SANTIAGO DU CHILI
60 "le année de l'Ère Normale
Sans doute, la voie altruiste est le vrai cheniin de l'aveDir. En le suivant, on sortirait bientôt de la déplorable situation de paix armée, qui expose chaque jour à la guerre. Il importe donc de travailler ardemment à l'union morale de tous les peuples dans l'Humanité.
Le théologisme a fait son temps. Loin de lier les hommes, il ne fait déjà que les diviser. C'est sur l'amour de THumanité qu'on pourra seulement éditier l'harmonie universelle. De théologique qu'elle était, la religion est devenue sociologique pour nous conduire à l'altruiste bonheur terrestre.
II faut désormais s'abstenir de rien perdre dans le vide du surnaturel. Le vrai au-delà c'est l'éternité sociale qui h> «j^lori eu sèment d'une sainte chaîne toutes les générations et porte sans cesse les âmes au plus haut dévouement. Qu'on arbore en-
fin partout, au lieu du i)avill«)ii thoolooiiiue, réton- (lîinl sacré de riiumauité, conjtne guide suprême de la vie sur uotre planète.
Juan Enkk^ue LAi^AKKiGUi:
(rue San Isidro 7ô\
né, à Valpuraiso, le 28 Jiiuvier INVJ.
SanUmjo du ( hili, h :U BicJutf 09.
(ii(î DtV-einbre 1913).
A propos de Bakounine
A M. c. Deimyre à Paris.
XFousieur:
En lisant votre publication, qui ni'arrive ponctuellement, je déplore que vous, et vos confrères, consumiez tant d'énergie hors la voie altruiste, et d'autant plus que vous agissez à Paris, vraie nietropole universelle. Permettez-moi, donc, de vou?^ inviter à Tétude consciencieuse de la Religion de l'Humanité. C'est au moyen de cette sublime doctrine qu'on verra enfin le plus heureux avenir suri
la Terre.
Je suis persuadé que si votre illustre conrrère.| Tardent et généreux Bakounine, vivait encore, comme il sut adhérer h la Philosophie d'Auguste Comte, il saurait, à i)lus forte raison, suivre maintenantl
la Religion de l'Humanité, qui est le positivisme complet, doué d'une invincible puissance sociale et morale.
Au sein de la doctrine altruiste votre labeur deviendrait tout à fait édifiant. Ee mot négatif ([(niarehie ne |)eut signifier réorganisation aucune. D'ailleurs, coniine on ne conçoit [)as d'individu sans cerveau, on ne conçoit f)as non plus de société sans gouvernenaent. Il v a là une loi naturelle inviolable. Ce qu'il importe de faire, par conséquent, c'est d'adapter de plus en {)lus le gouvernement au bien-être social, en réunissant d'abord toutes les nations «lans le service suprême de l'Humanité.
Le militarisme doit finir sans violence. C'est la sainte communion des peuples dans la doctrine altruiste qui le fera disparaître. Et ce n'est pas une paix d'égoïsme qu'on verra alors, mais une paix de haut dévouement. Toute l'éducation morale, intellectuelle et physique nous pré[)arera à savoir vivre pour autrui.
Cela ne s'obtiendra certes dans un jour. 11 faut que le sentiment sacré de l'éternité sociale se généralise, pour que la rédemption altruiste puisse s'accomplir. Sachons travailler avec une persévérance inébranlable, sans )ious laisser jamais entamer par linfécond es[)rit de haine. Eu vérité, c'est la voix vivifiante de l'amour qui fera triom[)her le bonheur sur la planète.
Salut et Fraternité.
JlTAN ENKltiDK LaGAKKIGUE,
Santiago du CJuJi, le 1^^^ Moïse ./.V (1er Janvier 1913).
Sur ranarcLisme
A M. Robert Lanoff à Paris.
Monsieur:
Je viens de lire votre article «Les préjugés aiiar chistes». A ce propos, on pourrait dire que l'anarchie même se base sur un déplorable préjujj;é. C'est, en effet, sociologiquemeut incontestable qu'il n'y a pas de société j^ans gouvernement.
Celui-ci pourra changer de forme, mais il ne saurait jamais disparaître. Du reste, vous tendez vers un individualisme effréné. Et pourtant l'homme n'a de vraie dignité, ou mieux dit, de vraie mo ralitéque lorqu'ii se dévoue au service social «ians la Famille, dans la Patris et dans rHinnanité, qui constituent une trinité sociologique présidant à la conduite de tout le monde.
Si l'excès de concours paralyse, l'excès d'indépendance désorganise. Il tant donc éviter ces deux écueils. Voilà ce que fait le [)0sitivisme, en combinant le concours avec l'indépendance, de manière que l'ordre et le progrès restent parfaitement ga
rantis.
Vous avez invoqué la haute devise antique: « Connais-toi toi même ». Mais on doit, sans dou te, se connaître pour se perfectionner. Et ce perfeciionnement ne saurait déjà consister qu'à se ren dre de plus en phis apte à servir l'Humanité, but suprême qui donne toute sa grandeur à notre exi? tence.
Nous ne sommes pas seulement les êtres du présent. La destinée individuelle est attachée à l'éternité sociale. C'est ainsi que se spiritualise saintement notre vie. Puissiez-vous, M. Lanoff, reconnaître que le vrai chemin de l'avenir c'est la Religion de l'Humanité, telle qu'elle a été organiquement instituée dans le Systèmk de politique positive d'Auguste Comte.
Salut et Fraternité.
Juan Enrique Lagaeriguk
Santiago du Chili ^ le 13 Moïse /j9.
(13 Janvier 1913).
Vraie génération consciente
A M. G. Hardy à Paris.
Monsieur:
J'ai reçu un numéro de votre publication mensuelle. Il me semble qu'on y fait œuvre contraire au vrai progrès humain. Sans doute, ce n'est pas le chemin propre à extirper la misère, celui que vous avez pris. Et, encore, au lieu de génération consciente, c'est, sous ce digne nom, le funeste égarement de la prostitution libre que vous levez comme étendard de réforme.
Je (lé[»lore que vous j:ças{)illiez vos efforts (lan^? ce sens néfaste. J*our éteindre la misère et porter le bien-être au prolétîiriat la voie réelle e?t tout autre. En un mot, c'est la Religion de l'Humanité qui constitue le seul guide sûr de notre existence vers le bonheur universel.
Veuillez, Monsieur, avec vos camarades, étudier k fond cette sublime doctrine, tout k fait exempte du surnaturel, dans l'ouvrage caf^ital d'Auguste Comte, le Système de politique positive. Vous y trouverez la rectificacion sociologique de votre grave erreur. La vraie génération consciente est en plein désaccord avec votre étrange tbèse.
C'est au dedans du mariage et pour faire des êtres sains et bons qu'il importe d« pratiquer dignement l'acte de la procréation. Ainsi les personnes maladives devraient moralement se réduire aux unions chastes. Voilà ce que dit l'altruisme, seule voix qu'il faut toujours écouter pour servir de plus en plus l'Humanité, qui réclame notre vie tout entière.
Salut et Fraternité.
Juan Enrique Lagakrt«ue.
Santiago du Chili, le 18 Homrye 59.
UO Février 1918).
A propos de POcciiltisme
A M. F. Jollivet Castelot à Douai.
Très honoré et cher Monsieur:
Je cède au vif souhait de vous écrire k propos de la tendance occultiste de votre revue « Nouveaux Horizons». C'est, pour moi, une sensible déperdition d'efforts que tout ce qui prend cette voie. En effet, déjà on ne fait de la sorte que s'éloigner (lu service suprême de l'Humanité, centre définitif (le nos âmes.
Depuis que la vraie sociologie a été organiquement instituée par Auguste Comte, il me semble ({ue les portes du surnaturel sont rationnellement closes k jamais. Lk on élabora le polythéisme et ensuite le monothéisme pour conduire provisoirement la marche de nos destinées. Mais on atteint aujourd'hui k la maturité de l'existence sociale.
Alors la finahté morale de l'homme, d'extra-terrestre qu'on la supposait auparavant, devient tout k l'ait terrestre. En un mot, c'est désormais l'altruisme qui doit toujours régler nos sentiments, nos pensées et nos actes, pour le triomphe de la félicité universelle sur notre planète. Puissiez-vous, Monsieur, consacrer votre fervente nature d'apôtre k ce saint labeur.
Salut et Fraternité.
Juan EnriqUe La garrigue.
Santiago du Chili, le .7 Aristote 59.
(2 Mars 1913;.
Sur ranti-sémitisme
A M. Charles Maurras à Paris.
Très honoré Monsieur:
Sans aucun propos hostile, je me permets de vous écrire encore. Peut-être quah'fierez-vous d'importune mon insistance. Mais puisque vous vous sentez spirituellement lié à Auguste Comte, il me semble comme un devoir pour moi d'oser vous faire prêter l'oreille aux conseils que vous donnerait sans doute le Maître, s'il pouvait vous parler directement.
— Comment, M. Maurras, vous dirait-il, soutenezvous l'auti-sémitisme, si vous vous croyez mon disciple? Rien de plus contraire à l'esprit de ma doctrine. Kt un français qui travaille à Paris est plus que personne obligé à se débarrasser de toute antipathie de race. C'est précisément la mission sacrée de cette grande ville que d'unir religieusement toutes les âmes dans l'Hunumiié. —
A cela le Maître ajouterait un autre conseil. Il vous laisserait certes respecter la royauté française dans le passé, mai? il vous dissuaderait de penser maintenant à la rétablir. Et il vous appelerait surtout au labeur moral dans le sens sociologiquement altruiste; car c'est de là que doit venir la glorieuse rédemption de la France et du monde entier Puissiez-vous, M. Maurras, accomplir votre vraie
mission sociale, mettant pleinement votre nature apostolique au service de la foi suprême.
Salut et Fraternité.
Juan Enkique Lagarrigue.
Santiciffo du Chili, le 21 Aristote 59. (18 Mars 1913).
Sur la supposition
d'une guerre mondiale
Excellence:
A Son Excellence ie Chancelier i
l'Empire H. Bethmann Hollwey.
à Berlin.
Veuillez permettre qu'un serviteur de la Religion de l'Humanité vous parle un instant. C'est à l'occasion de votre discours sur la possibilité d'une guerre mondiale que je le fais. D'après les télégrammes, vous auriez soutenu que l'Allemagne devrait alors nécessairement triompher pour garantir la perpétuité de la paix.
Il me semble, Excellence, que l'harmonie universelle ne pourra jamais sortir de la guerre. Au contraire, celle-ci ne saurait contribuer qu'à l'éloigner de plus en plus. La guerre engendre fatalement la guerre, car le vaincu d'aujourd'hui espère d'être le vainqueur de demain.
C'est de l'esprit altruiste que surgira la véritable entente des nations. Il faut, en un mot, qu'elles se sentent religieusement unies dans l'amour et le ser vice de l'Humanité. Voilà certes le seul chemin qui conduit à la sainte paix du monde. Puisse glorieusement le suivre l'illustre patrie de Leibnitz,du grand Frédéric et de Goethe.
Salut et Respect.
Juan Eniuque Lagakrigue.
Santiago du Chili, le 17 Archimède 59.
(11 Avril 1913).
Sur Punion doctrinaire
A M. Jean Finot à Paris.
Mcmsieur:
J'ai lu dans la «Revue» du 15 Juin votre étude « L'Athéisme qui se meurt » Vous y manifestez l'espoir d'un heureux dénouement de la crise morale de notre temps par le triomphe de la foi dans l'Absolu. Je ne puis m'expliquer que vous préfériez cette notion inerte à la nolion vivitiantc de l'Humanité, comme lien suprême et guide éternel des âmes.
Pourquoi ne pas vous mettre décidément au point de vue sociologique? N'oubliez pas que vous agissez à Paris qui préside aux destinées humai-
nes. C'est dans cette glorieuse ville que, par Timmense génie d'Auguste Comte, sous la sainte inspiration de Clotilde, a été fondée la religion altruiste, dont vous ne paraissez pas instruit, bien qu'elle renferme la vraie voie de l'avenir.
L'harmonie universelle devra naturellement émaner de cette sublime foi sociale qui fait toujours converger le sentiment, la pensée et l'action au service sacré de l'FIumanité. L'au-delà, sous toutes ses formes, n'est désormais qu'un champ stérile, où l'on s'éloigne dépiorablement du généreux chemin de la moralité définitive. Sans doute, c'est de la Religion de l'Humanité que dépendent la paix et le bonheur sur la Terre.
Salut et Fraternité.
Juan Enriquk Lagarrigue.
Santiago du Ch/li, le 20 Charlemagne 59.
(13 Juillet lîUS).
Sur la pacification du monde
A Madame la Baronne Berthe de futtner
à Vienne.
Très honorée Madame:
Je viens m'associer aux chaleureuses manifestations de profonde estime que vous avez reçues dans votre soixante-dixième anniversaire. Votre noble campagne en faveur de la pacification du monde,
tout en vous couvrant de gloire pure, vous a fait des amis partout, qui vous vénèrent hautement. Ou pourrait considérer votre admirable ouvrage Bas les ai-nies! comme une dynamite de concorde, tellement forte est la commotion bienfaisante qu'il produit contre la guerre.
Malgré bien des apparences défavorables, on marche, au fond, vers l'harmonie universelle. Deux malheureuses chutes se sont dernièrement accom plies dans ce chemin. Mais il faut sans doute extraire de là môme de nouveaux élans pour accélé rer le subUme voyage auquel vous avez tant contribué à gagner les âmes.
Comme serviteur de la foi altruiste qui vient rehgieusement unir tous les peuples dans l'Humanité, je regarde avec la plus intime complaisance votre saint labeur. Vous avez apporté au grand œuvre de la suprême entente une touchante et lumineuse parole qui a frappé des cœurs sans nombre. On ne fait certes que justice en vous couronnant moralement comme auguste héroïne de la paix, à cause de votre généreuse tâche si puissante et si
dévouée.
Daignez agréer, très honorée Madam'^, mes salutations cordialement respectueuses.
Juan Enrique Lagakrigue.
Santiaijo du Chili, le V2 Dante :j9.
(27 Juillet 1913).
A. propos du catliolicisme
A Monseigneur Robert Hugh Benson à Londres.
Monseigneur:
Vous connaissez à fond la crise monde de notre temps, comme on peut le voir dans vo8 ouvrag<*s. Pourtant, le vrai remède du mal vous }*eniblez l'ignorer. En effet, vous n'avex jamais fait ullusion» que je sache, à la foi altruiste qui a été iiMtîtiiée [)ar Auguste Comte .sous la plus sainte inspiration féminine.
Cette sublime doctrine rend pleine justice au catholicisme. Mais, vu qu'il ne saurait efficneeriient poursuivre sa mission, à cause de l'incniiteistablv épuisement de Tesprit théologique qui lanîme, la Religion de l'Humanité vient re.speetueuaemeiil lui succéder, ctunine étant propre à diriger, itujourd'hui et toujours, saintement nos destinées. Daus cette croyance inébranlable l'amour et la î^nenco «j sont tout à fait combinés pour achemineT sûrement l'action vers l'éternel service social.
Puisque vous êtes né pour conduire de« ûmeî«, j« me permets de vous inviter à l'étude consciencieu* .se du System K de politique positivb, où Auguste Comte a organiquement exposé la Religion rie l'Humanité. J'ose espérer que le Maître saura vous
cinivaincre. Alors vous viendrez certes concourir hautement à la rédeniptioo suprême.
Salutations respectueuses.
Juan Enriquk Laoakiuuue.
Saibtiago dn Chili, h lô Dante 59.
(30 Juillet 1913).
Sur runti-militarisme
A M. Paul Passy à Paris.
Très lionorë Monsieur:
Dans vôtre ardeur pour la paix, et comme protestation indijçnée contre la guerre, vous avez conseillé aux soldats la désertion en masse. Ce n'c.^t pas là le vrai chemin de la concorde. Il faut, en ellet, aller au désarmement en faisant d'abord surgir l'opinion altruiste (jui saura certes abolir les lois militaristes.
Le progrès humain no peut réellenjent s'opérer qu'au moyen de l'amour. (Test par la conscieuct' intime des devoirs sociaux ipii aboutissent au service suprême de T Humanité qu'on verra, sans doute, disparaître les discordes internationales. Il s'agit donc d'éveiller hautement dans tous les peuples le généreux esprit de la fraternité universelle.
Du reste, cela implique le triom[)he glorieux tle la Religion de l'Humanité. Notre destinée noriuale ^'accom[)lit évi<lemment sur la |)lnnète, n'existant d'autre vrai au-delà que l'éternelle continuité sociale. Ainsi on doit toujours converger au saint l)ien être de toutes les familles et de toutes les nations dans la suite interminable des àyfes.
Salut et Fraternité.
Juan Exkique Laoakkigue.
Santiiujo du Chili, le 20 Dante 51), (4 Août \\)\S\.
A propos de Diderot
A M. Camille Flammarion à Paris.
Très honoré Monsieur:
J'ai lu votre belle conférence sur Diderot, à [)ropos du second centenaire de sa naissance. On v aperçoit 5][ue vous aimez de tout cœur le philosophe [)ar excellence du XVIH** siècle. Vous faites heureusement ressortir l'inépuisable bonté de ce génie surprenant qui dominait à son aise ie champ de la science et de l'art.
Lorsque je vous vois rendre pleine justice à Di- <îerot, je ne puis m'expliquer que vous n'adhériez pas à la Religion de l'Humanité. C'est lui même
qui a traduit le fond éminemmeut constructif de sa propre pensée dans le mot célèbre: «Il faut réorganiser sans Dieu ni Roi». Or l'incomparable Auguste Comte a complété définitivement ce haut programme sous cette forme normale: «Il faut réorganiser sans Dieu ni Roi», par le culte systématique de l'Humanité.
Pourquoi ne viendriez- vous pas, M. Flammarion, coopérer au triomphe de la religion suprême? Il ne s'agit que de remplacer la théologie parla sociologie. Le sentiment de l'éternité, loin de disparaître, ne fait alors que s'ennoblir. Nous devenons certes, sous le positivisme, les ouvriers dévoués d'une continuité sociale qui ne s'arrêtera jamais. Puisse la glorieuse ville qui préside aux destinées du monde vous compter parmi les fervents apôtres de la foi altruiste.
Salut et Fratertiité.
Juan Enkique Lagakkiguk.
Santiago du Chili ^ h 24 Frédéric 5 if. (28 Novembre 1913).
Chemin du progrès
On dit qu'aujourd'hui s'opère en France comme un retour au catholicisme. Ainsi semblent le reconnaître même des libres penseurs, bien qu'ils croient qu'il s'agit seulement d'une crise passagère et que 1 essor rationaliste reprendra bientôt son cours irrésistible. Mais les catholiques espèrent que la réaction durera.
Tout bien considéré, ce qui arrive doit réellement provenir de ce ([ue les innombrables émancipés du surnaturel n'adhèrent pas encore à la Reli. gion de l'Humanité. Restant de la sorte en attitude négative, ils facilitent les nostalgies théologiques. S'ils prenaient l'attitude positive qu'incarne la foi sociologique, toute réaction deviendrait impossible, et le progrès s'accomplirait sans cesse glorieusement dans des conditions organiques inaltérables.
Sous la Religion de l'Humanité s'harmonisent tellement l'amour, le savoir et le travail, qu'elle engendre des convictions définitives. Tous ceux qui bien la connaissent ne pourront s'abstenir de la professer. Et d'autant moins qu'il faut procéder, en donnant ce pas, de n'importe quelle des ancien-
lie^ croyaneej^, par généreuse évolution vers le meilleur service sacré de l'Humanité. Voilà certes la raison suprême qui devra éternellement réunir toutes les âmes dans la doctrine altruiste.
Juan Enrique Lagarriguk.
Santioijo du Chili, le 18 Bichat 59.
(15 Décembre 1913).