LES PROTESTANTS COMME UN TOUT
On peut remarquer dans la pétition des Presbytériens que, tout en demandant de l'arçent pour l'école de leur Dénomination, ils affirment qu'ils font cette demande « sans préjudi- » ce... à l'égalité reconnue, à cet article, entre les Protes- » tants, comme un tout, et les Catholiques Romains ».
Les Presbytériens affirment par là un fait qui était bien connu dans la colonie d'Assiniboia et dont le Gouvernement lui-même tenait compte dans ses actes.
C'est ainsi que les huit recensements, qui ont été faits rlans îa colonie avant le transfert au Canada, n'indiquent que deux Dénominations religieuses : les Catholiques et les Protestants, ces derniers comprenant les Anglicans, les Presbytériens, etc., etc.
D'après ce qui précède il est facile d'établir quelle était la « coutume ou pratique » dans la colonie d'Assiniboia, « au sujet de l'éducation au moment de l'Union », et quels étaient « les droits ou privilèges que les différentes clauses de personnes » possédaient à l'article des « écoles confessionnelles ».
Oui, en étudiant l'histoire de nos écoles, pendant la première phase de leur existence, il est impossible de ne pas constater les faits suivants :
1°. Dès le début de la colonie, son fondateur se préoccupa de l'établissement des écoles, et n'en voulut pas d'autres que des « écoles confessionnelles » comme répondant mieux aux besoins et aux aspirations des différentes classes de personnes qui en. composeraient la population.
2°. L'honorable Compagnie de la Baie d'Hudson, en continuant l'œuvre de Lord Selkirk, s'inspira des mêmes idées au sujet de l'éducation et comprit l'à-propos d'harmoniser les « différentes classes de personnes » en reconnaissant à chacune dès droits égaux à des écoles dans lesquelles les enfants recevraient respectivement une instruction conforme aux convictions religieuses de leurs parents.
3°. De fait, pendant le demi siècle qui nous occupe, toutes les écoles de la Rivière-Rouge furent des « écoles confessionnelles ».
4°. Pendant cette période, toutes les ressources dont les citoyens pouvaient ou voulaient disposer, en faveur de l'éducation, allèrent à des écoles confessionnelles.
5°. Nul n'était tenu ni par la loi, ni par la coutume, v\i autrement, à contribuer au soutien d'écoles d'une Dénomination différente de la sienne, ou desquelles on repousserait les enseignements de sa propre Dénomination.
6". L'Etat ou pouvoir public comprenant l'à-propos d'écoles confessionnelles, a ajouté aux « droits » que possédaient toutes les classes de personnes « le privilège » d'une reconnaissance officielle des écoles établies par ces mêmes classes.
l*^. Tous les pouvoirs publics qui ont exercé l'autoritié, dans l'établissement de la Rivière-Rouge, avant l'Union avec le Canada, ont aidé par des octrois d'argent et autrement toutes les écoles confessionnelles établies par différentes classes de personnes.
8°. Au point de vue religieux, la coutume, appuyée par des actes officiels a toujours reconnu deux classes de pea-sonnes : les Catholiques et « les Protestants comme un tout ». Et depuis la fondation de la colonie jusqu'à son union avec le Canada, les Protestants, même comme un tout, ont toujours été « la minorité des sujets de Sa Majesté ».