‹ Voltaire à Ferney. Sa correspondance avec la duchesse de Saxe-Gotha, suivie de lettres et de notes histriques entièrement inédites recueillies et publiéesChapitre 139 sur 188 · A M. DAMILAVILLE · texte numérisé non relu

A M. DAMILAVILLE

31 mu 1763.

J’ecrivis hier a mon cher frere, it son adresse, et je lui eovoyai les reponses de M. Tronchin Je Ini ecrivis il y a quelques jours un petit billet par M. Heron, et un autre par M. d'Argental.

II doit dre instruil du juste sujet de mes inquietudes ; il doit savoir qu’un gros paquet envoye 4 M. Gaudel a ete inlercepie.

11 est acroire qu’une lettre, envoyee depuis sous le couvert de M. Gaudet, a ete interceplee encore. Dans cette lettre, on avertissait mon cher frere que des gens mal intentionnfisavaientetealarmes deson commerce avec Geneve ; qu’on avail ouverl ses lettres depuis plus de six semaines. On donuait 1’adressedeM. Camp, banquier a Lyon. Mais comtne il y a beaucoup d'appareuce que si mon frere a regu cette lettre, elle a ete ouverte, et que si elle ue lui est pas parvenue, on ouvrira toutes les lettres adressees a M. Camp, il faudra prendre d’autres mesures. Je supplie done mon cher frere de m’instruirc de tout cc qui se passe, de me mander quelles lettres il a recues de moi depuis plus de quinze jours, et d’adresser son paquet a mademoiselle Sainton, a Lyon. Il faudra, sous 1'enveloppe de mademoiselle Sainton , ecrire simplement a madame llacle a Geneve. Les lettres qui arriveront pour madame llacle me seront rendues.

Maudez-moi done , sous cette adresse, tout ce que

1 Une consultation. M. Damiiaville ctait maladc.

LF.TTRES INf.DITF.S

vous avez sur lecoeur; et croyez que le mien est aussi pcnetre de tendresse pour vous que de douleur.

US. — A M. LE PROFESSEl'R TRONCHIN.

3u juin 1765.

Mon cher Esculape, voudriez- vous bien avoir la bonte de me faire renvoyer le volume conteDant le manusrrit sur la Compaguie des hides que vous avez prete a M. de Labat? Je vous serais tres-oblige.

Que dites-vous de ce fou de Jean-Jacques, qui imprime que je suit le plus violent et le plus adroit de ses persecuteurs ? Vit-on jamais plus absurde dimence? Ce philosopbe n'est pas plus gueri de sa folie que de ses carnosites. 11 chercbe a faire la guerre; rnais je ne mellrai pas mes troupes en campagne centre lui.

Mon cher Esculape, quoi que vous en disiez, je baisse infiniment, mais je vous aime de mtkne. V.

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