LA GUADELOUPE — FAOANG — MENDOZA
Nous complétons notre série de relations par quelques extraits relatifs à trois violents tremblements de terre de date récente.
Le 8 février 1843, à dix heures trente-cinq minutes du matin, par un temps serein, un grondement souterrain et de très-fortes secousses jetèrent tout à coup l’épouvante parmi les populations de la Martinique et de la Guadeloupe. La première de ces îles, bouleversée par un lléau semblable dans l’année 1859, eut peu à souffrir cette fois, mais la Guadeloupe offrit le plus affreux spectacle de ruine et de désolation. Sa capitale, Pointeà-Pitre, s'écroula* tout entière en quelques secondes, et l’incendie, éclatant au milieu des décombres, acheva l’œuvre de destruction. D’immenses crevasses d’où jaillissaient des tourbillons de vapeurs et de flammes, en-
gloulirent des centaines de victimes. On compta plus de deux mille morts. La principale industrie du pays fut momentanément détruite ; il ne resta debout que trois moulins à sucre sur soixante qui étaient établis autour de la Pointe-à-Pitre. Presque toute la récolte sur pied fut perdue.
Un de nos compatriotes, établi au port de Padang, a donné la description suivante du tremblement déterré qui eut lieu, en 1861 ,dan3 la partie méridionale de I’île volcanique de Sumatra : *
« Le tremblement de terre commença par une corn-» motion qui se fit sentir le 16 février, à sept heures du soir, et qui dura environ cent quinze secondes. Grâce à la construction particulière de nos maisons, le mal s’est borné à peu de chose, bien que l’extrême violence des trépidations du sol nous fit appréhender qu’aucune d’elles ne put résister. Tous les habitants s’enfuyaient en criant. Quant à moi, je me croyais sur le pont d’un navire battu par la tempête, et j’éprouvais tous les symptômes du mal de mer.
« L’établissement de Singkel, sur l’extrême frontière des possessions hollandaises, du côté du royaume d’Aehem, a disparu sous les eaux, par suite de l’affaissement de la presqu’île sur laquelle il était construit ; la mer couvre aujourd’hui l’emplacement où s’élevaient le fort et les magasins du gouvernement. La garnison a été sauvée.
« A Polo-Nyas, la mer, refoulée sur ses rivages par une violente commotion sous-marine, a complètement rasé le fort, ainsi que l’établissement de Lagondie, et emporté, en se retirant, quarante-neuf soldats et indi-
Fig. î>4. — Épisode du tremlili meut de terre de Sumatra (lbGl).
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