CHAPITRE IV
Campagne precedente ; il connaissait le terrain, et par conséquent toutes les difficultés du passage de la Lahn. Il eut donc tort de ne pas profiter du moment où les Autrichiens étaient dispersés en cordon, repoussés, et dans l’impossibilité de défendre la rive gauche, pour s’assurer de plusieurs passages. Ces points nécessaires aux opérations ultérieures , devenaient plus difficiles à enlever, insurmontables même , à mesure que les troupes ennemies s’augmentaient. En un mot, pourquoi garda- 1- il une position défensive , lorsqu’il pouvait et devait conserver l'offensive (1), non pour gagner du terrain avant la réunion de l’armée française , car il eut été imprudent d’aller à la rencontre de celle des Autrichiens, qui s’avançait en masse , mais pour mettre le général en chef à même d’attaquer aussitôt que ses troupes seraient rassemblées. La position des Français derrière la Lahn, rendit aux Impériaux la liberté des mouvemeus ,
(i) Kleber suivait ses instructions. Son apparition sur la Lalin n’avait d’autre but, pour le moment, que de retenir sur le bas Rhin les principales forces de l’Archiduc , afin de faciliter le passage de Moreau près de Kehî. Sa conduite était le résultat du plan arrêté par les deux généraux en chef français.
aussitôt que leurs postes sur cette rivière furent assez renforcés pour n’avoir plus à craindre un passage subit. Une position à cheval sur la Lahn, aurait forcé l’Archiduc à régler sa conduite en conséquence. 11 est vrai que Kleher, aussitôt après son arrivée , le 6, attaqua Runkel, Dietz et Oranienstein : qu’il emporta Weilburg et ht occuper le pont de Leunen par ses avant-postes; mais pourquoi ne renouvela-t-il pas ses attaques à mesure qu’il recevait des renforts de troupes et d’artillerie , et qu’il était en état de faire plus de sacrifices que son adversaire ? 11 se tint à Weilburg, dans ime presque île resserrée et bordée de rochers , d’où il ne pouvait déboucher. Dans la supposition môme qu'il n’eût pas dessein de s'étendre assez loin pour profiter de la possession du pont de Leunen , il devait au moins faire une tentative pour s’emparer de celui de Limbourg. Encore qu'il ne fût pas facile de s'en rendre maitre , sa supériorité numérique lui donnait l'espoir fondé de réussir ; il pouvait y employer toutes ses troupes , puisqu’il prenait l’offensive et qu’il n’avait pas de motifs comme les Autrichiens de s’étendre sur la Lahn. En perçant leur cordon , il les forçait à se retirer dans les différentes vallées circonvoisines : avantage dont