‹ Voltaire à Ferney. Sa correspondance avec la duchesse de Saxe-Gotha, suivie de lettres et de notes histriques entièrement inédites recueillies et publiéesChapitre 100 sur 188 · A SI. L'ABBE MOUSSINOT · texte numérisé non relu

A SI. L'ABBE MOUSSINOT

18 mat 173S.

Je recois vos lettres.

Mon cher abbe, toujours des remerctments a vous faire. J’ai re<?u la pendule bien conditionnee, les ornements du vase et les branches du lustre. Envoyez-nous aussi ce livre des Principes de l’architecture et de la peinture.

Gardez le portrait, je vous prie, et ne l'envoyez point a Circy.

Je me flatleque M. votre frere ne me laissera jamais manquer des journaux et des feuilles du niois; je lui serai bien oblige.

Je suis tres-afflige que M. de Reaumur n'en ait pas ete cru. Pourriez-vous savoir quel cst mon rival heureux, que je respecle sans euvier '?

Void un petit mot pour M. Clement, que je le prie d'envoyer a M. de Geunes. Ce Gennes est cousu d’or, et s'il radote, il railote en Harpagon.

M. le president D Auneuil rend apparemment quel-

1 l.e pfrio l.nicrande dn Ficsc, Jdsuile, dont la dissertation sur la Nature ilu )< u ful couronne par I'Acadcmic des sciences.

32C LETTRES INCITES

que arret par lequel il me condamne a n’etre point

paye de lui.

M. d’Estaing met mon argent sur une carte. M. de Richelieu m'oublie pour le Languedoc Cependant il faudra peut-tHre 9ou 10,000 francs pour l'abbe Nolet et pour le cabinet de physique. Nous sommes dans un siecle on Ton ne peut etre savant sans argent.

Je ne suis point du toutfikche contre M. votre frere, qui m’a envoye cet infame Almanack du Diable mais je voudrois savoir des nouvelles de 1'autcur, et c’est un des plus grands services qu'on puisse me rendre.

Je vous embrasse tendrement. V.

Page 1