‹ Vol. 1Chapitre 61 sur 93 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

leur but est plus immédiat. Ce n’est qu’à la base orientale du Rhin, et entre les crêtes du Rauhe- Âlbe , de la Naab , de l'Iller et de User , qu’on trouve des lignes de défense propres à ces sortes de développemens , attendu que ce n’est que là qu’on peut traverser, parallèlement aux bases, toutes les roules qui sont à la disposition de l’ennemi pour l’offensive. >

La ligne défensive entre le Mein et Moess- 1 kir ch serait non- seulement opposée avec succès à la base d’opérations de l'ouest ; on pourrait , en sens inverse , la prendre avec plus d avantage encore , contre une armée venant du côté de l’est. Le Necker en couvre le centre , et ses ailes ne peuvent être ni attaquées , ni tournées , tant parce que la ligne de

quoiqu’il ne soit pas celui employé par l’Archiduc, me paraît un excellent terme technique, sur lequel il convient des’entendre. Ainsi, M’appelle ladigne du Rhin, ïajbase d’une armée française qui opère en Allemagne; la ligne d’opération, celle qui mène de la base au point objectif; enfin , le front d’opérations est, en quelque sorte, un prolongement de la ligne de bataille, sans être pourtant la ligne tactique de combat. Par exemple, dans la campagne de 1796, que Fauteur choisit pour appliquer ses idées, la ligne de la Naab était un front d’opérations pour l'armée de Jourdan , et celle duLech en était un autreponr l’armée de Moreau.

retraite est très-courte, que parce que le grand nombre de ses communications avec la base du Rhin , laisse le choix de la plus convenable , ou qu’enfin la base elle -même est, par ses places fortes , à l'abri des entreprises de l'ennemi. Cependant , comme le premier objet de 1 opération est de gagner le Danube , la condition essentielle delà position à prendre à cette hauteur, s il en est encore temps , doit être d écarter 1 ennemi de ce fleuve, autant que possible.

Le cours du Danube d Ulm à Ratisboune , étant presque perpendiculaire aux deux bases d’opérations, il s’ensuit de là que les lignes partant des flancs de chacune de ces bases, pour arriver à l’extrémité du défilé opposé, c’està-dire , de Mayence et de Brisach à Ratisbonne , ou de Theresienstadt et Sleier à Ulm, sont les plus éloignées de celles (pii peuvent être embrassées par le front d opérations des deux .armées.

Il résulte de ce principe, cpie plus ime armée est rapprochée de la base d opérations de son adversaire , plus sa ligne de position doit avoir d étendue; et que plus elle se retire sur le premier objectif, vers sa propre base , plus celte ligne se raccourcit (î). Elle se termine au point

(i) On ne peut généraliser celte maxime, car, dans beaucoup de circonstances , elle paraîtrait inexacte.

de rencontre de la ligne d’opérations la plus éloignée de l’ennemi dont elle assure la défense; en sorte , par exemple , que la ligne d’Amberg à

La figure suivante est nécessaire pour expliquer celte idée.

L’auteur affirme que l’armée C couvrant le point B de sa base GF, n’a pas un front d’opérations aussi étendu que si elle s’avançait en D , près de la base de l’ennemi HI. Cette idée, qui paraît fort juste en théorie , ne l’est pas toujours dans l’application, et pour s’en convaincre, il faut jeter un regard sur le théâtre de guerre supposé ; en effet , une armée autrichienne se trouvant sur le Rhin , devrait avoir, selon l’auteur, un front d’opérations beaucoup plus étendu que si elle était dans la vallée du Danube, puisque sa ligne courrait depuis Brisach jusqu’à Mayence, aux deux extrémités de la base ennemie. Mais pourquoi serait-il nécessaire de régler son front d’opérations sur l’étendue d’une ligne territoriale ? J\T,est-ce pas d’après l'emplacement réel des forces ennemies , qu’il convient de le fixer? Si l’armée s’avance du Danube sur le Rhin , e’est qu’elle est en état de prendre l’offensive. En portant son front d’opérations au point central sur le Necker, il

Il6 APPLICATION DE LA STRATEGIE.

Lamlshut, de six marches, ou jusqu’à Munich de neuf, sera pour l’armée de 1 ouest la plus étendue, comme étant la plus rapprochée de la base enuemie; tandis que pour l'armée de l’est, celle cTOchseiifurt à Memmingen , sera de neuf marches. Le front de ces deux lignes se rétrécit à mesure qu'elles se replient sur Llm et sur Ratisbonne.

On trouve plusieurs lignes de positions avantageuses dans l étendue dont on vient de parler,

n’est pas necessaire de l’allonger jusqu’aux deux extrémités de la ligne ennemie, car si l’armée française se rassemble vers Mayence , à quoi bon étendre le front d’opérations jusqu’à Brisacli ? Si elle se réunit sur ce dernier point, pourquoi prolongerait-on la ligne vers Mayence? Enfin, si l’ennemi se divisait aux deux extrémités, loin de s’étendre comme lui, il faudrait se serrer sur le centre et l’y attaquer. Les accidens du terrain s’opposent aussi à ce cju’on puisse présenter l’idée de l’auteur comme une 3naxime invariable, puisqu’il est vrai que la configuration du théâtre de la guerre, loin d’exiger qu’on prolonge le front d opérations en avançant vers la base de l’ennemi , obligerait plus souvent à le rétrécir. A l'appui de cette vérité, on peut prendre un exemple sur le théâtre de guerre supposé dans ce chapitre. Lorsqu’une armée française s’avance des deux extrémités de la base du Rhin vers le défilé du Danube, son front d’opérations se rétrécit à mesure qu’elle s'approche des points de Ratisbonne ou de Steicr ; ce qui est certainement le contraire de l’assertion que nous combattons,

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