‹ Volcans et Tremblements de TereChapitre 79 sur 80 · PRIX, BROCHÉ : 3 FR · texte numérisé non relu

PRIX, BROCHÉ : 3 FR

Trois éditions du Lendemaindela mort ont été publiées en quelques mois, et cet accueil fait à la nouvelle production de M. Louis Figuier se comprend aisément, quand on connaît l’objet et le but de ce livre. Dans un feuilleton de l 'Union médicale à propos du Lendemain de la mort , M. le D r Amédée Latour a dit : « On pour- « rait appeler ce livre k livre des affligés. Lisez-le, vous tous à qui « la mort a enlevé un être aimé; il est consolât» ur et rayonnant « d’espérances.» Et l’auteur ajoute, dans la Préface de sa troisième édition : «Oui, ce livre est le livre des affligés, le livre des cœurs

* meurtris; il parle à ceux qui ont souffert et pleuré; mais s’il

* est propre à nous consoler de la perte des êtres que nous avons « perdus, il a aussi pour but de nous donner à nous-mêmes le cou- « rage d’envisager la mort sans pâlir. »

Ce livre a un autre but encore. On doit y voir un essai de démonstration, par la science, du principe de l’immortalité de l’âme, une argumentation, à base scientifique, contre le matérialisme, dont les progrès alarmants menacent la société contemporaine des destinées les plus funestes.

Pour donner une idée exacte du Lendemain de la mort de M. Louis Figuier, nous citerons quelques passages d’un compte rendu bibliographique de cet ouvrage, qui a paru le 30 août 1»71, dans le journal la Constitution ( d’Auxerre ) et qui a pour auteur M. le docteur Émile Duché (d’Ouanne).

.... « C’est pour conjurer, dit M. Émile Duché, le fléau du matérialisme, qui menace d’engloutir les sociétés modernes, que M. Louis Figuier, armé des recherches de la science, puisque la foi tombe en ruine, essaye de restaurer le spiritualisme. Il veut prouver par les faits les plus avérés, aue tout ne finit pas avec nous, qu,e la mort amène la dissolution des éléments matériels de

nos corps, mais que nos âmes sont impérissables et ont des destinées immortelles. Il est triste de penser que l’homme en soit arrivé au point de nier sa divine origine et de faire table rase de sa grandeur dans la création. C’est un signe de nos temps de décadence : le livre de M. Figuier aura-t-il le bonheur d’arrêter cette douloureuse déchéance?...

« Voyons quelle est la thèse de notre savant travailleur. Après la destruction du corps et par conséquent de la vie, que devient notre âme? Selon lui, l’âme humaine passe, après la mort, dans un corps nouveau ; elle va s’incarner dans un autre organisme, et composer un être de beaucoup supérieur à l’homme en puissance morale et faisant suite à l’espèce humaine dans la hiérarchie de la nature. L’auteur appelle ange ou être surhumain, cet être perfectionné. Quelle est sa demeure? M. Figuier pense qu’il habite l ’ éther planétaire, ce fluide incommensurable qui fait suite à notre atmosphère et qui remplit l'espace. Ce fluide se nomme vulgairement le ciel, et en cela l’hypothèse scientifique est d’accord avec la tradi- * tion des religions les plus répandues sur nos deux hémisphères.

c Mais, dit M. Figuier, toutes les âmes ne sont pas destinées à cette transfiguration en quittant les organismes humains qui leur sont échus en partage. Cette récompense appartient seulement aux âmes épurées, dégagées de leurs imperfections et de leurs mélanges pervers. Quant à l’âme d’un homme méchant, vil et grossier, elle sera condamnée à continuer son temps d’épreuve sur la terre, dans une nouvelle réincarnation, à l’effet d’acquérir, par de nouvelles vies, la perfection voulue pour sa transmigration vers le ciel.

« Les planètes autres que la terre sont, dit-on, habitables comme la terre, et peuplées d’êtres analogues à l’espèce humaine, mais qui, probablement, en diffèrent par les milieux et les conditions d’existence. Pour M. Figuier, les phénomènes qui appartiennent à l’homme terrestre, appartiennent également à l'homme planétaire, de quelque globe qu'il dépende. Ainsi même épreuve, même épuration, même transfiguration, même rendez-vous aux plages éthérées.

c L’auteur pousse encore plus loin sa divination scientifique.

Ii ose supposer la forme physique, les sens, le degré d’intelligence et les facultés de l 'être surhumain ; il le fait vivre, penser, se mouvoir et mourir. Mais cette mort n’est pas plus définitive pour l 'être surhumain que pour nous , et après des incarnations nouvelles il arrive au terme définitif du cycle immense à travers les espaces, et ce lieu c’est le Soleil.

« Suituue magnifique description de cet astre central, le cœur de notre système, où tout vient concourir et converger.

« Les rayons du soleil, dit l’auteur, sont porteurs des germes animés qui « distribuent sur les planètes l'organisation, le sentiment et la vie, en « même temps qu’ils président à toutes les grandes actions physiques et « mécaniques qui s'accomplissent sur la terre. La formation des plantes « aériennes et aquatiques et la naissance des animaux inférieurs, tel est

ogle

« le résultat de l’action des rayons solaires sur notre globe. Puis com- « mence la série de transmigrations des âmes à travers les corps des dif- « férents animaux, qui doit aboutir à l’homme, à l’être surhumain et « à toute la guirlande des métempsycoses célestes, dont le dernier terme « est l’être spiritualisé ou l’habitant du soleil. »

« Notre auteur, on le voit, accorde aux plantes un germe d’âme aux animaux une âme mieux dessinée, suivant l’échelle ascendante des êtres, et à l’homme l’âme dans toute sa plénitude.

« Que pensex-vous de ce système, ami lecteur? Nous entendons beaucoup d’entre vous crier: au panthéisme 1 Oui, mais c’est un panthéisme tout spécifique et qui ne détruit les croyances de personne. M. Figuier est essentiellement religieux ; il le prouve dans son livre quand il érrit :

« Que tous les hommes, dans tous les pays, sous tous les cieux, pra- « tiquent la religion dans laquelle le sort les a fait naître, en atten- « dant que les progrès de la îaison des peuples aient permis de créer « la religion de la science et de la nature. Tout est bon et tout est beau « quand il permet de rendre hommage à la Divinité. Le culte religieux « est le premier besoin de nos âmes, comme il est la garantie de la paix « et du bonheur des sociétés. »

c Le livre se termine par un chapitre original. L’auteur y introduit un ami qui vient se plaindre, après avoir lu son manuscrit, qu'il y manque une chose capitale, c Qu'y manque-t-il? dit t l’écrivain. — Il y manque Dieu! » répond l’mterlocuteur.

« L’auteur s’excuse d’abord sur cette lacune, presque obligée

« L’idée qu’il faut se faire de Dieu, pour le mettre en harmonie avec « l’immensité sans bornes de cet univers qui est son oeuvre, dépasse tel- « lement la portée de l’Inielliçence humaine , elle est si écrasante pour « notre esprit, qu’on s’arrête impuissant, découragé et comme effrayé « de son audace, quand on ose demander eu quoi consiste Dieu. ■

* Cependant, poussé à bout par son indiscret ami, il lui avoue que Dieu existe dans son système, et qu’il lui a même assigné une place dans cet univers incommensurable. Il part de là pour esquisser, d’un vol rapide, non-seulement notre sysième solaire, mais le tourbillon universel des mondes gravitant autour d’un centre fixe dont il fait la demeure de Dieu. Il entre à ce sujet dans mille >

détails vérifiés par la science et qui donnent le vertige à la pensée. Rien n’égale la magnificence des descriptions que Verse à profusion notre savant ; c’est le plus magnifique spectacle qu’il soit donné à l’homme de voir du fond de son étroite vallée. On peut dire, comme en pyrotechnie, que le dernier chapitre du livre de M. Figuier est le bouquet de la fin. Après une exhibition aussi • éblouissante, douter de l’existence de Dieu, ce serait avoir des oreilles pour te pas entendre et des yeux pour ne pas voir.

«Telle est, très-sommairement, l'œuvre de M. Louis Figuier. On y retrouve sans doute les traces bien accusées d’ouvrages restés fameux dans la science, à commencer par les philosophes de l’antiquité et à finir par For.cenelle, Charles Bonnet, Dupont de Nemours et Jean Reynaud; mais si l’idée n’est pas neuve de toutes

pièces, l’économie distinctive de l’ouvrage est ingénieuse et habilement disposée. Les lecteurs insouciants y trouveront un charme inconnu, ceux qui cherchent la science une moisson abondante, et ceux qui pleurent une consolation et un apaisement à leur douleur. »

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