-
. De Pehstanr. 2 mr UE . SRE Leu briqué un dérivé: on dit une jérémiade pour
une doléance piteuse et pitoyable, une doléa
bien qu’on s’empresse de ne pas l’écouter. Pu comme on s’image que ce livre en est tout remp
‘ plutôt on ne l’ouvre pas.
Et voyez : où est la justice ? Dans l'Ancien fe ment il y a deux livres, à la suite Pun de Pautr: sont rattachés au nom de Jérémie ; l’un est im
te est ‘à lui indiscutablement, il raconte “ épisode de sa vie, il reproduit la quintessen
qu il ne soit pas ne du Cie la ques! Oo est ouverte et elle se discute entre hommes com pétents. Je veux faire appel à votre équité. Est juste de juger un homme d’après son œuvre authe tique, indiscutée, ou d’après celle qui peut-être n pas de lui, et dans tous les cas d’après la pes res treinte des deux œuvres ?
L’a-t-on du moins ouvert, ce petit livre ? l’a-t-on lu? l’a-t-on étudié ? Non, on se contente du titre, et de quel titre? D’un titre qui a passé par plusieurs traductions et qui a abouti en français à ce terme : « Lamentations ». Qui dit lamentations dit
“lamentable, et qui dit lamentable dit quelque chose dont on fait bien de se tenir à distance. — Vous voyez comme les idées fausses s’engendrent les unes les autres et comme on arrive à prononcer un verdict général, sans avoir examiné les pièces du procès. Eh bien ! il y a là une grosse injustice et je plaide en revision; je demande qu’on ne juge pas sur les apparences, qu'on ne juge pas d’après un titre.
Après tout, Jérémie aurait composé ces élégies, et dans le plus grand des deux livres qui portent son nom il-y aurait des pages qui portent la note du deuil, la note de la souffrance acceptée et supportée dans la confiance en Dieu, aurions-nous lieu de nous en étonner ? Quand un grand patriote voit la terre qu’il aime, la ville à laquelle il appartient s’écrouler jusqu’à ce qu’il n’en reste rien; quand il voit son pays s’en aller morceau par morceau; quand il voit l'élite de ses concitoyens partir pour Pexil sur la terre étrangère et l’ennemi triomphant poser son pied sur Ja nuque d’une nation tombée, est-il extraordinaire que le deuil pénètre cette âme, est-il naturel, oui ou non, que les larmes jaillissent
nous aimons à voir lé yeux d'un a u mecter et les pleurs couler sur ses joues.
IT
la jeunesse n’est point un obstacle, pas même une objection, et que de tous les défauts c’est celui qui se dissipe le plus naturellement. LS à Il a très ne ISÈRE l'Eternel lui dit: « sa
— I y avait en lui les facultés, les aptitud les vertus nécessaires aux prophètes. L’Etern qui les avait préparées, les a discernées et signa: Jées alors qu’elles étaient latentes, alors que le ” jeune homme n’en avait pas conscience, alors que le travail qui se faisait dans son âme devait le
pousser à accepter le mandat qui lui était proposé.
établi prophète ». — « Ah! Seigneur Eternel! ré-
P nd Jérémie, voici, je ne sais point parler, car je
un enfant ». Et, en effet, pour la tâche qui lui
proposée, à vues humaines, il ne fallait pas un
a LCR, 1 : ; nfant ; à vues humaines, il fallait un homme, un
nce de l’âge mûr avec la puissance que donne te même période de la vie. 171 à bien! non, un homme n’aurait pas été suffi-
erai. »
LUE D OU À 4 : è - Oui, c'était une tâche surhumaine, car il devait
se he avec les prêtres pour réclan £
mort”.
un gêneur, au moins dans les couches ne de la ROPÉRPOESS oû devait lac
eut Dieu, qui soit comme le type é Celui qui de é être ici-bas l’homme de douleurs par excellent c'est Jérémie. À vrai dire, si ce terme n’étaï
exclusivement réservé au Fils de l’homme,
1 XXXVI, 26. — 2 XXXVII, XXX VII. — 8 XXX VIII, 4 DGA, > XXVIIT ; comp. XXII, 9-40. — 5 XXVI, 7-7 TXX, 7-12; XVIII, 18-23; XI, 18-23.
ns l’employer déjà en parlant de ce précur jue nous étudions aujourd’hui.
ras dans ta conscience un sentiment qui te
atiendra, te portera, te fera triompher, le senti-
at que c’est moi qui parle par ta bouche, « pour
istère de désolation ! Quelle perspective ! persctive, hélas! trop fondée ; perspective légitimée
ussi « pour que tu bâtisses et que tu plantes, » le cœur du prophète se dilate. Douloureusement
ites, il se prend à espérer, car sur toutes ces 1es, sur ces décombres qui se seront accumulés,
ville forte, une rain. » — C’est c
prenait son Maitre, et qui, la nuit do le ren
par trois fois?
Jean, l’apôtre de la douceur et de Pamour, dont nous ne pouvons relire les œuvres sans
émus, n’est-il pas un de ces Boanerges qui x Jaient appeler le feu du ciel sur une bourgade Samaritains et auxquels Jésus dit : « Vous ne
de quel esprit vous êtes animés ? »
Je pourrais parler de Paul, je pourrais multip les exemples ; qu’il me suffise de parler de Jérén âme délicate, sensible, impressionnable; Jéréi transformé en une ville forte, en une colonne
fer, en une muraille d’airain. «Ils te feront Le
guerre, mais ils ne te vaincront pas, car je suis avec toi pour te délivrer.
… C’est un spectacle admirable et bienfaisant que celui de cet homme se dressant lui seul en face d'un peuple tout entier. Je me sens tout pénétré d'enthousiasme, je dirai même volontiers tout rempli » d'amour pour lui, quand je l’entends parler à ses
. cœur débordant du désir de les voir se convertir. - « Voici, leur dit-il au nom de l'Eternel, vous vous livrez à des espérances trompeuses et qui ne ser- - ventàrien. Vous venez vous présenter devant moi dans cette maison sur laquelle mon nom est in-
voqué ! Vous dites: C’est ici le temple de l'Eternel, le temple de l'Eternel, le temple de l'Eternel! ! » - Comme si de prononcer cette formule, comme si d'a amener des victimes pour les sacrifices et d’ac-
Le
| complir des a avait la moindre valeur aux yeux de Jéhova ? !
mec Eh . vous dérobez, vous tuez, vous com- * mettez des adultères, vous jurez faussement, vous offrez de l’encens à Baal, vous allez après d’autres » dieux... Puis vous venez vous présenter devant moi, dans cette maison sur laquelle mon nom est + invoqué, et vous dites: Nous sommes délivrés! “ Est-elle donc une caverne de voleurs, cette maison “sur laquelle mon nom est invoqué * ? »
MUST VIT ar-24 —3 VIL orr.
eux comme un palladium, gage de leur cons tion, quand il leur annonce que, de ce tem
leuse, on verra per de a lon
A l'instant, et dans le lieu même où ils ét
teur, qui osait prédire la destruction du :
de JéRoÿa. 25 tait L nées ici encore, < prie
nom de a
Nous avons vu Jérémie en face de ceux qu l’attaquaient, qui lui faisaient la guerre; nous l’avons
Ai
vu colonne de fer et muraille d’airain. Mais pén =
1 VII, 12-20; comp. XX VI, 1-19. — ? Matth. XXIV, 2; M XII, 2; Luc XXI, 6.
certes ! obéissant jusqu’à la souffrance, jusqu’à ture, jusqu'à l'exil, jusqu’à la mort. Mais — st ici quest dévoile cette on cette par-
’est pas sans luttes intérieures que Jérémie > pour accomplir la volonté de Dieu. « Tu
r un So de Slt. tout le HG se moque