‹ Voeux de bonne année [microforme]Chapitre 1 sur 7 · QUÉBEC, LE 8 DÉCEMBRE · texte numérisé non relu

QUÉBEC, LE 8 DÉCEMBRE

Fête de l’Immaculée Conception de la sainte V. srge.

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Bonne aunée à Dieu

EL UT, mon Dieu, pour vous les

De premiers et les plus ardents souhaits de mon âme; car ne fautil pas vous parler de vous-même avant de vous prier pour les œuvres de vos mains? Ne devons-nous Pas songer à VO® perfections et à votre gloire avant de nous occuper de ce que nous avons de plus cher ici-bas ?

Donc, bonne année à vous tout d'abord, Père et bienfaiteur universel !

Mais que souhaiter à l’auteur et ® la source de tous les biens ? Manque-t-il quelque chose au souverain Maître

du ciel et de la terre ? Vous êtes,

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Seigneur, l'être dans Sa plénitude :

tout ce que notre intelligence peut Concevoir de vrai, de beau, de bon, d’aimable, tout cela est en vous, et infiniment, Non seulement vous êtes Saint, puissant, miséricordieux, sage et Juste ; vous êtes la Sainteté, la Puissance, la miséricorde, la sagesse, la Justice. Qu’y at-il en dehors de Vous, sinon de pâles vestiges et d’imparfaites images de vos attributs divins ?

Vous êtes l’Immense, l’'Immuable, l'Eternel. “ 1] n'y a pas de Va-et-Vient dans vos années ; Celles qui arrivent ne Chassent pas celles qui sont en marche, vos années se tiennent toutes ensemble. C’est un jour unique, un aujourd’hui sans hier et sans lende- Main, et cet aujourd’hui c'est l’éternité.. ” Ây COMmMmencement, avant tout CoMMmencement, vous existiez jouissant d’une félicité sans bornes.

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Vous avez créé le monde ; mais les merveilles que vous y avez répandues comme en vous jouant, ne vous ont pas «ppauvri. Sans cesse, VOUS POUT" riez tirer du néant d’autres univels, et vous ne seriez ni meilleur, ni plus riche, ni plus parfait. Nous, vos enfants, à mon Dieu, nous acquérons ce que nous a VOS ; mais vous, VOUS n’acquérez rien. Tout ce qui est bon, vous l’avez nécessairement ; Gi; comme s'expriment vos docteurs, tout ce que vous avez, VOUS l’êtes. Vous ne tenez rien de personne ; tous les êtres dépendent de vous, mais VOUS ne dépendez d'aucun.

Encore une fois, mon Dieu, quels vœux pouvons-nous donc vous présenter ?

Mes amis et mes parents ont des besoins à satisfaire, et des désirs qui les tourmentent ; souvent hélas l'ils

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voient s'évanouir leurs plus douces espérances : leurs joies sont éphémè.

res, et l'épreuve et le Sacrifice attendent nécessairement leurs affections les plus légitimes et les plus tendres.

Pour eux, il m’est permis de demander que leurs justes désirs solent comblés, que leurs jours de bonheur soient nombreux, et, s'ils doivent Connaitre l'angoisse et le deuil, qu’au moins ils sachent souffrir avec cette résignation généreuse qui rend nos larmes méritoires pour le ciel. Mais vous, Seigneur, vous ne désirez rien, Puisque vous possédez tout ; vous ne Craignez rien, Puisque vous ne pouvez rien perdre. Votre béatitude est ‘immuable, Constante, infinie comme votre essence : car votre béatitude c'est votre essence même,

Cependant, 6 Maître et Docteur adoré, lorsque vous êtes apparu sur

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notre pauvre terre, plein de grâce et de vérité, lorsque vous avez daigné prendre notre nature et converser avec les hommes, qu'avez-Vous enseigné ? Votre Evangile me la appris. Vous avez dit à vos Apôtres que la prière, avant d’implorer votre Providence, votre grâce et votre miséricorde pour nous-mêmes, devait être un hymne de louange à votre gloire, un soupir, un vœu de notre âme pour l'auteur de toutes choses.

Demandez votre pain dechaque jour, je le veux, le pardon de vos offenses et la protection céleste au milieu de vos dangers ; mais, avant tout, souhaitez à votre Créateur et à votre Père que son royaume s'étende, que du levant au couchant son nom soit aimé, adoré, respecté ; quetoutenature intelligente et libre s'incline devant ses augustes commandements. Lors-

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AE Vous prierez, dites ainsi : «“N otre Père, qui êtes aux cieux, que votre nom soit sanctifié, que votre règne arrive, que votre volonté soit faite sur la terre comme dans le ciel. ”

C’est la prière que je vous adresse, ô mon Dieu : ces paroles tombées de Vos lèvres, je m'en sers pour vous exprimer les vœux de ma reconnaissance et de mon amour.

Que votre nom soit sanctifié,

Il est Saint, trois fois saint votre nom, et les anges en Célèbrent les Magnificences dans les splendeurs de la gloire éternelle ; il fait fléchir tout SeNOU au Ciel, sur la terre et dans les enfers. Cependant, disons-le avec tristesse : n'est-il Pas souvent oublié, méconnu, insulté, blasphémé même par ces hommes que vous aimez tant ?

Ah! puisse cette année nouvelle n'être Partout consacrée qu'à l’exalter et à

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le bénir ! Enfants, unissez vos voix pures à celles des séraphins ; vierges du Seigneur, ministres des autels.

pauvres et riches, orands et petits, tous, louez l’adorable nom de votre Père.

« Dans le monde que vous avez fait, 6 mon Dieu, que ce nom mille et mille fois sacré soit mis et maintenu à part ; qu’on lui garde, et avec une religion passionnée, avec une jalousie ardente et inexorable, toutes les excellences et toutes les primautés ; qu’il domine immuablement et d'une hauteur sans mesure, le nom de tous les autres êtres : noms d'hommes et même d'anges, noms de père et de mère, noms de frère et d’ami, et d’époux ; noms de maître et de seigneur ; noms de prince et de roi ; noms décernés par le respect, noms donnés par lamour : noms de gloire, noms de

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Puissance ; noms connus sur la terre, roms Connus seulement dans les , Cieux... Que toute vcix Je chante :

qu'on le prie comme un nom miséri- Cordieux et puissant ; Qu'on y appuie ses espérances comme sur un fondement infaillible : qu'on l'ouvre aussi

science, de sagesse, de consolation, de paix et de salut ; que pour lui l’on travaille, et, au besoin, l’on souffre et l’on meure » que, Comme il a $es témoins et ses apôtres, il ait aussi ses Martyrs, et autant de fois qu’il le faudra, Enfin, qu'un cri immense et unanime, et fervent, et incessant sorte des entrailles du monde, et, emplissant tout l'univers, fasse jou: et nuit Monter jusqu'au trône de Dieu cet hommage qui n’est que Ja justice :

Qui est comme Dieu ? O mon Dieu !

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qui vous ressemble * Votre nom est saint ! Père, notre Père ! Que votre nom soit sanctifié. ”

Que votre règne arrive.

Vous êtes roi, à mon Dieu, et telle est votre puissance, que les plus orands monarques de la terre sont devant vous comme s'ils n'étaient pas. Vous régnez sur le monde et par droit de création, et par droit de conquête.

Oh! qui dira jamais tout ce que cette conquête vous a coûté d’angoisses, de souffrances et d'opprobres * La pauvreté, l'exil, l'ingratitude et le mépris, la trahison, l’agonie la plus terrible, les soufllets, la flagellation, la mort sur une croix, vous avez tout enduré, tout accepté de grand cœur,

afin d'établir sur nos pauvres âmes rebelles et coupables votre empire

immortel.

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Il y a près de dix-neuf divin Rédempteur accompli votre sacrifi Sang a été versé jus Soutte, Sans doute, avez été; et vous êtes aimé, Chaque jour, ne sommes-nous Pas témoins de miracles de désintéressement, de Courage et d'abnégation qui démontrent votresouveraine puis-

sance sur les cœurs ? Ne VOyons-nous Pas, chaque jour, se vérifier votre Prophétie sublime : « Lorsque j'aurai été élevé de terre, j’attirerai tout à moi !” Mais votre règne est-il maintenant ce qu'il devrait être 2 Oh !

Non ; combien de pe encore tout ce que vou eux ! Combien de mil] n'ont jamais entend VOUS, ni de votre Votre croix, ni de V

siècles, 6 que vous avez ce, et que votre qu'à la dernière depuis lors, vous encore beaucoup

uples ignorent Savez fait pour ions d'hommes U parler ni de Evangile, ni de otre Eucharistie !

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Eh bien, pendant cette année qui s'ouvre aujourd'hui, dissipez par votre grâce les ombres de l'erreur ; à Vérité, à Lumière, à Vie incréée, révélez-vous à tant d’'intelligences qui languissent et se meurent loin de vous. Allez, intrépides et généreux missionnaires, allez, plus nombreux que jamais, annoncer aux nations infidèles la bonne nouvelle du salut. Faites luire bientôt, Ô mon Dieu, ce beau jour où il n’y aura plus qu’un troupeau et qu'un pasteur.

Enfin, que votre volonté s'accomplisse.

Oui, partout et toujours ce que vous voulez. et de la manière dont vous le voulez. À vos lois, si bienfaisantes et si sages, obéissance et respect.

Soyez aimé par-dessus toutes choses, 6 le meilleur des maîtres ; que l’on se dépense et que l’on se sacrifie pour

nn, votre gloire.

Pécheurs, rentrez en vous

-Mêmes : âmes tièdes, réchauffez.

VOUS ; justes, Sanctifiez-vous encore davantage, “ O terre, regarde le ciel, et efforce-toi de limiter. ”

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Bonne année à l’Egiise

V2 SARPRES Dieu, l'Eglise qui est con

ie œuvre de prédilection, le premier objet de sa sollicitude et de son amour.

Bonne et heureuse année, Ô sainte Eglise catholique :

Je ne vous souhaiterai point longue vie, vous êtes immortelle. Celui qui vous à fondée vous la dit, et ses paroles ne passent point : jamais les portes de l’enfer ne prévaudront contre vous.

Vos ennemis ont beau prophétiser votre ruine, vous les voyez tous disparaître les uns après les autres.

vous en ête

N'est-ce Point y

OUS qui fermez CélCueils, sans

leurs cesser da

, de Sanctifi.

Cation et de Charité © Les sis

s'accumulent Sur Votre tête, enlèvent rien de Ja force, ni de la

beauté de Votre jeunesse.

Vous, les

empires di ébranle sy

sera réalisé élus sera Complet.

Je la vérité ? Mais S ICi-bas Ja

Vous SOühaiterai

dépositaire

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et l’infaillible gardienne. En vous, il n’y a ni doute, ni hésitation, ni erreur : cuacune de vos paroles est esprit et vie. Toute la doctrine qu’il faut croire, vous la possédez dans sa pureté et son intégrité. Vous êtes la voie que nous devons suivre ; quiconque ne vous suit pas marche dans les ténèbres. Toute science qui oserait vous contredire se condamnerait et se trahirait elle-même.

La sainteté, je ne vous la souhaite pes non plus : il n’y a pas de tache en vous, Ô la bien-aimée du Sauveur! Vous êtes toute belle, toute pure, immaculée, Ô Vierge-Mère !

Nous vous appelons la sainte Eglise, et qui oserait vous contester ce titre glorieux ?

Mais pour“voi cette tristesse et ces larmes ? pourquoi ces plaintes qui attendrissent mon âme ? ‘‘ Vous

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tous qui passez, jetez un regard de compassion sur moi ; est-il, je vous le demande, une douleur égale à ma douleur ? ” Je le vois et je le sens, 6 céleste affligée, vos maux sont immenses ; impuissant à les soulager, je vous exprimerai du moins mes désirs, mes espérances et mes vœux.

Ce que je vous souhaite aujourd'hui, c’est la fin de cette cruelle passion que l’ingratitude des hommes vous fait subir ; c’est le triomphe promis et si ardemment désiré par tous vos enfants.

Depuis votre naissance, jamais vous n'avez cessé de porter la croix, ô Vous, l'épouse d’un Dieu crucifié. Comme le Christ, vous avez cu, vous aurez toujours votre Greihséemani, votre prétoire, votre calvaire, et cela ne vous effraie point. Mais il est des heures où vos tribulations sont plus nom-

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breuses et vos angoisses plus poignantes. Pourquoi ? C’est le secret de Dieu qui,sans doute, veut éprouver notre foi, faire resplendir avec plus d'éclat votre puissance et vos vertus, et fournir à vos fils l’occasion de généreux sacrifices et d’héroiques dévouements.

L'année qui commence vous trouve ans un de ces srands deuils. Combien, en effet, n’ont pas levé contre vous l’étendard de la révolte ? combien ne vous ont pas reniée et trahie ?

Ils ont ravi à votre chef auguste ce royaume, don de la Providence et des siècles, patrimoine sacré nécessaire à son indépendance,et inviolable presque à l’égal d’un tabernacle. Un usurpateur règne à Rome ; et le lieutenant de Dieu coule maintenant ses jours dans la captivité.

Que vois-je encore ? Vos lois véné-

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rables méprisées, vos droits méconnus, vos monastéres, en plusieurs lieux, violés ei dévastés. L'enfance et la jeunesse auxquelles vos vierges et vos religieux consacrent leurs travaux et leur vie, on voudrait vous les ravir. N’avez-vous pas été chassée des écoles, en même temps que des mains sacrilèges en arrachaient la sainte image du Sauveur 2? Les gou- Vernements,qui devraient vous défendre, vous abandonnent ou vous persécutent. Vos ennemis ont pour eux la force, la richesse, l’audace, la ruse ; avec quel acharnement et quelle diabolique constance ne travaillentils pas contre vous, au grand jour et dans les ténèbres 2 Vraiment, 6 Mère !

il Y aurait raison de désespérer, si nous ne Savions que vous ne pouvez périr. Vos enseignements salutaires sont méconnus, on ferme l'oreille à

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