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CHAPITRE II

délivrance est incertaine et difficile, quand elle doit s’opérer à un grand éloignement ; et que le terrain y oppose des obstacles fréquens , ainsi que la chose a lieu pour les places que nous venons de proposer : le moyen le plus naturel de pourvoir à leur conservation, c’est de fortifier ceux des points stratégiques intermédiaires où viennent aboutir les communications , ou dont l’occupation donnerait le plus d’avantages à l’ennemi.

4° Sous ces deux rapports , les points qu’il convient de fortifier pour assurer la liaison entre la base d’opérations et le premier objectif sont principalement.

à) Klattau , situé sur la ligne d’opération la plus importante entre Budweis et Ratisbonne , au débouché des montagnes et à la réunion des routes de Neumarkt et de Rlentsch. On en fera une place du troisième ordre ou un fort.

b ) Passau , à proximité de la seconde ligne d’opération, entre Linz et Ratisbonne, pour servir à lier les deux rives du Danube , à intercepter sa navigation et à couvrir le pont de l'Inn. Dans l’état actuel des choses, il suffirait d’en faire une place du deuxième rang; mais si , par la suite l’on rendait praticables les communications de Passau en Bohême , la

Ij6 APPLICATION DE LA STRATÉGIE.

route qui conduit à Cham et celles qui se dirigent sur Ratisbonne et Linz , vers la rive gauche du Danube , alors celte place aurait à remplir un rôle trop important pour n ôtre pas de premier ordre.

c) Ebersberg , où l'on construira un fort pour couvrir le passage de la Traun.

5° Malgré ces forteresses , il serait possible que l’ennemi , après avoir réuni des forces supérieures , et se trouvant favorisé par les circonstances , prit le parti de laisser de côté les places fortes du Decker et du Danube supérieur , et de marcher droit sur le point décisif de Ratisbonne, dans l’espoir de s en rendre maître et de séparer ainsi de leur base les forteresses avancées, dont la chute deviendrait par-là plus prompte. Pour prévenir cette résolution , il serait à propos de faire de Wùrzburg une place du second rang qui barrerait les meilleures lignes d opérations du Mein au Danube , et dominerait la navigation sur ce fleuve.

6° Pour compléter le système défensif et renforcer les positions de quelque importance, il faudrait ajouter en commençant ,

a ) Pour la base d opérations : un fort et ime tête de pont à Moldaw-Tein , seul endroit où l’on puisse avantageusement passer la Moldaw

«litre Budweis et Prague ; et un autre fort à Stadt-Steier pour servir d’appui à i’aiie gauche et défendre le passage de l’Enns.

b') De là , passant à la position principale daps le rayon du premier objectif, faire d'Amberg , situé à son extrémité droite , où se croisent les communications venant de la Bohême , du Danube et de la Franconie , une place de deuxième ordre , et une de troisième à Landshut , placé à son extrémité gauche.

c) Arrivant ensuite au deuxième objectif, on élèvera une forteresse de second ordre à Mooskirch, et une de troisième à Mittenberg , pour arrêter l’ennemi qui voudrait s’avancer par cet objectif, et gagner le temps qu’exigeraient des contre-manoeuvres.

Des places fortes établies dans l’étendue des objectifs , forcent l’ennemi à s’y arrêter et à diriger ses mouvemens sur des points moins importans ; il faut, ou qu'il emporte de vive force les lignes d’opérations fortifiées , ou qu’il hasarde des entreprises sur d’autres lignes qui ne lui présentent que des désavantages. Enfin , un pays garanti par un système de défense vraiment stratégique , ne doit craindre ni l’invasion ni le joug de l’ennemi, car celui-ci n’avance dans l’intérieur que précairement et à l’aide d’efforts ruineux. Sans doute des lignes de

places ainsi disposées ne mellent pas à l'abri des revers; mais alors les échecs n’entraînent pas (le ruine totale: ils n otent ni les moyens, ni le temps de rassembler de nouvelles forces, et ne réduisent pas à la cruelle alternative de tout perche ou de se soumettre (1).

(i) Ici on ne peut qu’applaudir aux vues de l’auteur : si la France avait Irop déplacés, l’Allemagne n’en avait pas assez; elles étaient généralement mauvaises, et peu convenablement placées.

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