CHAPITRE Ier
Comme elles étaient sur le point d'attaquer, Kray se retira derrière la Vils, à Woelfering. Les Français prirent position, la droite à Ulersberg , la gauche à Amberg : quelques détacherons de cavalerie légère passèrent la Vils à la poursuite de 1 ennemi. Les avant-postes de ce dernier s’établirent sur la ligne de Naabburg , Woelfering , Ensdorf , Rieden , Schmidtmühl et Kalmünz , d’où ils se lièrent avec Nauendorf et Ratisbonne. Sur la droite , Wartensleben fit renforcer le poste de Dewenberg, où Goerger, repoussé par le général Ney, était sérieusement menacé : il lui prescrivit, en cas de nécessité , d’exécuter sa retraite par la route de Hayd, quil suivit en effet le 22, pour se rendre à Rosshaupt , lorsque, maître de Wernberg, l’ennemi fit mine de vouloir l’attaquer.
La journée du 19 se passa tranquillement : Jourdan 1 employa en préparatifs, pour savancer le lendemain matin. Plusieurs routes partent d’ Amberg sur différentes directions , et quoique la contrée entre la Naab et la Vils , soit plus montueuse et boisée que la chaîne qui sépare cette dernière rivière de la Pegnitz, elle n’est cependant pas aussi coupée de vallées : les crêtes de celle-ci sont plus larges , et ont plus de communications ; aussi le Général
français obtenant déjà plus de latitude dans ses mouvemens, en profita pour s étepdre (i).
Toutes ses troupes se mirent en marche le 20, au jour. Lefebvre s'avança sur Hirschau,
(1) Le système défensif de cordon en avait amené un autre qui n’était guères meilleur; celui d’opérer offensivement avec une armée partagée en plusieurs divisions , marchant sur des routes parallèles, et à une grande distance les unes des autres , ne formant ainsi qu’une seule ligne de bataille, et le plus souvent même sans aucun corps de soutien , car on 11e pouvait compter dans ce nombre des réserves de 8 à 900 chevaux. On ne peut attribuer cette manière d’opérer qu’à la crainte d’être débordé, ou à l’espoir de déborder soi-même les deux flancs de son ennemi, eu étendant sa propre ligne le plus possible.
C’est ce système que plusieurs écrivains militaires ont pris pour un agrandissement de l’échelle des combinaisons de la guerre. Il serait fort bon , en effet, si une armée était battue, dès qu’un petit corps ennemi parvient au-delà de son flanc ; mais s’il est vrai , au contraire, que cette armée puisse, en pareil cas, se rassembler sur le centre, accabler la division isolée qui s’y trouve, et la poursuivre vivement, que deviendront alors les deux extrémités de ce long front d’opérations, occupé par des divisions courant chacune pour son compte, sans réserve, et hors d’état de se soutenir? Ce prétendu perfectionnement de la guerre n’était donc qu’une nouvelle erreur; et pour s’en convaincre , il suffit de relire les opérations de Montenotte, de Lonato , de Ratisbonne, et celle même de l’archiduc Charles à A ml) erg.