PREMIÈRE ERUPTION
Les Romains savaient que le Vésuve avait été autrefois en activité, mais ces souvenirs, qui se rapportaient à des époques très-lointaines, s’étaient presque effacés. On habitait sans aucune inquiétude les villes construites sur ses pentes. « Ces lieux, dit Strabon, en parlant d’IIerculanum et de Pompéi, sont dominés par le mont Vésuve, entouré de riches campagnes, excepté à son sommet, dont la majeure partie offre une surface plane complètement stérile, qui a l’aspect d’un monceau de cendres. Au milieu de rochers de couleur sombre, qui
semblent avoir été consumés par le feu, on aperçoit des couches crevassées. On serait tenté de croire que ces lieux ont brûlé jadis, et qu’ils renferment des cratères où l’incendie s’est éteint faute d’aliment. »
ha guerre servile qui éclata dans la Campanie, en l’année 73 avant notre ère, et qui tint si longtemps en échec les armées consulaires, commença par la révolte de deux cents gladiateurs gaulois et thraces, ayant Spartacus pour chef. Réfugiés sur le Vésuve, ils y furent attaqués par des troupes envoyées de Rome, mais ils durent leur salut à l’une des crevasses de la montagne, par laquelle ils purent arriver au delà des cantonnements des assiégeants, qui, se voyant enveloppés, prirent la fuite, et laissèrent leur camp au pouvoir de l’ennemi.
Le volcan, malgré son long repos, n’était pas éteint. Il devait se réveiller tout à coup par une formidable éruption qui ensevelit plusieurs villes à scs pieds. C’était au mois d’août 79, après des tremblements de terre assez violents, qui, dans le cours des seize années précédentes, avaient ébranlé la contrée. Pline le Jeune, dans la lettre suivante, adressée à l’historien Tacite, fait le récit de cet événement, au milieu duquel son oncle périt victime de son humanité et de son amour généreux pour la science.