VOLCANS OCS ANTILLES — ÉRUPTION OU MORNE-GARÔU
Depuis le détroit de Davis jusqu’au détroit de Magel-
Fig. 50. — Éruption sous-marine observée dans l'Atlantique.
lan, dans toute l’étendue des côtes orientales de l’Atlantique, on ne trouve presque aucune trace volcani-
que, si ce n’est dans l'archipel des Antilles, où de violentes éruptions , des tremblements de terre, des sources bouillantes, des solfatares montrent l’énergie des feux souterrains.
Parmi les volcans encore actifs, celui de l’île Saint- Vincent, nommé le Morne-Garou , après être resté longtemps à l’état de solfatare , a eu deux grandes éruptions, en 1718 et en 1812. Ilumboldt indique, au sujet de cette dernière éruption, de frappantes coïncidences :
« Les premiers ébranlements commencèrent près du cratère, dès le mois de mai 1811, trois mois après que l’île Sabrina eut été soulevée du fond de la mer, au milieu des Açores. Les premières secousses se firent sentir faiblement au mois de décembre de la même année, dans la vallée montagneuse de Caracas, à 3,280 pieds au-dessus de la mer. La destruction complète de cette grande ville eut lieu le 26 mars 1812. De même que l’on attribue avec raison le tremblement de terre qui a détruit Cumana, le 14 décembre 1796, à l’éruption du volcan de la Guadeloupe (fin septembre 1790), la destruction de Caracas parait avoir été produite par la réaction d’un volcan situé aussi dans les Antilles, mais, plus au sud du volcan de l’ile Saint-Vincent. Le 50 avril 1812, on entendit dans les vastes prairies ( îlanos ) de Calabozo et sur les rives du Rio Apure, 48 milles géographiques avant sa jonction avec l’Orénoque, un bruit souterrain terrible et semblable à des décharges d’artillerie. Le volcan de Saint-Vincent n’avait point vomi de lave depuis 1718; le 20 avril une immense éruption sortit du cratère situé au sommet de la montagne, et le
VOLCANS DE L'ATLANTIQUE
torrent de lave arrivait en quatre heures au bord de la mer 1 . » Ifumboldt ajoute qu’une chose très-étrange lui a été affirmée par des marins intelligents, c’est que les détonations étaient beaucoup plus fortes en pleine mer qu’auprès de Pile. On doit remarquer, d’ailleurs, que le Rio Apure est situé à 210 lieues du volcan, c’est-àdire à la distance du Vésuve à Paris.