CHAPITRE II
sur toutes les lignes parallèles de défense coupées par le Danube, entre Ulin et Ralisbonne, la position la plus avantageuse doit être sur le fleuve, à proximité d’un passage, puisque ce n’est que delà qu’on a la faculté de manoeuvrer rapidement sur les deux rives * de prévenir et de faire échouer les attaques de son adversaire. En effet, si l'on s’écarte du Danube , sans s’assurer les moyens de contre-balancer l’avantage que l’initiative procure à l’ennemi , ses mouvemens commanderont alors aux nôtres ; il récupérera , par une surprise ou une attaque inopinée, le temps qu'il aura mis à une plus forte marche; tombera rapidement sur la rive dégarnie , et couvert par le fleuve , il gagnera assez de marches pour en opérer sans obstacle le passage , et prendre en flanc toutes les positions défensives qu’il aura devant lui. Il obtiendra d’autant plus facilement ces différens résultats, qu’il menacera les communications de son adversaire , sans lui laisser le temps d’inquiéter les siennes , et qu’il aura des lignes de retraite sur les deux rives du fleuve.
S’il est vrai qu'une position sur le Danube soit la plus propre à arrêter la marche ultérieure de l'ennemi , tant qu’il reste lui-même appuyé au fleuve; il convient toutefois de dire
que les lignes île défense perpendiculaires à ses rives, acquièrent une importance momentanée. Elles peuvent servir à ralentir les progrès de l’ennemi , et le tenir plus long-temps éloigné du premier objectif, dans le cas où, plein de confiance en sa supériorité, trompé par de faux calculs, ou peut-être forcé par les circonstances , il adopterait une ligne d’opération autre que celle qui de sa base conduit au point le plus rapproché du défilé du Danube. Ainsi , l'on 11e doit prendre de position près de ce fleuve, que lorsqu’on est forcé d évacuer la première. Enfin , il reste une troisième et dernière position sur le fleuve même, qu’on occupera après l’avoir passé, si l’on veut l'opposer comme barrière à l'ennemi. Les défilés qui se trouvent devant le front de ces lignes, et derrière lesquels il y a des communications transversales , servent en même temps d’appui à l’aile dont les mouvemens auraient pour but de prendre en flanc les opérations de l’adversaire , et de protéger la retraite soit vers une autre position , soit sur Je Danube même.
Les lignes défensives les plus importantes sur les deux rives de ce fleuve , faisant face à la base d’opérations de l'est, sont celles :
t° De Memmingen , sur la rive droite de l’iller jusqu’à Ulm: de ce point en passant par