CHAPITRE IY
Marche de l'armée de Sombre et Meuse sur la Lahn.
Ije théâtre des premières opérations de la campagne fut transporté entre la Sieg et la Lahn. C’est une contrée coupée par des montagnes peu élevées et arides , dont la ramification principale se rattache à l’est, au Kalte- Eiche. Cette chaîne , qui est la plus haute du pays , sépare aux environs de Burbach , la Sieg delà Dille , et s’avance delà près de Renderoth, par IJrdorf, Dreisbach , Ober-Sain, contre Hahn, d’où partent les routes d’Hoechstebach et de Hachenburg.
La Sieg et la Lahn, ainsi que beaucoup d’autres affluens du Rhin , prennent leurs sources dans cette chaîne de montagnes. Les principaux sont la Dille et VEls , qui grossissent la Lahn, la première à Wezlar, et la seconde à Limburg ; la grande Nister , qui jaillit à Humbergen , près de la route de llerborn à Hachenburg, coule dans la direction de cette
l’oute, reçoit la petite Nister à Crobach, et se jette dans la Sieg, aux environs de Wiesen ; enfin la JViedbach , qui a sa source près deHachenburg, et va se jeter dans le Rhin en faisant un coude. Ces ruisseaux sont peu considérables. Les deux derniers seulement forment des défilés difficiles, à cause de l'encaissement de leur lit, resserré par des hauteurs escarpées.
Le pays est coupé; presque tous les ruisseaux y creusent des vallons; les montagnes sont pierreuses et boisées. Ce n est que sur la masse principale qu on rencontre quelques petites plaines; il y a néanmoins dans la contrée de Freilingen, entre Halm et Hœchstebach , plusieurs marais. Du Rhin à 1 Els , les vallées sont profondes, et les montagnes escarpées ; elles deviennent plus praticables depuis cette dernière rivière jusqu'à la Dille , principalement à l'endroit où celle-ci s'approche de la Lahn. Le terrain est au contraire plus coupé et moins ouvert entre la rive droite de la Wiedbach, la Mitlel-Sieg et laNister, jusqu'à la haute Dille , parce qu'il renferme beaucoup de vallées, de bois et peu de communications. Il y a pourtant quelques endroits découverts le long de la route principale d'Altenkhchen à Kircheip.
A partir du confluent de la ISister, le pays
vers ïa basse Sieg, s’incline et se découvre audessous de Blankenberg, où il forme une plaine aux environs de Pleiss, qui s’élargit de plus en plus jusqu’au Rhin. La Sieg a dans cet espace , non-seulement beaucoup de gués , mais aussi plusieurs ponts. Celui de Siegen est le plus important de la partie supérieure de son cours.
La plaine au-dessus du confluent de la Sieg, n’est pas étendue; elle est resserrée par des hauteurs qui bordent la rivière jusqu’à la Wiedbach , et en compriment le lit en plusieurs endroits , au point de ne laisser d'espace que pour la route. Leurs pentes sont très-rapides et couvertes de vignes. Des sentiers conduisent sur la montagne boisée qui les couronne. En traversant la Wiedbach, on arrive dans le charmant bassin de Neuwied, décrivant un demi-cercle plongé par la rive gauche du Rhin. A mesure qu’on s’éloigne de ce fleuve, le terrain s’élève insensiblement jusqu’aux montagnes qui forment, pour ainsi dire, le diamètre du demi-cercle, qui touche d’un côté à Erlich, et de l’autre à Bendorf sur le Rhin; il est coupé par la Wiedbach et la Sainbach. Plus loin, derrière Kloster-Romersdorf , Kladbach et Nieder-Biber , le terrain s’élève encore plus : l’horizon est borné par des hauteurs escarpées
et boisées, où les communications sont trèsdifficiles.
Immédiatement au-dessous de la ville de Neuwied, les Français occupaient une grande île au milieu du Pdiin , très-propice à l'établissement d’un pont. Depuis Yallendar jusqu'au confluent de la Lalin, les rives pierreuses du Rhin n’offrent aucun passage avantageux , pas
même à Ebrenbreitstein , d où une chaussée
conduit à la Lahn.
Cette rivière a peu d'eau et beaucoup de gués, mais ses rives sont presque toujours si escarpées, sur-tout depuis son embouchure jusqu’à Oranienstein , qu’on n’y peut aborder qu’aux points où les hommes ont percé des communications à travers les rochers. D’Oranienstein jusqu'en face de Steden , les hauteurs s'éloignent de ses rives , principalement à la droite , où le terrain s’ouvre davantage. Ici elles resserrent de nouveau son cours , et deviennent roides et escarpées jusqu’au-delà de Runkel. Depuis là, en remontant, elles ont des pentes plus douces , aussi les rives de la Lahn sont-elles plus accessibles.
Aux environs de Burgsolms , est une petite plaine sur la rive gauche; d’ici à Wezlar et à la Dille, le terrain, quoique élevé sur la droite, n'a pas de berge qu’on ne puisse franchir.