CHAPITRE Ier
vement pour se réunir à Wartensleben, les choses changèrent de face à la droite , et ajournèrent derechef cette opération décisive. Wartensleben était depuis le 10 à Amberg, et Kray à Sulzbach , avec l’arrière-garde formée de toutes les troupes légères de l’armée , renforcées de six bataillons de ligue et de quelque cavalerie. Un détachement posté à Augsberg, observait la route de Lauf à Amberg et Neumarkt. Les trois jours suivans se passèrent en reconnaissances, et en escarmouches entre les avant-postes; mais le combat du 1 7 fut plus sérieux.
Le pays entre la Pegnitz et la Vils est montueux, boisé et coupé de vallées escarpées, qui le rendent impraticable. Il n’y a d’autre route , bonne en tout temps pour l'artillerie et les équipages, que celle de Lauf à Sulzbach , encore court-elle presque toujours dans des vallées et des défilés. Près de Hartmansdorf, elle se divise en deux branches : la vieille route court au sud, dans une direction parallèle à la nouvelle, et passant à côté de Sulzbach , elle conduit, par les montagnes à Amberg , où elle se réunit de nouveau à la dernière : mais c’est une simple traverse, comme celle de Lauf par Augsberg à Amberg. Tous les chemins qu’on rencontre n’ont aucune liaison transversale.
6 HISTOIRE DÆ LA CAMPAG.NE DE 1
Dans un pays de celte nature, Jourdan dut renoncer à son système favori d avancer sur un grand front, et de déborder l'ennemi. Engagé dans ces défilés, il n’eut d’autre parti pour gagner du terrain, que celui d'attaquer.
Les avant-postes autrichiens étaient à deux lieues en avant de Sulzbach, à cheval sur la chaussée de Hersbruck; la droite sur un monticule rocailleux, en arrière de Neunkirch; la gauche dans une foret , d’où ils flanquaient et enfilaient les routes. Ce fut contre celle-ci que la division Collaud s’avança , tandis que Lefebvre prit un chemin dans la montagne, pour tourner le liane droit , et déboucher près de Sulzbach. Grenier et Championnet devaient gagner la gauche; le premier parla vieille route d’Amberg vers Bachelsfeld; le dernier par le chemin de traverse d’Augsberg. La division de cavalerie , avec quelque infanterie légère, marchait sur la droite , à son soutien. Son objet était de nettoyer la route de Pfalfenhofen , d'oçeuper Castel , et de se lier ainsi à la division Bernadotte , vers Neumarkt. Ce mouvement devait, en repoussant les avant-postes ennemis , faciliter l'attaque sérieuse du lendemain. Les coureurs de Collaud et de Lefebvre éprouvèrent, contre leur attente, une résistance opiniâtre. Les Autrichiens se maintinrent pendant