LE PARADIS CHANT XXIII
Telle se dessina une moisson de splendeurs, baignée d’en haut par les ondes fulgorides, dont la source me demeurait invisible.
O bienfaisante vertu, leur type lumineux, tu daignas t’élever, pour laisser la place libre à mes frêles regards !
Le nom de la belle fleur, que j’invoque tous les jours, matin et soir, m’attira invinciblement à chercher le plus éblouissant joyau.
A peine eus-je reconnu cette vivante étoile, triomphante là-haut comme ici-bas, de la profondeur éthérée, descendit une lueur,
Une lueur ayant la forme d’un cercle comme une couronne; et ceignant l’étoile, elle circula autour.
La plus suave mélodie terrestre, celle dont la douceur captive davantage l’àme, oh ! elle paraîtra un nuage brisé par le tonnerre.
Si onia compare au son de la lyre, couronnant le beau saphir dont le ciel le plus clair s’azure.
« Je suis l’amour angélique; je vole autour de la joie sublime, née du flanc où notre désiré reposa.
« Et je tournerai, ô reine des cieux, pendant que tu suivras ton fils et rendras plus divine, par ta présence, la sphère suprême. »
Telles les dernières stances de la mélodie circulaire, et les mille lyres paradisales modulèrent le nom de Marie.
Le manteau royal de l’univers éployait son bord intérieur à une distance inaccessible encore du lieu où je me trouvais :
Manteau déiforme que le souffle créateur enflamme et anime d’une étreinte plus ardente.
Je perdis donc bientôt dans l’éloignement la Gloire couronnée, fuyant à la suite de sa progéniture.
LA DIVINE COMEDIE
Après qu'il a pris le lait, le nourrisson tend les bras vers la nourrice, avec les marques de sa naïve affection ;
Ainsi chacune des splendeurs, fesant éclater sa tendre vénération pour sa reine, darda comme une langue de feu vers Marie.
Puis elles se mirent à chanter devant moi l’hymne O Reine des deux y délectable prélude, je ne l’oubîirai point.
Ah! combien luit la richesse enfermée dans les riches coffres, d’où jaillirent pour nous de si fécondes semences !
Au palais stellaire, on se réjouit et on se rassasie du trésor amassé en pleurant dans l’exil de Babylone, où on laisse l’or.
Sous le fils radieux de l’Immortel et de la Vierge, avec l’ancien et le nouveau cénacle,
Triomphe l’apôtre tenant les clés de la béatitude.
Tourbillon des Ames bienheureuses.