‹ Vol. 3Chapitre 49 sur 155 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

io5

prise entre les hauteurs de Koemach et d’Estenfeld. Ce bois ayant plus de profondeur vis-à-vis du premier village, la droite de sa division en était plus près que la gauche , qui se trouvait masquée par un plateau à pente douce , en avant du second dont lès Autrichiens étaient restés maîtres à l’issue du combat.

A la nuit tombante , Sztarray changea aussi de position. Rassuré par la prochaine arrivée de l’Archiduc , il n’attacha nulle importance à établir solidement son aile droite, ni à couvrir les débouchés de Kitzingen etSchwarzach; tous ses soins se bornèrent à entraver la marche de l’ennemi, et à soutenir Hotze dans la défeuse de AVürzburg. Il marcha en conséquence à Rottendorf, et s’établit en avant de ce village sur des hauteurs avantageuses , à l'embranchement de la route de Würzburg à Kitzingen, et des chemins de Lengfeld et d’Estenfeld: 3 bataillons de grenadiers et 4 escadrons courronnèrent la hauteur en avant du bois d’Estenfeld, qui hit occupé ainsi que le Kaltengrund , par 3 bataillons d’infanterie légère. Plus loin, en arrière d’Euerfeld et du Rottenhof, était la cavalerie. La supposition de Sztarray se trouva fondée ; cai; l’Archiduc , en recevant le rapport que Jourdan avait quitté Schweinfurt , mit

ÎOÔ HISTOIRE DE LA CAMPAGME DE 1 79G.

aussitôt son armée en mouvement. Kray partit dans la nuit du 2 au 3, avec g bataillons et 33 escadrons , pour passer le Mein à Schwarzach, où le Prince devait le suivre au point du jour, avec 8 balaillons et 24 escadrons du camp d Ober-Schwarzach. Il laissa, pour observer la division Lefebvre, outre la brigade Elsnitz, 5 faibles bataillons et 9 escadrons sur la gaucbe du Mein.

Le 3 septembre , un brouillard épais favorisa les mouvemens des Autrichiens , jusqu’à sept heures qu'il se dissipa. En arrivant au pont de Schwarzach , 1 Archiduc trouva presque toute la colonne de Kray encore sur la rive gauche du Mein ; il en fit accélérer le passage, et accourut auprès de Sztarray pour prendre une idée de la situation générale des affaires. Celuici s était avancé de Rottendorf , et avait formé sa troupe en colonnes dans le ravin au pied des hauteurs de Lengfeld, où le brouillard les tenait cachées , à une portée de fusil de la position ennemie. Il était décidé à l'attaquer aussitôt qu’il serait tombé : résolution énergique fondée sur une juste combinaison.

Cette surprise devait avoir un succès d'autant plus marqué , que la position française sur les hauteurs de ce côté de Lengfeld, n'avait ni force ni profondeur. Si Sztarray était par-

Page 1