CHAPITRE II
Néanmoins, tous ces passages sont fort difficiles, tant à cause de la largeur du défilé, que par la disposition naturelle des bords du fleuve. Il ne suffit pas d'occuper une de ses rives pour être maître de l’autre ; c’est une position avantageuse , mais non décisive.
Les années respectives ont , des deux côtés du Danube , des lignes de communications avec leur base ; elles peuvent donc , selon les circonstances , s’établir sur l’une ou l’autre de ses rives pour la défense des passages ; il est même possible que ce fleuve trace la ligne de démarcation entre elles et restreigne l’étendue du théâtre de la guerre qu’elles occupent. Un pareil état de choses peut durer d’autant plus :
i° Que l’espace d’Ulm à Ratisbonne, où se trouvent le plus de passages avantageux, n’est que de huit marches , et par conséquent trop court pour en effectuer un avec sécurité, et le dérober à la cpnnaissance d’un ennemi posté au point central.
2° Que la nature du défilé ne permet pas de le forcer aisément , et qu’il faut une trèsgrande supériorité de moyens pour l’entreprendre.
3° Que l’on ne peut se diriger vers les passages situés au-dessous de Ratisbonne , tant que l’ennemi occupe le pays au-dessus sans donner
prise sur ses propres lignes de communications, avant d'être à même d’atteindre celles de sou adversaire; car d’après la nature du terrain en aval , on ne peut arriver aux communications de Ralishonne cjue par des détours , tandis qu'à partir de ce point, 1 adversaire a la faculté de se porter en ligne directe sur les nôtres. En admettant, par exemple, qu’une armée venant de l'ouest , voulut partir de sa ligne d’opération sur la rive droite du Danube , pour gagner , par Landsliut et Straubing sur Cham , la communication de l'armée opposée; il faudrait qu elle fit de Landsbutà Cham quatre journées de marche, sans compter le temps quelle mettrait à passer le fleuve et à franchir les montagnes dans des chemins difliciles. L'armée adverse n'aurait, au contraire , que trois marches pour se porter de Ratisbonne à Landshut , c'est-à-dire sur la ligne de commun icacation de la première. De Munich à Linz, il y en a dix ; et de Ratisbonne à Munich , six; ainsi de suite.
Cette différence devient encore plus sensible, lorsque l’armée de l est doit opérer offen* sivement sur la rive gauche , où l’on ne peut gagner un point de passage qu’en faisant un long détour ; car il y a cinq marches de Schwarzenfeld par Cham , à Straubing , tandis