‹ Voix canadiennes: Vers l'abîme (volume 3)Chapitre 4 sur 36 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

La Flèche. — Origine de la famille Richer-Laflèche. -- Pierre Richer émigré au Canada. — Il s'y remarie et va se fixer à Saiule-Anne de la Pérade. — Généalogie. — Naissance de L.-F. Laflèche, son enfance, indices et désir de vocation sacerdotale. — Au Collège et au Séminaire de Nicolet. — M»"" Provencher, évêque de Saint-Boniface, obtient son concours pour les 'Missions du Nord-Ouest. — II est ordonné prêtre à Québec.

La Flèche, petite ville du département de la Sarlhe, en France, occupe sur le Loir un site pittoresque et charmant. C'est, en outre, une cité qui, si elle dut réellement son nom, soit à une disposition topographi(|ue particulière, soit à la forme élancée et gracieuse d'une de ses principales tours, ne manque pas cependant de souvenirs historiques capables de fixer rattcntion. Mais pour d'autres causes, assurément, elle tient encore au cœur fidèle d'un grand nombre de Franco-Canadiens.

C'est que l'Ouest de la France : Normandie, Bretagne, Touraine, Poitou, Aquitaine et les provinces limitrophes, fut la source la plus abondante de l'ancienne émigration française vers l'Amérique du Nord. Nombreux sont donc les Canadiens qui, luttant aujourd'hui dans les collines et les plaines des Flandres, de l'Artois, de Picardie pour l'honneur et pour la liberté des Nations, se considèrent chez eux sur le sol meurtri de leur vieille mère-patrie, puisqu'ils y retrouvent sensible et douce, attirante toujours, la trace de leurs aïeux. Et parmi eux plus d'un, par la pensée, est allé vers la Flèche dont l'étoile brillait déjà d'un vif éclat au X* siècle, pâlit sans doute au XIV®, mais pour retrouver un nouveau lustre sous Guillaume Fouquet de la Varenne qui obtint, en 1603, de la munificence d'Henri IV, des dons suffisants pour la fondation de son fameux collège des Jésuites.

Ce Collège, grâce à un personnel enseignant incomparable, devint rapidement un centre d'attraction si puissant

qu'on y vit affluer des élèves de toutes les parties du monde, même des Américains, des Tartares, des Russes et jusqu'à des Chinois.

Vers le milieu du XVIIP siècle, le collège de La Flèche comptait 120 Jésuites et mille écoliers ; sa bibliothèque possédait 20.000 volumes et sa chapelle conservait les cœurs d'Henri IV et de Marie de Médicis.

L'expulsion des Jésuites en 1762, un an avant le déplorable Traité de Paris qui arrachait à la France ses belles possessions canadiennes, permit au triste Louis XV de changer le collège de La Flèche en une école militaire secondaire pour fils de gentilshommes et de Chevaliers de Saint- Louis. En 1808, Napoléon I*"" en fit le Prytanée militaire de Saint-Cyr.

Les Canadiens Français ne retiennent guère des fastes de celte cité, surtout de cet établissement célèbre^ que cette particularité : il compta parmi ses écoliers François Laval de Montmorency (1631-1637), qui y fut tonsuré à l'âge de neuf ans et devint le premier et immortel évèque de la Nouvelle France. Le philosophe René Descartes, qui compte au Canada tant d'admirateurs et de disciples, fut aussi un é'ève appliqué, toujours reconnaissant, du collège de La Flèche, de même que M?*" de Pontbriand, 6® évèque de Québec. Que d'autres gloires et souvenirs se rattachent à cette école, à cette cité qui perdit malheureusement ses archives en 1799. On en fit alors un lamentable bûcher sur la place Henri IV ; une foule surexcitée et stupide y mit le feu. C'est ce que M^"^ Laflèche lui-même apprit au cours d^une visite qu'il fit au pays de ses ancêtres en revenant de Rome.

Ce fut encore un pieux laïque, originaire de La Flèche, Jérôme Le Royer de la Dauversière qui fonda l'Institut des Hospitalières de cette ville, religieuses qui établirent sous ]o vocable de saint Joseph le vieil et célèbre Hôtel-Dieu de Montréal.

En 1665, Pierre Richer, tailleur, probablement à la suite de la mort de sa femme Catherine Durand, de la paroisse de Saint-Eustache, à Paris, aba^ '^^nait les riants coteaux^ les riches vignobles qu'an. '?e ie Loir, et disait adieu à la ville de La Flèche rllc-inême. Car, sis esprit comme d'ailleurs sans esp^^'r de retour, il s'en allait vers les terres lointaines, alors f ii)uieuses, du Nord américain, d'où des explorateurs prestigieux revenaient après de longues absences; d'où des coureurs de prairies immenses et de forêts impénétrables, tous amateurs de gloire et d'aventures, rapportaient des toisons moelleuses, dos fourrures de grands prix,

et dont on contait, l'hiver venu, au coin de l'âtre, les exploits merveilleux.

Il se rendait en Nouvelle-France. Dans l'inévitable déchirement que cause aux nobles cœurs l'abandon du sol natal, afin de se consoler de la perte d'un foyer cher dont il laissait la cendre se refroidir, il se disait: Là-bas, c'est aussi la France !

Il mit de longs jours pour franchir l'Océan. Il connut ainsi des tempêtes redoutables pour le lent navire dont la voile frémissante s'enflait de la crainte comme de l'espoir des voyageurs ; il connut aussi Fangoisse des brouillards qui enveloppent jalousement les bancs de Terre-Neuve avant d'atteindre le port, ou plutôt le vaste estuaire du Saint-Laurent, fleuve majestueux dont il remonta le cours jusqu'à Québec.

Les colons n'étaient pas abandonnés à leur sort sur cette rive dès lors hospitalière ; aussi bien avait-on grand besoin de bonnes volontés pour occuper ces lieux, pour pénétrer un arrière pays immense.

Pierre Richer fut donc dirigé d'abord sur la Rivière Saint- Charles. S'étant bientôt remarié à Québec avec Dorothée Brassard, il obtint une concession à Sainle-Anne de la Pérade et se rendit à Batiscan dans le voisinage de son futur établissement (1671).

Les frères jumeaux Volant, prêtres, furent les deux premiers desservants de cette nouvelle paroisse de Sainte-Anne de la Pérade ; le premier baptême inscrit sur le registre du lieu par P. Volant date du 8 janvier 1G81 et c'est celui de Marie-Angélique Faure dont le parrain était Mathurin Gouin de Sainte-Anne, Tun des ancêtres paternels de M^"^ Laflèche.

Ce n'est que onze ans auparavant, en 1670, que Pierre Gamelin, colon, alla le premier se fixer en ce lieu. Il précédait donc de peu le ménage Richer au milieu d'une belle nature, offrant, à des hôtes trop longtemps attendus, des forêts vierges, un sol fertile, des eaux poissonneuses sous un ciel bleu. Là, cependant, les colons devaient tout improviser, ayant à se servir alternativement de la hache, de la pioche et du fusil.

En 1681, Më' de Laval était attendu à Sainte-Anne en visite pastorale. L'Evêque, accompagné de M. de Maizerets, supérieur du nouveau grand Séminaire de Québec, future Université-Laval, voyageait en canot fait d'écorces de bouleau. Sur son frêle esquif il faisait en peu de temps un long chemin. En effet, le 11 juillet Sa Grandeur confirmait à Varennes et à Longueil; le 12 à Lavaltrie ; le 14 à Nicolet ; le 15 à

Bécancourt; le 16 à Genlilly ; le 17 à Sainte-Anne de la Pérade, qui, avec moins de 100 communiants, était déjà avec Longueil la paroisse la plus peuplée parmi celles que nous venons de citer.

La visite ou mission de l'Evêque, commencée le 17 juillet, finit le 19, et nous nous figurons volontiers en ces jours bénis et ensoleillés, sous quelques bosquets d'arbres touffus, agenouillés sur le rivage qu'ils défrichaient, tous ces intrépides colons. Le canot de M^'' Laval devait glisser lentement à fleur des eaux torrentueuses, tandis que le saint homme bénissait ces chrétiens fervents, emportant leur souvenir vers Deschambault qui l'attendait.

Thomas-Xavier Tarieu de Lanaudière, sieur de la Pérade, ayant comme co-seigneur son compagnon d'armes Edmond de Suève, commença vers 1677 la construction de la partie uord-est de son manoir sur la concession de terre que leur consentit Louis XIV, concession qui fut le noyau même de la belle paroisse de Saint-Anne. L^acte de concession est du 29 octobre 1672. Talon leur alloue : « l'étendue de terre qui se trouve sur le Saint-Laurent au lieu dit « Les Grondines », depuis celles appartenant aux religieuses de l'Hôpital jusqu'à la rivière Sainte-Anne, sur une lieue de profondeur avec la quantité de terres qu'ils ont acquise du sieur Pierre Gamelin, par contrat du 9 septembre 1670 ». Autour du manoir seigneurial apparaissaient les établissements des censitaires. La carte cadastrale de 1685-1709 nous les montre ainsi groupés; sur les bords du Saint-Laurent : MM. Rivard, Larue, Giasson, Orson, Lévêque; sur la rive gauche de la rivière Sainte-Anne : le domaine de M. Lemoyne, les terres de MM. Larue, Rocheleau, Leduc, Vaillant, Gendron, Lenseigné, Létourneau, Gouin, Osier, Guibeau, Dumoulin, Gh. Vaiet ; sur la rive opposée : les habitations de MM. Laquerre, Merle, Saint-Romain, Ricar, Ghâtellerault, Picard, Masson, Etienne, Gouin, Baribeault, Laperle.

Le manoir de la Pérade occupe la pointe formée par la rivière Sainte-Anne et le fleuve Saint-Laurent.

En remontant le fleuve le seigneur avait pour voisins : MM. Baril et Brisset ; au-delà venaient les établissements de MM. RiCHER Laflèche, Loranger, Gariépy, Courtois, Richard, Baril, Montendre, Ricard, Juneau et Trottier ; autant de souches vigoureuses de familles franco-canadiennes.

Le fief de « Sainte-Marie », dans le voisinage de la rivière Sainte-Anne, retint l'attention de Champlain lui-même et ce beau site fit grande envie à Jean Lemoyne qui obtint la promesse de cette seigneurie dès 1669. Talon la lui accor-

da trois ans plus lard (1672). Cette concession comporte trois quarts de lieue sur le Saint-Laurent, entre la seigneurie de Batiscan et la rivière Sainte-Anne, sur une demi-lieue de profondeur. Jean Lemoyne était proche parent de Lemoine de Longucil, célèbre par nombre d'actions glorieuses ; sa femme, Madeleine de Ghavigny, était de la famille de l'illustre M""" de la Peitrie. En abordant cette seigneurie nous entrons dans le domaine maternel de Louis Richer Laflèche, père de Ms'' L. F. Laflèche ; et, en nommant les Lemoine, nous indiquons le premier anneau de six générations.

Louis-Joseph Gastineau, troisième seigneur du fief Sainte- Marie, connut un beau jour le goût des voyages aventureux. Il s'en alla avec de hardis coureurs de bois dans les plaines de rOuest ; il y vécut quelques années au milieu des tribus sauvages et en revint avec une fille, âgée de cinq ans, qu'il avait eue d'une mère sauvage. La petite métisse, Marie- Anne-Joseph-Françoise Gastineau, fut baptisée à Sainte- Anne le 18 juin 1753, ayant pour parrain M. de Rigaud, écuier, sieur de Vaudreuil, gouverneur d^s Trois Rivières et, pour marraine, sa tante M^'® Marie-Joseph Gastineau.

Cette héritière du domaine de Sainte-Marie reçut une éducation chrétienne soignée chez les Dames Ursulines des Trois Rivières. Elle épousa, le 11 avril 1774, Augustin Boisvert. Entre de gros in-folio de Vies de Saints et un crucifix impressionnant, fidèle à son tricot, M"® Boisvert coulait dans son castel retiré une existence volontairement monotone, mais paisible. C'est en cette atmosphère de sereine piété qu'elle élevait la mère d'un futur évêque.

La paroisse de Sainte-Anne d'une superficie de 47 milles carrés, avec son beau fleuve, sa rivière, ses îles, ses canaux, ses ponts et sa population de 3000 âmes, est surnommée aujourd'hui la Venise canadienne. Elle fut de bonne heure une paroisse-reine. On aime la contempler gracieusement appuyée à son joli coteau, contrefort des Laurentides, ayant à ses pieds le Saint-Laurent superbe qui roule inlassablement ses eaux pressées, alors que la rivière Sainte-Anne accourt et la partage du fil argenté de son flot pourtant limpide. Ses forêts se composent d'épinette, blanche et rouge, de mélèze, de pruche, de sapins, de cèdres mêlés à l'orme, à Tcrable, au frêne, au tilleul, au hêtre et au merisier; elles sont riches d'ombrages et pleines de vie. La hache et la scie du colon attaquaient ces bois debout^ qu'on couchait avec méthode sur un sol enrichi, aussitôt converti en des champs d'une prodigieuse fécondité. Aucune exigence ne lasse ja-

mais ces terres de produire abondamment les biens qui font l'aisance de l'homme, le bonheur de ceux dont les besoins sont limités et les goûts honnêtes.

Cependant, toutes ces eaux intarissables venant de l'Ouest mystérieux et s'en allant vers le gouffre des océans, ne fuyaient pas si rageusement sans mordre les bords du fleuve. Elles sapaient la falaise et, sous les pas des générations à venir, elles creusaient un abîme où s'embusquait déjà la mort. Mais avant de provoquer des catastrophes, elles charrient docilement les bois des forêts et les produits de la terre.

Quand donc, en 1683, treize ans après l'arrivée du premier colon à Sainte-Anne de la Pérade, M^^ de Laval fit au sujet de cette jeune paroisse un rapport au roi Louis XIV, il la disait déjà habitée par 17 familles comptant ensemble 92 âmes.

Gomment, demandera-t-on, Pierre Richer de La Flèche s'était-il installé en ce lieu, au cadastre duquel nous avons vu figurer sa propriété ?

Nous serons renseignés par la Généalogie des familles Richer de La Flèche et Hamelin^ établie par L. F. Desaulniers. Nous y trouvons d'abord, page 3^ le contrat du second mariage de Pierre Richer, débarqué au Canada. Il est ainsi conçu :

« Par devant le notaire royal en la Nouvelle-France résidant à Québec et les témoins soussignés furent présents en leur personne Pierre Richer habitant de la Rivière Saint-Charles, fils de défunt Jean Richer et de Marie Galar, ses père et mère, de la paroisse de Thouarcé, évêché d'Angers, pour lui et en son nom, d'une part ; et Dorothée Brassard, fille de défunt Antoine Brassard et de Françoise Esmery, ses père et mère, de la paroisse Notre-Dame de Québec, pour elle et en son nom, d'autre part. Lesquelles parties, en la présence de leurs parents et amis soussignés, scavoir : de la part du dit Richer, JuUien James, maître tailleur et habitant du dit lieu, et Jean Mérienne aussi habitant de la Rivière Saint-Charles ; et, de la part de la dite Dorothée Brassard, de Guillaume et Louis Brassard, ses frères, de Jacques Edouin sieur de la Forge, son beau-frère, à cause de Jeanne Brassard, sa femme, aussi présent, et de leur bon gré et volonté, reconnaissent et confessent avoir fait ensemble les traité et promesse de mariage, ainsi qu'il en suit : C'est à scavoir que le dit Pierre Richer a promis et promet prendre la dite Dorothée Brassard, par nom et loi de mariage, pour sa famme et légitime épouse, icelui mariage fera solenniser en face de notre mère Sainte Eglise catholique, apostolique et romaine, le plus tôt que faire se pourra et qu'il sera avisé et délibéré entre eux, leurs dits parents et

amis, si Dieu et notre dite Sainte Eglise y consentent et accordent. Les dits futurs conjoints seront communs en tous biens meuble?, argents et conquets immeubles, au jour des épousailles, suivant la Coutume de Paris, ne seront tenus des dettes créées avant le futur mariage et aucune ne seront payées et acquittées que par celui qui les aura faites et créées ; et sur son bien sera douée la future épouse de la somme de quatre livres tournois de douaire préfîx pour une fois payé à prendre sur le plus clair des biens du dit futur époux. Le préciput sera égal et réciproque comme il est réglé entre les parties à prendre par le survivant sur les biens de la communauté avant partage Et a le dit futur époux pris la dite future épouse avec tous ses droits, noms, raisons et actions qu'elle a déjà ou qui pourrait lui écheoir, tant par succession, donation qu'autrement. Arrivant dissolution du futur mariage pourra la future épouse renoncer à icelle et remporter ce qu'elle aura apporté en mariage par donation, succession ou autrement, ses habits, bagues et joyaux, linge servant à son usage. Car ainsi, etc., et, promettant et obligeant et renonçant, etc. Fait et passé à Québec, en la maison du sieur Lemelin, après-midi le cinquième jour de septembre Van mil six cent soixante et onze, en présence du sieur Jacques Bouchereat, Louis Edouin, Guillaume, Antoine et Louis Brassard, Jacques Edouin, sa femme, de la dit Marguerite Brassard a déclaré ne savoir ni signer de ce enquis suivant Tordonnance. (Signés) Z Gamy, Jean Lemelin, Bouchereat, Duqui-t, N. P ».

Le ménage Ricber se débrouille comme savaient se débrouiller les rudes colons canadiens et, s'agrandissant, il s'établit définitivement. Gela résulte d{3 l'achat de la te-Te familiale de Sainte-Anne, dont voici Facte authentique :

Vente par René Daiidelin à Pierre Richer, le 31 mai 1688.

« Ce jourd'hui trente unième du mois de mai seize cent quatre vingt huit par devant moi soussigné en présence des témoins sousnommés fut présent en sa personne René Daudelin, habitant du cap de Varaines, lequel a aujourd'hui vendu, cédé et délaissé, et, par ces présentes vend, cède, quitte et délaisse à perpétuité à Pierre Richer habitant de Batiscan, scavoir, une habitation de quarante arpents de profondeur sur quatre arpents de large laquelle est située daus la seigneurie de Sainte-Anne, au lieu nommé le Marigot laquelle confronte du côté du sud-ouest à celle de René Prévost et par-dessous à celle de Michel Roy, sans en rien retenir ni réserver et ce pour le prix et somme de quarante cinq livres tournois payables comptant, s'obligeant le dit Daudelin de lui acquitter les rentes jusques au jour présent comme aussi de la lui garantir de tous troubles et hypothèques.

comme aussi de lui remettre le contrat de concession et le contrat d'acquêt passé entre lui et Pierre Cartier s obligeant le susdit acquéreur de payer à l'avenir aux seigneurs de la susdite seigneurie les rentes et droits seigneuriaux comme il est porté parti au contrat de concession fait en présence de Mathurin Gouin et Joseph Gouin habitants de Sainte-Anne et de René Prévost habitant de Varaines lequel a signé avec le dit Joseph Gouin les parties ont déclaré ne savoir signer ny Mathurin Gouin lesquels m'ont requis de passer le présent écrit.

(Signés) Desuève, Joseph G., Bené Prévost. » Voici encore la quittance de cet achat :

« J'ai reçu de Pierre Richer dit Laflèche, la somme de quarante cinq livres en argent pour l'habitation que je lui ai vendue par le marché convenu en l'autre part dont je le tiens quitte ; fait en présence de Charles Lesieur et de Michel Fiset, témoins, lesquels ont signé et déclaré ne savoir écrire ny signer {sic). A Batiscan, ce 2 juin 1688.

(Signés) Charles Lesieur, Michel Fiset, René Prévost. »

Enfin voici Pacte de la consignation des titres de la propriété :

« Aujourd'hui vingt deuxième octobre 17 12 a comparu par devant le notaire royal en la prévoté de Québec, soussigné y résidant Dorothée Brassard, femme du dit Pierre Richer acquéreur dénommé par l'écrit de vente ci-dessus laquelle nous a remis et déposé en les mains ledit écrit de vente sous seing privé ci-dessus pour être, par nous dit notaire, gardé et mis au rang de nos minutes pour y avoir recours toutes fois et quantes fois et lui en être délivré des expéditions à qui il appartiendra dont elle a requis acte à elle octroyé pour lui servir en temps et lieu ce que de raison. Fait au dit Québec, en l'étude du dit notaire, en présence des sieurs Etienne Mirambeau, marchand, et de François Boisseau, praticien, témoins demeurant au dit Québec qui ou t avec nous dit notaire, signé, la dite Brassard ayant déclaré ne scavoir écrire ny signer de ce enquis.

(Signés) Boisseau, Mirambeau Chambalon, notaire. »

Le généalogiste souligne avec raison l'importance de ces documents qui furent retrouvés aux archives du greffe de la Cour Supérieure, à Québec. Ils établissent évidemment, dit-il, « la prise de possession^ dans la paroisse de Sainte- Anne- de-la-P évade., du coin de terre où sont nés et où ont vécu les enfants issus du mariage de Pierre Richer et de

Dorothée Brassard. Et, chose bien digne de remarque, depuis 1688, jusqu'à nos jours, par une chaîne ininterrompue, de père en fils, ce terrain n'a pas cessé d'appartenir aux descendants directs du colon Pierre Richer ».

Cependant, M*"^ L. F. Laflèche est le premier des enfants de ces héritiers directs qui n'y soit point né ; nous verrons à la suite de quelles dispositions familiales.

Ce qui se démontre par les dates des mariages desdits héritiers, comme suit :

1671, (i5 cet.) Québec.

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